Soliloquies of the Lost

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Nom du groupe Empyrean (USA-3)
Nom de l'album Soliloquies of the Lost
Type Album
Date de parution 27 Mai 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Of Mistakes and Madness
Ecouter01:34
2.
 Immuring My Heart
Ecouter06:13
3.
 Immuring My Heart: Whisperings
Ecouter04:36
4.
 Immuring My Heart: The Reaping
Ecouter06:03
5.
 The Cursed Heart
Ecouter06:07
6.
 The Illusive Existence
Ecouter04:56
7.
 Crimson Rising
Ecouter05:21
8.
 Shipwrecked
Ecouter04:51
9.
 The Empyrean
Ecouter05:36
10.
 Melancholia
Ecouter06:31
11.
 Harem of a Madman
Ecouter05:42
12.
 The Casket Letters
Ecouter10:42

Durée totale : 01:08:12

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Empyrean (USA-3)



Chronique @ ericb4

17 Septembre 2019

Victime d'un naufrage annoncé, la livraison n'arrivera pas à bon port...

Encore un ixième groupe metal symphonique à chant féminin voué, comme tant de ses pairs, à une disparition prématurée, me direz-vous, et vous auriez raison. Bien décidés à déjouer les plus pessimistes des pronostics, il en est qui, ayant foi en leur potentiel, continuent de se lancer corps et âme dans la bataille, dont ce jeune combo étasunien originaire de Little Rock, dans l'Arkansas. Cofondé en 2015 par la frontwoman Katy Beard et le bassiste Jamie Pettus (ex-NonGrata), le collectif nord-américain évolue dans un metal mélodico-symphonique et progressif plutôt éclectique, ses maîtres inspirateurs allant de Nightwish, Sirenia, Xandria et Delain, à Mozart, Vivaldi ou encore Beethoven, en passant par Dream Theater et Opeth. Un patchwork de références judicieusement harmonisées, encore peu couru par ses homologues et qui conférera précisément une identité artistique stable et un son propre à ce projet.

Encore peu popularisé dans nos contrées, le combo ricain n'en est pourtant plus à ses balbutiements, celui-ci n'ayant pas moins de trois singles à son actif (« The Illusive Existence » et « Comfortably Numb », tous deux sortis en 2016, ainsi que « Crimson Rising », écoulé en 2018). Une engageante mise du pied à l'étrier synonyme d'une simple mise en bouche en regard de ce qui s'ensuivra. Aussi, quelque quatre années après sa sortie de terre, la troupe accouche-t-elle de son premier album full length dénommé « Soliloquies of the Lost » ; une auto-production généreuse de ses 68 minutes où s'égrainent 12 pistes à la fois énergisantes, énigmatiques et romantiques, incluant deux de leurs trois singles. Mixé et mastérisé par Jarek Musil, cet album produit par Jamie Pettus équilibre à parités égales instrumentation et lignes de chant. En outre, l'ingénierie du son signée Jason Tedford laisse entrevoir une belle profondeur de champ acoustique mais aussi quelques notes résiduelles. Mais embarquons plutôt pour une longue croisière...

Comme souvent dans ce registre, le combo nous ouvre les portes du grand salon avec une laconique entame instrumentale symphonico-progressive. Aussi, sous couvert d'arpèges au son d'un orgue altier et glaçant, témoignant pourtant d'arrangements de bon aloi, le dispensable « Of Mistakes and Madness » pourra malaisément masquer ses persistantes linéarités mélodiques. L'embarcation serait-elle déjà en train de tanguer dangereusement ?

