Songs of Autumn

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15/20
Nom du groupe Havenlights
Nom de l'album Songs of Autumn
Type Album
Date de parution 01 Fevrier 2021
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Icarus Rising
Ecouter01:14
2.
 Reckless Angel
Ecouter06:57
3.
 Long Lost Rhyme
Ecouter05:10
4.
 Till I'm Gone
Ecouter05:02
5.
 In My Dreams
Ecouter04:46
6.
 Fade Away
Ecouter05:12
7.
 Sands of Time
Ecouter05:54
8.
 Havenlights
Ecouter13:32

Durée totale : 47:47

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Havenlights



Chronique @ ericb4

02 Mars 2021

Une solaire et pénétrante mais classique offrande octroyée par la formation transalpine...

Encore une énième formation de metal symphonique à chant féminin, probablement vouée comme tant de ses pairs à une disparition prématurée des tabloïds, me direz-vous, et vous auriez sans doute raison, à quelques nuances près toutefois... Et s'il est des candidats qui, loin de chercher à brûler les étapes pour tenter coûte que coûte d'essaimer leurs riffs, ont précisément laissé le temps nécessaire à leurs compositions de gagner en maturité, ce quartet italien serait assurément du nombre.

Ainsi, créé en 2019, le vert combo transalpin ne repose pas moins sur une expérience scénique et studio riche de 20 ans pour deux de ses membres, le claviériste Alessandro Petri et le guitariste Daniele Davalle. Prestement rejoints par le talentueux bassiste et orchestrateur Francesco Bertolaccini et la chanteuse au chatoyant grain de voix, Linda Raffaetà, nos acolytes ont dès lors élevé le niveau de leurs exigences logistiques et techniques d'un cran. En quoi ce nouvel entrant dans un registre metal aujourd'hui en proie à une féroce concurrence peut-il se démarquer de ses homologues, toujours plus nombreux à affluer ?

En guise de message de bienvenue, et ce, près de deux ans après sa sortie de terre, le collectif nous octroie son introductif et présent album full length, « Songs of Autumn », une auto-production où se succèdent sereinement 8 pistes sur un ruban auditif d'une durée quasi optimale de 48 minutes. Ce faisant, nos compères nous immergent au cœur d'un univers power mélodico-symphonique, à mi-chemin entre Nightwish, Ancient Bards, Delain et Xandria, où s'harmonisent de véloces et puissants coups de boutoir, des arrangements instrumentaux de fort bon aloi, de seyantes lignes mélodiques et une magnétique empreinte vocale, dont les médiums ne sont pas sans rappeler ceux de Nele Messerschmidt (Elvellon). Mixé et mastérisé par Pierlorenzo Tessa, l'opus bénéficie notamment d'une péréquation de l'espace sonore entre lignes de chant et orchestration, tout en ne laissant entrevoir que d'infimes sonorités résiduelles. Tous les voyants seraient donc au vert pour nous intimer d'embarquer à bord du navire, en direction, espérons-le, de quelques terres d'abondance...


C'est volontiers sur un torrent de lave en fusion que le chaland se trouvera projeté, le combo parvenant alors, et sans ambages, à nous rallier à sa cause. Ainsi, passé la brève, cinématique et progressive, et somme toute dispensable entame instrumentale aux arrangements ''nightwishiens'',« Icarus Rising », c'est sur une cadence effrénée doublée d'un inaliénable et martelant tapping que l'up tempo aux riffs incisifs « Reckless Angel » nous ouvre les bras. A la croisée des routes entre Nightwish et Ancient Bards, l'opulent et altier effort power symphonique déploie ses sept minutes d'un spectacle sous haute tension et voguant sur une sente mélodique des plus enveloppantes. S'esquisse dès lors une torche incendiaire propice à un headbang bien senti, agrémentée des limpides inflexions de la sirène et relevée d'un flamboyant solo de guitare.

