Shadow of My Past

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Nom du groupe Green Labyrinth
Nom de l'album Shadow of My Past
Type Album
Date de parution 16 Décembre 2014
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Lost in the Dark
 06:35
2.
 My Journey
 08:43
3.
 The Green Labyrinth
 04:49
4.
 Away
 05:00
5.
 Don't Look Behind You
 04:53
6.
 Shadow of My Past
 06:09
7.
 Self-Portrait
 05:33
8.
 Mystic Voices
 05:21
9.
 Confused
 06:31
10.
 Rainstorm
 05:59

Durée totale : 59:33


Chronique @ ericb4

10 Fevrier 2019

Une élégante et subtile offrande en guise d'introductif mouvement...

Nouvel entrant dans un registre metal au bord de l'asphyxie, mais ayant jaugé les risques et mesuré les enjeux d'un tel investissement, ce jeune quintet suisse originaire d'Aargau s'est précisément laissé le temps nécessaire à la maturité de son projet. En effet, sorti des eaux en 2008, ce n'est que six années plus tard qu'il accouche de son premier bébé, et ce, à l'aune d'un album full length répondant au nom de « Shadow of My Past ». On parcourt ainsi une auto-production généreuse de ses 59 minutes où s'enchaînent 10 pistes rock'n'metal mélodico-symphonique progressif dans le sillage de Nightwish, Xandria, Amberian Dawn et consorts. Si, pour l'heure, les sources d'influence du combo helvétique ne sauraient être éludées, ce dernier a parallèlement apposé nombre d'harmoniques inédites sur son plantureux et luxuriant propos.

A bord du vaisseau amiral, et après quelques changements de line-up, nous accueillent : la frontwoman Lara Senn (dont le grain de voix s'apparente à celui d'une certaine Tarja), le guitariste David Vollenweider, tous deux ex-Drunken Warlock, le claviériste Tom Hiebaum, le bassiste Stephan Kaufmann et le batteur Matthias Dätwyler. De cette fraîche collaboration émane une œuvre aussi enjouée qu'infiltrante, tantôt impulsive, tantôt évanescente, avec quelques relents orientalisants et un zeste de romantisme. Au regard de ce set de compositions dont l'inspiration s'avère rarement mise à mal, nos acolytes témoignent d'une technicité éprouvée, de lignes mélodiques finement sculptées et surtout d'une ingénierie du son passée au crible, la galette n'accusant que fort peu de notes résiduelles. Allez, embarquement immédiat...


Ce serait dans ses passages les plus vitaminés que le collectif marque ses premiers points. Ainsi ne pourra-t-on passer outre l'up tempo « Lost in the Dark » au regard de ses riffs crochetés adossés à une inaltérable et frondeuse rythmique et de ses délicats arpèges au piano. Dans ce champ de turbulences sous-tendu par un inaliénable tapping déambulent d'angéliques impulsions, la sirène contribuant, de fait, à magnétiser le tympan. Et ce ne sont ni le flamboyant solo de guitare ni le grisant refrain qui nous débouteront de ce hit en puissance que n'aurait nullement renié un Nightwish estampé « Oceanborn ». Dans une énergie similaire se glisse le tempétueux et accrocheur « Mystic Voices ». Voguant sur un sillon mélodique des plus enchanteurs, l'impulsif méfait délivre un épais riffing coalisé à une sanguine section rythmique. Autre pépite à mettre à l'actif du combo.

Si le propos se fait parfois moins directement inscriptible dans les charts, il n'en recèle pas moins un bel élan d'inspiration de la part de ses auteurs. Aussi, en dépit de la complexité de ses phases technicistes, les riffs ronronnants sur-montés d'une basse vrombissante exhalant de l'énergisant mid tempo « Away » pourraient bien avoir raison des résistances les plus tenaces. Dans cette lignée, les tortueux mid tempi syncopés « Shadow of My Past » et « Confused » disséminent tous deux de seyantes séries d'accords tout en livrant un flamboyant solo de guitare. Enfin, le mordant et ''xandrien'' « Don't Look Behind You » imposera ses sinueuses rampes synthétiques et ses seyants gimmicks guitaristiques, les limpides et ondulantes volutes de la belle achevant de nous convaincre d'aller au terme d'un parcours éminemment chaotique. Plus difficile d'accès, le polyrythmique et orientalisant « Rainstorm » nécessitera quelques écoutes circonstanciées avant de se laisser dompter, y compris pour un pavillon averti.

Quand il ralentit le rythme de ses frappes, le combo trouve, là encore, matière à nous happer sans avoir à forcer le trait. Ce qu'illustre, d'une part, « The Green Labyrinth », ''nightwishien'' mid tempo évoluant sur une délectable sente mélodique et un cheminement d'harmoniques des plus pénétrants. Doté d'élégantes gammes au piano doublées de grisants soli de guitare et mis en exergue par les sensuelles inflexions de la déesse, le tubesque méfait aux relents rock mélodique ne ratera pas sa cible, celle de nos émotions les plus profondément enfouies. On ne saurait davantage esquiver ni les fondants couplets ni la seyante gradation du corps orchestral du mid tempo progressif « Self-Portrait ». Dans l'ombre de Xandria (seconde période) et magnifié par les caressantes volutes de la douce, se parant, en prime, d'un fuligineux solo de guitare, le vibrant effort recèle, lui aussi, quelques moments de pure jouissance auditive.

Enfin, lorsqu'il s'adonne aux longues tirades symphonico-progressives, le club des cinq semble particulièrement à son aise. Aussi, les 9 vibrantes minutes de l'orientalisante fresque « My Journey » glissent avec célérité dans nos tympans alanguis. Dans l'ombre d'un Epica à l'époque de « The Divine Conspiracy », avec une touche jazzy en substance eu égard à ses ponts technicistes, la troupe trouverait l'alchimie nous ralliant d'un claquement de doigts à sa cause. En outre, un fringant legato à la lead guitare au corps à corps avec un serpent synthétique ainsi que moult coups de théâtre nous sont octroyés. Bref, une plantureuse et hypnotique offrande au sein de laquelle les chatoyantes patines de la maîtresse de cérémonie auront raison des âmes les plus rétives.


Force est d'observer que la troupe helvétique a beaucoup appris de ses maîtres inspirateurs, parvenant toutefois à nous octroyer une œuvre aux compositions singulières et à l'identité artistique déjà affirmée. Ayant veillé à varier ses ambiances et ses rythmiques, à asseoir son propos sur des arrangements de bon aloi et une solide technicité instrumentale, le combo a parallèlement fluidifié ses enchaînements inter-pistes. Témoignant d'une ingénierie du son plutôt soignée, la rondelle s'avère également diversifiée eu égard aux exercices de style dispensés, et le plus souvent propice à une inconditionnelle adhésion.

On aurait cependant souhaité que le valeureux collectif nous livre l'une ou l'autre joute oratoire et/ou instrumental, de plus limpides lignes mélodiques et qu'il y ajoute une pointe d'originalité à une proposition, somme toute, assez classique. Pour un premier jet, et aux fins d'un travail de longue haleine en studio, nos gladiateurs s'en sortent honorablement, même s'il s'avère prématuré d'en faire d'ores et déjà de dangereux challengers. Quoi qu'il en soit, on effeuille une élégante et subtile offrande en guise d'introductif mouvement...

Note : 14,5/20

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