Nova

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Nom du groupe Ember Sea
Nom de l'album Nova
Type Album
Date de parution 22 Novembre 2013
Labels 7Hard
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Nova
 00:58
2.
 Coffin Heart
 04:12
3.
 Storm
 03:41
4.
 Wildhearted
 04:15
5.
 Black Birds
 04:22
6.
 Afterworld
 04:29
7.
 Rush
 04:46
8.
 Sable Maze
 03:57
9.
 My Company
 04:56
10.
 Beyond the Veil
 04:26
11.
 Dreh Dich
 04:09

Durée totale : 44:11


Chronique @ ericb4

15 Juin 2019

Un pulsionnel et délicat mouvement en guise de bienvenue...

Contrairement à une tendance aujourd'hui largement répandue consistant à se terrer dans l'ombre des cadors du metal symphonique à chant féminin pour tenter coûte que coûte de sortir les marrons du feu, certaines formations pourtant inspirées par les grandes signatures de ce registre ont préféré emprunter des voies alternatives pour faire entendre leur voix. Ainsi, assez loin des poncifs du genre, ce jeune quintet allemand originaire d' Hanovre a plutôt orienté ses efforts vers un registre rock'n'metal atmosphérique gothique et mélodique, un brin symphonisant, oscillant entre évanescent onirisme et profonde mélancolie. Dans ce dessein, s'esquisse un projet espéré au long cours, renvoyant à des sources d'influence aussi diverses que de The Gathering, Darkwell, Autumn, Xandria (première période), Anneke Van Giersbergen et consorts. S'il y a puisé quelques vibes, le combo germanique ne s'y est pas réduit exclusivement, conférant à son œuvre une identité artistique dores et déjà en phase de stabilisation...

Conscient des risques encourus de chercher à précipiter les événements, le collectif teuton a préalablement jaugé les paramètres et pris le temps nécessaire à la maturité des gammes et des arpèges dont se nourrissent les portées de chacune de ses compositions, n'accouchant de son premier bébé pas moins de quatre années suite à sa fondation, en 2009. Aux fins d'un travail de longue haleine naît alors « Nova » ; introductif album full length sorti chez l'éclectique label allemand 7hard. Mastérisées, finement mixées et enregistrées pour l'essentiel par Willi Dammeier (Institut für Wohlklangforschung (Hanovre)), les 11 pistes bénéficient d'une ingénierie du son plutôt soignée mais nullement aseptisée, ne concédant que fort peu de sonorités résiduelles, in fine. Bref, une qualité de production d'ensemble au professionnalisme avéré, dont le confort auditif ne saurait être démenti tout au long de notre parcours.

Au fil des 44 minutes de l'opus, on effeuille un propos à la fois éminemment enivrant, parfois énigmatique, aux lignes mélodiques d'une confondante fluidité et aux contrastes atmosphériques marqués, jouant à plein sur la fibre émotionnelle. On y décèle une oeuvre singulière, renvoyant à l'inspiration féconde de leurs auteurs, à laquelle nous convient : Eva Gerland en qualité de frontwoman, dont le grain de voix s'apparenterait à celui d'Anneke ; Dirk Marquardt (ex-Human Fortress) aux claviers ; Pablo J. Tammen (ex-Winterdome, ex-Human Fortress) à la basse ; Stefan Santag (Forever It Shall Be) aux guitares ; Enrico Mier à la batterie. Afin de densifier un tantinet son corps oratoire, le collectif allemand a sollicité chacun de ses membres aux choeurs ainsi que trois choristes chevronnés, pour l'occasion, à savoir : Carsten Frank (Athorn, ex-Serpent Moves, ex-Human Fortress) ; Jörg ''Deibl'' Janssen (ex-My Inner Burrning, ex-The Core) et Martin Stylo Selke. Mais entrons plutôt dans le vaisseau amiral en quête de quelques pépites enfouies...


C'est à l'aune de ses pistes les plus enjouées que le combo marque ses premiers points, allant jusqu'à essaimer de petites perles sur notre parcours. Passée la cinématique, brève et somme toute dispensable entame instrumentale « Nova », l'entraînant « Coffin Heart » ouvrira véritablement les hostilités. A mi-chemin entre Xandria et Anneke Van Giersbergen, calé sur des riffs effilés adossés à une rythmique résolument frondeuse, le seyant méfait se dote parallèlement d'une ligne mélodique certes convenue mais diablement efficace. Magnifiées par des choeurs aux abois, les cristallines et sinueuses inflexions de la sirène font mouche où qu'elles se meuvent. Dans cette mouvance, difficile d'esquiver l'entêtant refrain dont se pare le pimpant et ''delainien'' « Afterworld ». Ce faisant, on effeuille un hit en puissance arc-bouté sur une cadence effrénée, où les fûts se voient incessamment ensanglantés par les frappes sèches dispensées par Enrico Mier, et mis en habits de lumière par les ensorcelantes impulsions de la frontwoman. Mais là ne s'arrête pas la ronde des saveurs...

