Hour of the Centaur

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17/20
Nom du groupe Hate Forest
Nom de l'album Hour of the Centaur
Type Album
Date de parution 25 Décembre 2020
Style MusicalBlack Ambient
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1.
 Occidental, Beware the Steppe (Intro)
 00:26
2.
 Those Who Worship the Sun Bring the Night
 07:20
3.
 No Stronghold Can Withstand This Malice
 05:39
4.
 To the North of Pontos Axeinos
 04:43
5.
 Anxiously They Sleep in Tumuli
 09:19
6.
 Melanchlaeni
 06:25
7.
 Shadowed by a Veil of Scythian Arrows
 04:07

Durée totale : 37:59


Chronique @ Icare

23 Janvier 2021

'This is laconic and honest black metal full of disgust to modern pseudo-intellectual, selfie/Instagram black metal "

Il y a cinq mois mois, la terre avait tremblé, et de ses entrailles béantes avait résonné un appel vibrant que les plus téméraires n’osaient interpréter qu’en tremblant : Precambrian avait secoué de son black abrasif et tectonique le petit monde du metal noir, grondement antédiluvien qui semblait vouloir annoncer le retour de l’un des monstres les plus sacrés du metal slave. Décidément les signes ne trompent pas, et c’est désormais officiel : Saenko est de retour et a ressuscité l’un des groupes les plus dévastateurs du début des années 2000, l’impitoyable Hate Forest.
Enregistré en quelques jours d’avril 2020, ce cinquième album de la formation ukrainienne arrive sans crier gare comme un glaviot en pleine gueule. Non, la fureur slave ne s’est pas éteinte et gronde, sporadique et terrible, comme un volcan trop longtemps endormi qui cracherait soudainement toute sa haine en un jet incandescent de 38 minutes.

Hate Forest n’a pas changé et est resté totalement immuable depuis la sortie de Scythia en 1999 : les éructations inhumaines et haineuses de Saenko, dont le guttural nous dévoile les abysses les plus profondes, ce mur épais et granuleux de guitare, infranchissable barrage de notes incandescentes qui grondent comme un magma furieux, et la frappe lourde, sauvage et supersonique de cette boîte à rythmes qui nous harcèle et nous aliène, encore et encore, de ses coups sourds et vibrants.
Que dire ici qui n’ait pas déjà été dit sur la description des précédents albums ? Pas grand-chose, car Hate Forest n'évolue pas : une fois de plus, l’Ukrainien nous laisse peu de répit, à l’instar du riffing conquérant et annihilateur de Those Who Worship the Sun Bring the Night propulsé par un roulement de batterie martial et continu, infatigable, qui nous mitraille impitoyablement, et qui porte une voix de cauchemar. Quelques brèves respirations, où le feu de la boîte à rythmes cesse enfin, nous laissant reprendre notre souffle une poignée de précieuses secondes, puis c’est reparti pour cette chasse infernale, où nous sommes le gibier sanguinolent qui détale à toutes jambes pour ne pas perdre la vie ou, à défaut, la raison. La fin du morceau est un peu plus apaisée, certes toujours aussi intense, mais crachant quelques notes plus claires et vaguement mélodiques et surtout, Dieu merci, cet abominable grondement infernal s’est tu, laissant le soin aux seuls instruments de nous achever avec cruauté.
Le pilonnage reprend de plus belle sur No Stronghold Can Withstand This Malice qui porte quelques notes épiques et glaciales dans un ciel de cendre tandis que le long Anxiously They Sleep in Tumuli se déchire d’un long passage final poignant, dépouillé et aérien, plus lent mais tout aussi désolé, rappelant beaucoup Drudkh. Tout le long de ces six titres, on retrouve cette profondeur atmosphérique terrifiante (le superbe riffing de To the North of Pontos Axeinos, avec ces guitares lancinantes magnifiées par le roulement implacable des percussions) alliée à cette brutalité vorace, animale, qui nous consume et nous laisse littéralement sur le carreau.

L’ensemble est bien évidemment toujours aussi dépouillé, minimaliste et hostile, cette musique de fin du monde ne s’encombrant d’aucun artifice pour faire éclater sa fureur - des claviers ? Pour quoi faire ? -. Certes, l’effet de surprise est passé, et concrètement Hour of the Centaur n’apporte rien à la discographie de Saenko, d’autant que Tectonics nous avait asséné quelques mois plus tôt une branlée à la violence inouïe dont je ne me suis personnellement pas encore relevé. Si l’on voulait être cynique, on affirmerait à juste titre que ce nouvel album se contente de reprendre les meilleurs éléments de Battlefields et de Sorrow plus de quinze ans après, point barre. Ce n'est pas faux, mais c’est justement ça qui impressionne, que tant d’années après, cette colère et cette négativité soient toujours intactes, jaillissant avec une pureté si immaculée, avec autant de force et d'intensité, comme si Saenko avait été cryogénisé durant toute cette période et que les vicissitudes du monde extérieur n'avaient eu aucune influence sur sa musique et cette haine primale qui l'anime.

Comme le présente Osmose, « This is laconic and honest black metal crafted on Old Europe’s eastern frontier, full of disgust to modern pseudo-intellectual, selfie/Instagram black metal ».
Qu’ajouter de plus ? Si les amis de la nature peuvent aujourd’hui légitimement s’inquiéter de la disparition de la biodiversité et des menaces qui pèsent sur l’Amazonie, poumon vert de notre planète, il n’y a a priori aucun souci à se faire pour cette Forêt millénaire dont les germes se nourrissent d’un dégoût et d’une haine inextinguibles, infinis, immortels, qui ne s’éteindront probablement qu’avec la fin de l’espèce humaine…

2 Commentaires

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scrattt - 23 Janvier 2021:

Merci pour cette chronique, je m'étais repassé Purity et Sorrow y a pas longtemps, toujours aussi efficace et prenant, du coup ce petit dernier me tente bien. Je ne connais pas Precambrian et son Tectonics par contre, je vais aller approfondir ça de plus près ; )

Ghul - 23 Janvier 2021:

Excellente surprise, ce retour de HATE FOREST. C'est une de mes découvertes récentes préférées avec le nouveau méfait d'ABIGOR, dans un style moins traditionnel. Merci pour ta chronique !

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