Summon the Hordes

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Nom du groupe Protector
Nom de l'album Summon the Hordes
Type Album
Date de parution 26 Avril 2019
Style MusicalThrash Death
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Stillwell Avenue
 
2.
 Steel Caravan
 
3.
 Realm of Crime
 
4.
 The Celtic Hammer
 
5.
 Two Ton Behemoth
 
6.
 Summon the Hordes
 
7.
 Three Legions
 
8.
 Meaningless Eradication
 
9.
 Unity, Anthems and Pandemonium
 
10.
 Glove of Love
 

Chronique @ LeMoustre

15 Avril 2019

Thy Will Be Done

Troisième album post-reformation pour la bande dirigée par Martin Missy. Protector, groupe furieux de thrash/death qui a pondu quelques albums marquants lors de sa première partie de carrière (le référentiel A Shedding Of Skin en 1991 bien sûr, mais aussi Golem - 1988), nous est revenu au cours de la décennie actuelle avec deux albums plus que sympathiques (en 2013 et 2016), tout à fait dans l'esprit de son début de carrière, mais doté d'un son plus clair et actuel, faisant la part belle aux rythmiques tranchantes et gimmicks caractéristiques du groupe, que ce soit par ses paroles, titres de morceaux, riffs ou phrasés, immédiatement reconnaissables malgré la présence du seul Missy, rescapé de la première heure. Voici l'heure de découvrir le dernier disque de la formation toujours promu par High Roller records, orné d'une pochette au goût discutable, peu raccord avec les illustrations récentes en hommage au Golem, sorte de mascotte qui a suivi le groupe depuis son retour. Et, tiens, puisqu'on parle de retour, celui d'Harris Johns aux manettes ne pourra que réjouir les adeptes du fameux producteur qui fit les beaux jours de toute la scène thrash germanique dans les 80's.

Les choses partent très bien, avec un "Stillwell Avenue", hit potentiel qui regroupe accélérations, refrain simple mais efficace et riffs ô combien reconnaissables pour le fan. Un très bon morceau qui contrebalance l'à priori du dessin maladroit de la pochette. D'une manière générale, le propos général de cette nouvelle livraison reprend simplement et de manière attendue les choses là où nous avaient mené les deux albums précédents. Les passages chaloupés chers au groupe ("Steel Caravan") et autres speederies sont alternés avec des riffs plus massifs (le pont de "Three Legions"), confirmant si besoin était, l'ADN de la formation ("Realm Of Crime" rehaussé par un solo subtil), pas bien loin d'un Sodom, pour simplifier les contours descriptifs aux novices. Chaque morceau possède en son sein ces alternances de tempi, faisant également la part belle aux refrains, toujours mémorisables facilement, à l'instar des albums passés du groupe.

Malgré ce tableau au contours aussi roses que lors de ces deux albums précédents, et sans changer sa formule, on ne pourra s'empêcher de penser que Protector se contente de recycler ses recettes à l'infini, tant aucune réelle surprise ne vient interférer et lever le sourcil du connaisseur de la formation. Un peu interchangeables ("The Celtic Hammer"), rappelant parfois d'autres titres ou albums précédents, tant par ses accélérations soudaines ("Two Ton Behemoth") que par ses phrasés convenus, le quatuor germano-suédois ne s'est pas cassé le bol pour transfigurer sa musique, malgré un réel effort sur les soli (citons aussi celui du brutal "Summon the Hordes"). Parfois simpliste (bon, en même temps, les contretemps et autres polyrythmies, c'est la chronique d'à côté, ceux qui lisent une chronique de Protector savent bien qu'il n'est nul besoin de complexifier ce qui fonctionne), ce nouvel album n'apporte strictement rien à la discographie du groupe. Ceci dit, l'album comporte des moments forts, comme ce "Meaningless Education" qui ne donne pas sa part aux cochons par sa furie, et constitue un des moments délectables du disque.

Mais, transcendé par une mise en boîte efficace de Johns qui fait sonner le groupe de manière très naturelle et sans artifice (pas loin de la production du chef d'oeuvre du groupe cité plus haut et réel bon point), Summon the Hordes, ni meilleur ni vraiment moins bon que ces deux albums précédents, montre un groupe toujours en forme sans sacrifier à sa singularité (pas évident, avec un seul membre originel de sonner avec autant de mimétisme tout au long de ces 10 morceaux). L'apport de musiciens plus contemporains au père Missy, donne à l'album une efficacité indiscutable et constitue une forme d'hommage au parcours de Protector (le poétique "Glove of Love", joke-track rappelant les morceaux thrashcore passés de la formation). Dans un genre revigoré par le retour d'Opprobrium et les promesses du retour discographique prévu de Frank Blackfire chez Sodom, Protector avec Summon the Hordes confirme qu'il sait faire ce qu'on attend de lui avec efficacité. Ni plus, ni moins.


2 Commentaires

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Denael - 15 Avril 2019:

Merci pour la chro ! J'ai bien aimé les deux morceaux déjà écoutés, j'espère que le reste suivra. Hâte d'écouter l'album entier en tout cas !

SebThrash - 18 Avril 2019:

C'est vrai que la pochette clichesque n'incite pas à l'achat (je verrais plutôt le logo Metal Church à la place !). Bizarre quand même, cette reformation... Martin Missy ne chante pas sur A Shedding of Skin et The Heritage, et il n'a rien composé sur Misanthropy, Golem et Urm the Mad, juste écrit les textes. Comme il vit désormais en Suède, il a créé un nouveau groupe avec des Suédois (oui, ça c'est logique !). Donc, à la base, c'est un cover band (nommé The Protectors au début, apparemment). Mais maintenant, ils sortent des disques : si la musique est bonne et que la passion est là, pourquoi pas... mais il y a une sorte d'imposture qui me gêne un peu. C'est dommage parce qu'avec une une formation plus légitime, le nom Protector aurait sûrement retrouvé un autre niveau de popularité, car c'est quand même un groupe référentiel dans le thrash/death (High Roller, c'est pas Nuclear Blast...).

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