Un poil moins orgiaques mais un brin plus décoiffantes et tout aussi poignantes, d'autres pistes de leur cru ne sauraient davantage être éludées. Ainsi, au carrefour entre Delain et Amaranthe, le véloce et ''modernisant'' « Till I'm Gone », tout comme le tonitruent « Sands of Time », lui, dans l'ombre d'Ancient Bards, se plairont à secouer nos cervicales sans pour autant nous égarer de leur grisant tracé mélodique. Aussi, ces livraisons revêtent-elles toutes deux l'aspect d'une ogive d'une puissance dévastatrice, que l'on ne quittera qu'avec l'indicible espoir de revenir s'immerger dans le chaudron bouillonnant, histoire de plonger à nouveau au sein de chacun de ces océans de félicité.

Bien qu'un cheveu moins offensifs, d'autres espaces d'expression de la même veine stylistique ne trouveront pas moins un débouché favorable à leur assimilation auprès de l'aficionado du genre. Ce qu'illustre, d'une part, le tonique, pimpant et ''xandrien'' mid/up tempo « Long Lost Rhyme », et ce, à la lumière de son refrain immersif à souhait mis en exergue par les caressantes volutes de la déesse, ses insoupçonnés changements de tonalité, et ses grisantes rampes synthétiques doublées de délicats arpèges au piano. Non sans renvoyer à Elvellon, l'entraînant mid tempo « Fade Away », pour sa part, recèle des enchaînements intra piste ultra sécurisés, d'enivrants couplets relayés chacun d'un entêtant refrain ; autre hit en puissance, un tantinet convenu mais d'une redoutable efficacité, à mettre à l'actif de la troupe toscane, donc.

Les férus d'instants tamisés, quant à eux, ne seront pas en reste, nos acolytes leur ayant par là même concocté leurs mots bleus les plus sensibles, ceux qui, précisément, feront assurément perler la petite larme sur la joue. Ce qu'atteste « In My Dreams », une ballade atmosphérique et romantique jusqu'au bout des ongles, sous-tendue par un fin picking à la guitare acoustique et mise en habits de soie par les câlinantes patines de la maîtresse de cérémonie, alors apparentées à celles de sa consoeur d' Elvellon. Une invitation au voyage en d'oniriques contrées, en somme..

Mais ce serait à la lumière de leur propos d'obédience metal symphonique progressif que nos acolytes seraient au faîte de leur art. Aussi, c'est dans une pièce en quatre actes à la fois épique, éruptive, romanesque et pétrie d'élégance que les quelques 13:32 minutes de « Havenlights » nous baignent. Ainsi, eu égard à un judicieux effet de contraste atmosphérique et rythmique, au premier et soyeux mouvement imprégné d'un troublant piano/voix, « Departure », lui succèdent « The Voyage » et « Sacrifice », tortueux et prégnants up tempi aux riffs acérés, tous deux dans la droite lignée d'Ancient Bards. Soudain, sans crier gare, à l'aune de « Remembrance », l'inspiré combo nous octroie alors un low tempo d'une confondante légèreté, propice au total enivrement de nos sens. Une manière habile de boucler la boucle et de refermer avec les honneurs le chapitre de la galette. Sans doute le masterpiece de ce premier effort.


Au final, on effeuille une galette à la fois éminemment pulsionnelle, rayonnante et des plus enivrantes, jouissant d'une ingénierie du son de bonne facture et d'un bel élan d'inspiration mélodique. Ayant varié ses exercices de style à l'envi, témoigné d'une technicité instrumentale éprouvée et dispensé des d'arrangements difficiles à prendre en défaut, le combo italien nous livre un message musical aussi headbangant qu'efficace, et ne concédant pas l'ombre d'un bémol susceptible d'atténuer sa portée.

d'aucuns auraient cependant souhaité une tracklist à l'architecture moins convenue, espéré déceler l'une ou l'autre prise de risque, ainsi qu'une mise à distance plus radicale de leurs modèles identificatoires afin de conférer davantage d'épaisseur artistique à leur propos. Aussi, s'ils parviennent à maintenir l'attention constante, et ce, de bout en bout de notre périple, eu égard à aux cheminements d'harmoniques empruntés, nos acolytes peinent, pour l'heure, à se démarquer de leurs alter ego. Bref, une solaire et pénétrante mais classique offrande octroyée par la formation transalpine...

15/20

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