Moins orientés vers les charts, d'autres espaces d'expression tout aussi vitaminés ne s'avéreront guère moins susceptibles d'aspirer le tympan du chaland. Ainsi, distillant un riffing épais et ondulant, le tonique et aérien « Storm » nous octroie des couplets finement ciselés que relayent des refrains immersifs à souhait mis en exergue par les chatoyantes patines de la déesse, ici apparentées à celles de Marjan Welman (Autumn). Dans une même énergie, influencé par l'atmosphère éthérée d'un The Gathering de la seconde cuvée, l'offensif et énigmatique mid tempo syncopé et progressif « Black Birds » déploie d'oscillants et truculents gimmicks guitaristiques tout en n'ayant de cesse de faire vrombir sa basse. Et la sauce prend, une fois de plus. Enfin, dans la droite lignée d'Anneke Van Giersbergen, l'invitant mid/up tempo « My Company » imposera à nos tympans alanguis aussi bien ses accrocheuses oscillations mélodiques que ses séries d'accords savamment échafaudées et aux enchaînements fort bien négociés.

Lorsque le convoi orchestral ralentit un tantinet la cadence, le collectif teuton trouve là encore les clés pour nous rallier à sa cause. Aussi le pavillon sera-t-il happé à la fois par la limpidité d'un enchanteur sillon mélodique et l'hypnotique refrain de « Sable Maze ». Par effet de contraste, cet élégant mid tempo syncopé d'obédience rock'n'metal atmosphérique gothique, au carrefour entre Autumn et Darkwell, nous octroie un riffing massif et d'une régularité métronomique parallèlement à l'aérien et ondulant filet de voix d'une interprète bien habitée.

Quand la lumière se fait douce et que s'apaisent les tensions, nos compères nous livrent alors leurs mots bleus d'une sensibilité à fleur de peau, avec, pour effet, de générer la petite larme au coin de l'oeil d'un battement de cils. Ce qu'illustre, d'une part, « Wildhearted », caressante ballade atmosphérique gothique et progressive à la confluence entre Autumn et The Gathering. Infiltrée par les célestes et magnétiques volutes de la maîtresse de cérémonie, la frissonnante aubade prend ses lettres de noblesse. Décochant de troublantes séries d'accords aux enchaînements sécurisés, voguant sur un sillon mélodique d'une confondante fluidité et propice au total enivrement de nos sens, se parant, en prime, d'un fin legato à la lead guitare, l'instant privilégié poussera irrémédiablement à la remise en selle sitôt la dernière mesure évanouie. « Beyond the Veil », pour sa part, se pose tel un intimiste et soyeux moment sous-tendu par un délicat guitare acoustique/voix. Si l'on pourra regretter la présence d'inaltérables répétitions de séries de notes dont se nourrissent les refrains, une belle gradation du corps orchestral vient à point nommé compenser ces irrégularités.

En dépit de ses louables qualités techniques et esthétiques, l'opus concède toutefois d'incompressibles bémols. Ainsi, en raison de la répétibilité de leurs cheminements d'harmoniques, d'enchaînements couplets/refrains peu loquaces et de tenaces linéarités dont nous abreuvent leurs lignes mélodiques, le mid tempo « Rush » et l'offensif « Dreh Dich » éprouveront quelques difficultés pour espérer un inconditionnel recueil de l'adhésion. Dans un cas comme dans l'autre, on passera donc son chemin...


Résultat des courses : la troupe signe-là une œuvre fringante et subtile, volontiers enjouée, souvent poignante, oscillant entre légèreté atmosphérique et profonde torpeur, propice à un headbang subreptice. Ayant pris soin de varier ses exercices de style et de diversifier son propos sur le plan rythmique, le combo a parallèlement évacué moult notes parasites de sa production d'ensemble. Tout en témoignant de sentes mélodiques difficiles à prendre en défaut et d'un réel potentiel technique, le groupe livre également des arrangements instrumentaux de bon aloi. Sans omettre les voluptueuses et troublantes inflexions de la frontwoman, celles-ci conférant à ce seyant manifeste un petit supplément d'âme. Bref, un pulsionnel et délicat mouvement en guise de bienvenue, qui pourrait bien n'être que le premier épisode d'une longue série. Wait and see...

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