Le plus souvent, le message musical s'avère des plus tonitruants et souvent headbangants, mais parfois en proie à d'incompressibles irrégularités. Ainsi, sonnent les tambours et claque la basse sur le ''delainien'' up tempo « Immuring My Heart ». En dépit de sa galvanisante impulsivité et de ses sidérantes montées en puissance, la pulsionnelle offrande concède une pâle ligne mélodique et des répétitions de séries d'accords peu propices à une inconditionnelle adhésion. On ne sera guère moins désarçonné par le cheminement d'harmoniques émanant de « Immuring My Heart: Whisperings » et « Harem of a Madman », tortueux et ''siréniens'' mid/up tempi symphonic-progressif aux relents néo-classiques, desservis, en prime, par les inflexions claires mais tremblotantes de la sirène. Pourtant doté d'un fringant solo de guitare, le tempétueux et énigmatique « The Cursed Heart », lui, suit moult chemins de traverse avec, pour effet, de nous projeter au cœur d'un épais brouillard. Dans cet océan déchaîné, s'effaçant peu à peu derrière d'opaques nébulosités, le navire commencerait-il à prendre l'eau ?...

Quand la cadence du convoi instrumental ralentit un tantinet, une fois encore, l'accroche peinera à s'opérer. Ce qu'illustrent les singles « The Illusive Existence » et « Crimson Rising », mid tempi dans l'ombre de Voices Of Destiny, tous deux calés sur des riffs crochetés et octroyant un refrain nullement déconcertant mais des plus convenus. Voguant chacun sur un sillon mélodique certes avenant mais manquant singulièrement de cette touche de fantaisie qui les rendrait bien plus impactants qu'ils n'apparaissent et concédant de répétitives séquences de notes, l'un comme l'autre de ces méfaits ratera sa cible de peu. Enfin, c'est dans une atmosphère lunaire que nous projettent les déroutants mid tempi syncopés « The Empyrean » et « Melancholia ». Axés sur un riffing d'une persistante platitude et accusant une mélodicité en demi-teinte, ces tièdes manifestes ne nous sortiront pas davantage de l'impasse.

Lorsque le combo en vient à feutrer ses ambiances, s'il parvient à nous rallier plus aisément à sa cause, il ne saurait pour autant prétendre à un large recueil de l'adhésion. Aussi retiendra-t-on, d'une part, « Immuring My Heart: The Reaping », mélancolique et intrigante ballade a-rythmique d'inspiration néo-classique, à la fois pour la délicatesse de ses arpèges au piano et sa mise en habits de soie par les graciles volutes de la belle. Un agréable et apaisant moment à défaut de s'avérer des plus émouvants. Plus insaisissable et résolument éthérée, la ''lacunacoilesque'' et romantique ballade atmosphérique gothique « Shipwrecked », pour sa part, sera à réserver à un pavillon déjà averti.

Comme pour boucler la boucle, nos compères se sont également frottés au redoutable exercice de composition d'une pièce en actes d'obédience metal symphonico-progressif. Ainsi, les 10:42 minutes du ''nightwishien'' « The Casket Letters » nous mènent à la découverte d'une fresque à la fois épique et romanesque, abondant en effets de surprise et ne laissant au chaland que peu le loisir de reprendre son souffle. Toutefois, outre une sente mélodique éminemment déconcertante, le luxuriant méfait concède des enchaînements couplets/refrains mal négociés et des ponts technicistes certes finement exécutés mais qui ne s'imposaient pas. On regrettera aussi tant le manque d'aplomb et de fluidité des impulsions de la maîtresse de cérémonie qu'une tenace et usante répétibilité des séries d'accords investies. Dans de telles conditions de navigation, le naufrage ne saurait être évité...

Au final, en dépit d'un réel potentiel technique et d'une production d'ensemble assez satisfaisante, cette galette encore taillée dans la roche nous laissera circonspect. Peu diversifiée sur les plans atmosphérique et vocal et ne consentant que peu de prises de risques, la plantureuse offrande se double d'une mélodicité peu propice à une inconditionnelle adhésion et de déroutantes portées. Difficile, dans ces conditions, de compter retenir plus que de raison le chaland déjà sensibilisé aux travaux de leurs maîtres inspirateurs. Aussi lui faudra-t-il prendre son temps pour voir le collectif nord-américain revenir avec un message musical moins emprunté, aux harmoniques plus cohérents, au propos bien moins opaque. Gageons qu'il ne s'agit-là que d'un coup d'essai et comptons sur l'opiniâtreté et l'inspiration du combo pour relever la barre....

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