Number[s]

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16/20
Nom du groupe Woe, Is Me
Nom de l'album Number[s]
Type Album
Date de parution 30 Août 2010
Enregistré à Chango Recording Studios
Style MusicalMetalcore
Membres possèdant cet album37

Tracklist

1.
 On Veiled Men
 00:50
2.
 [&] Delinquents
 02:56
3.
 Mannequin Religion
 02:55
4.
 Keep Your Enemies Close
 02:29
5.
 Hell, Or High Water
 03:41
6.
 For the Likes of You
 03:42
7.
 I
 03:04
8.
 Our Number[s] (ft. Jonny Craig of Slaves)
 02:55
9.
 If Not, For Ourselves
 04:30
10.
 Desolate (The Conductor) (ft. Jonny Craig of Slaves)
 01:55

Durée totale : 28:57


Chronique @ BlackDieRose

29 Septembre 2012

Je déteste le potentiel gaspillé...

Je déteste le potentiel gaspillé. Chaque fois qu'un groupe a les moyens et la capacité de créer quelque chose d'étonnant, celui-ci joue la sécurité, en choisissant plutôt de suivre les traces de ses homologues génériques. Je me trouve alors seul, secouant la tête d‘un signe désapprobateur. Malheureusement, Woe, Is Me, est l'un de ces groupes. La formation de Woe, Is Me nous vient du batteur Austin Thornton, ex-Of Machines. Les autres membres lui doivent d’ailleurs un peu de gratitude, car Austin a gardé de bons contacts avec le label Rise Records, ce qui lui a permis de faire signer rapidement le groupe avec ce label. Woe, Is Me a ainsi une quantité étonnante de points communs avec la dernière bande de Thornton, allant du label au schéma musical quasi identique. En fait la seule différence est l'ajout d'un claviériste qui inonde la musique par une overdose de touches électroniques.

À première vue, cela pourrait déteindre comme un autre groupe formaté à fond Metalcore mélodique et dont chaque bévues montre une scène fade s’auto-caricaturant et devenant indigeste. Cependant ne vous méprenez pas, cet album n‘est pas si mauvais. Bien que chaque fois que je l’écoute, la pensée que cela pourrait être tellement mieux m'envahi. Le produit final se révèle être un peu mieux que le Metalcore moyen, ce qui en soi est tout de même une déception. Un peu mieux ? Avec tout son talent, Woe, Is Me aurait pu de produire un bon, peut-être même un grand, album de Metalcore.

La partie la plus impressionnante de cet album est, à mon sens, le travail vocal. Tyler Carter chante de sa plus claire et idyllique voix afin de sauver cette entreprise de l'obscurité avec une attitude mélancolique. Il a une voix incroyable comparée à celle de Jonny Craig (chanteur de Emarosa et invité sur 2 pistes de l‘album). Sa voix, passionnelle et riche, est un acrobate, dansant autour de chaque pistes. Carter a vraiment une voix exceptionnelle. Bohn n'est pas mou non plus. Contrairement à la plupart des duos vocaux, les cris de Michael Bohn sont toujours plus puissants et servent de catalyseur à Carter. Ses hurlements sont profonds, durs, et graves. Ses cris, tout simplement bons, s'intègrent parfaitement dans l'atmosphère sombre que le groupe tente de créer. Sur le plan instrumental, néanmoins, le groupe commence à tomber à plat, facedown. Woe, Is Me semble être accro aux breakdowns. Ne vous méprenez pas, je ne déteste pas les breakdowns. Je pense que, lorsqu'ils sont utilisés avec parcimonie et justesse, ils contribuent grandement à l'atmosphère lourde d'un titre. Tout n'est qu'une question de modération. Ici, les guitaristes break à tout bout de champ à tel point que, en l'absence de chant, chaque titres ne se distinguent pas des autres. Le guitariste rythmique aurait pu varier ses riffs qui décidément se ressemblent trop et se répètent ennuyeusement.

On aura beau me dire qu’ils ne connaissent peut-être que ce genre de riffs. Non! Je refuse de croire que les guitaristes ne sont pas capables d'innover. Ils doivent certainement retenir leurs compétences techniques, et s'en tenir à la formule breakdowns qui empoisonne et caractérise terriblement leur musique comme un Metalcore normal et ennuyeux. La batterie, cependant, est une autre affaire. Le batteur Austin Thornton, acclamé par la critique, prouve sur l'album son habileté, sa dextérité et sa précision en montrant tout son talent lorsque les guitaristes se calment. Il est un batteur qualifié et son jeu sans relâche garde l'album sur une base solide. Le bassiste, par contre, est à peine digne mention. Ce n’est peut-être même pas sa faute, mais comme dans la plupart des pistes Metalcore, il est à peine audible. Les guitaristes et les chanteurs puissants arrivent facilement à étouffer le son de la basse. Le claviériste/programmeur arrive relativement bien à faire son travail. Bien que sur certains points, il nous inonde avec ses ondes de synthé rappelant fâcheusement Asking Alexandria. Mais sur d'autres points, il ajoute une petite touche sympathique qui sert à améliorer la chanson. Un exemple de ceci est présent au début de [&] Delinquants, et aussi sur les premières et douces secondes de Religion Mannequin.

En résumé, tandis que les guitaristes démontrent peu d'habileté, le groupe dans son ensemble est solide. La composition musicale est plutôt faible, et même si Tyler Carter est un grand chanteur, il est incohérent dans certains refrains qui auraient pu être plus accrocheurs. Je tiens à souligner qu’il est bien évident que Michael Bohn travaille plus que lui. Parfois, Carter affiche des traits de génie, mais plus souvent ses vocalises ne sont pas très intéressantes. En outre, il semble qu'il ait constamment du mal à faire entendre sa voix. Il semble être aux prises d’un conflit perpétuelle avec le reste des instruments, de telle sorte que le résultat est bâclé mais distrayant. Ceci est clairement démontré au début de Religion Mannequin. Cette incompatibilité avec Carter est regrettable, parce que quand il lâche son vrai talent, le résultat est incroyable. Les pistes [&] Delinquants et Our Number[s] sont les plus agréables de l'album, et c'est parce que la voix de Tyler y est tout de suite accrocheuse avec une justesse d’exécution admirable. Il est captivant et brillant, mais rare.

Les dix titres de l'album ont tendance à fusionner dans un flux cohérent et cela peut être considéré soit d’un point de vue positif ou négatif en fonction du plaisir ressenti au cours de l'écoute. Ce groupe aurait pu être plus grand. Ils auraient pu être meilleurs. Woe, Is Me a le talent. Mais des incohérences de composition, une dépendance des breakdowns, et une faible créativité pointent d’un doigt inquisiteur cette version décevante et moyenne. Je suis sûr que je ne suis pas le seul qui déteste le potentiel gaspillé.

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