Outbreak

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Nom du groupe Oblivion's Garden
Nom de l'album Outbreak
Type EP
Date de parution 24 Novembre 2017
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Dead Leaves
Ecouter06:39
2.
 Frozen Souls
Ecouter07:16
3.
 My Revolution
Ecouter07:33
4.
 Memories
Ecouter06:10
5.
 Heroes
Ecouter04:18

Durée totale : 31:56

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Oblivion's Garden



Chronique @ ericb4

16 Novembre 2019

Nouvel élan d'inspiration pour le collectif ibérique...

Tenter de se frayer un chemin dans le foisonnant registre metal symphonique à chant féminin s'apparenterait aujourd'hui à un parcours semé d'embûches pour les nouveaux entrants. Conscient des enjeux et des risques courus de se lancer tout de go dans la bataille, ce quintet espagnol originaire d'Alicante s'est précisément laissé le temps nécessaire à la maturité compositionnelle opérer. En effet, créé en 2008 par le guitariste José Miguel Casanova et le batteur Vicente Villatoro, le groupe n'accoucha de son premier et encourageant album full length « Seed » que six ans plus tard, lui-même faisant suite à deux discrètes démos. Après une longue période de latence, le voici de retour, en 2017, pourvu, cette fois, d'un modeste mais séduisant EP dénommé « Outbreak » ; auto-production où s'enchaînent sereinement cinq pistes inédites sur un espace auditif de 32 généreuses minutes. Ainsi doté, quelque neuf années suite à sa fondation, le collectif ibérique aurait-il désormais de quoi tenir tête aux Elvellon, Beyond The Black, Sleeping Romance et autres Metalwings ?

A bord de la goélette, aux côtés des deux maîtres d'oeuvre, nous accueillent également : la soprano Marga Cerdá (dite ''Estirva''), au timbre de voix à la fois cristallin et chatoyant, le fin claviériste Alejandro Hernández, tous deux intronisés dès 2012, ainsi que le bassiste Antonio Raymundo Piñero (Mortis Cruentus), venu grossir les rangs un an plus tard. De cette solide et fructueuse collaboration naît une œuvre rock'n'metal mélodico-symphonique classique, aux relents power et progressif, à la fois volontiers frondeuse, pétrie d'élégance, à la technicité éprouvée et aux charismatiques lignes mélodiques, nous faisant penser tour à tour à Delain, Ancient Bards, Diabulus In Musica, Against Myself et Sleeping Romance. En outre, cette offrande se nourrit d'une ingénierie du son plutôt soignée, témoignant alors d'un enregistrement de bonne facture, ne laissant filtrer que peu de sonorités parasites, et d'un mixage à parités égales entre lignes de chant et instrumentation. C'est donc sous les meilleurs auspices que s'annonce la traversée...

C'est sur une cadence à la vélocité maîtrisée qu'évolue le plus souvent le collectif sud-européen, faisant alors montre d'une rare faculté à encenser le tympan sans avoir à forcer le trait. Ainsi, c'est d'un battement de cils que la grisante sente mélodique inhérente à l'entraînant « Dead Leaves » fera frissonner l'aficionado de Delain et Against Myself. Voguant sur d'ondulantes nappes synthétiques et réservant d'insoupçonnées variations atmosphériques, le pimpant mid tempo progressif dissémine parallèlement ses riffs acérés adossés à une mordante rythmique. Dans cette mer houleuse se meuvent les angéliques volutes de la sirène que vient renforcer une cohorte de choeurs. Un titre aisément inscriptible dans les charts, poussant à une certaine addiction. Dans cette dynamique, on retiendra également « Memories », aérien et sensuel mid tempo progressif dans la veine de Sleeping Romance ; et ce, tant pour ses soudaines accélérations rythmiques et son frissonnant tapping qu'au regard de ses enchaînements couplets/refrains et ses rutilants gimmicks guitaristiques. Enfin, non sans rappeler Ancient Bards, l'offensif et avenant « Heroes » révèle, lui, une tonicité percussive aussi insoupçonnée que galvanisante. Mais là ne s'arrête pas la ronde des saveurs exquises...

Quand il nous mène en d'apaisantes contrées, le combo nous livre ses mots bleus les plus sensibles, parvenant dès lors à générer cette petite larme que l'on feindrait d'ignorer et qui, pourtant, finit par perler sur la joue. Aussi, ne pourra-t-on que malaisément se soustraire aux délicates portées exhalant de « Frozen Souls », ballade romantique jusqu'au bout des ongles, aux airs d'un slow qui emballe, dans la lignée de Against Myself. Glissant sur une ligne mélodique satinée, sous-tendue par d'élégants arpèges au piano, délivrant ses couplets ouatés relayés chacun d'un enivrant refrain, la tendre sérénade n'aura guère tari d'arguments pour faire voler en éclat toute tentative de résistance à son assimilation. Et ce ne sont ni les angéliques ondulations de la maîtresse de cérémonie ni l'infiltrant solo de guitare, ni même la saisissante gradation rythmique du corps orchestral, qui démentiront l'agréable sentiment d'être aux prises avec l'une des pépites de la menue rondelle...

Lorsqu'il en vient à explorer les vastes espaces symphonique progressif, le collectif espagnol recèle encore quelques tours, et non des moindres, dans sa manche. Ainsi, à la manière de Diabulus In Musica, l'épique, énigmatique et altier « My Revolution » nous plonge dans une atmosphère à la fois rayonnante, enjouée et tourmentée. Si les coups de théâtre sont loin de manquer à l'appel, cette fresque aux accents hispanisants jamais ne nous égare, nous octroyant alors une exigeante et troublante mélodicité. Dans ce champ de turbulences, les effets de contraste rythmique interpellent autant qu'ils séduisent, tout comme les joutes oratoires entre les puissantes impulsions de la déesse et une muraille de choeurs que rien ne semble pouvoir ébranler. Un exercice de style souvent requis mais redouté par ses pairs et qui sied bien à l'escadron ibérique.

Pour son retour, la formation espagnole signe une œuvre certes dans un mouchoir de poche mais se révélant à la fois vivifiante, épique sans se montre grandiloquente, aérienne mais nullement évanescente, un tantinet romantique et fortement chargée en émotion, sans fausse note ni baisse de régime, mais sans prise de risque ni un soupçon d'originalité. Ce faisant, le groupe sud-européen développe un propos singulier, au trait mélodique empreint de subtilités, à la production d'ensemble difficile à prendre en défaut, témoignant également d'un potentiel technique évolutif et judicieusement exploité. C'est dire que l'on effeuille un message musical aussi headbangant qu'enveloppant, propice à une écoute en boucle, susceptible de placer le combo ibérique parmi les outsiders à ne pas mésestimer. A bon entendeur...

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