Gods Without Name

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Nom du groupe Aoratos
Nom de l'album Gods Without Name
Type Album
Date de parution 22 Mars 2019
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 Parallax I
Ecouter03:51
2.
 Holy Mother of Terror
Ecouter04:13
3.
 Of Harvest, Scythe and Sickle Moon
Ecouter05:19
4.
 Gods Without Name
Ecouter07:03
5.
 Thresher
Ecouter05:56
6.
 The Watcher on the Threshold
Ecouter04:53
7.
 Prayer of Abjection
Ecouter04:09
8.
 Dread Spirit of the Place
Ecouter06:52
9.
 Parallax II
Ecouter02:32

Durée totale : 44:48

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Aoratos



Chronique @ Icare

15 Avril 2019

Pour les amateurs de Nightbringer, Bestia Arcana et ceux qui n’ont pas peur de se perdre définitivement dans les abysses

Lorsque la tête pensante de Nightbringer et Akhlys annonce qu’elle va fonder un nouveau groupe, on se doute bien que l’on ne va pas lorgner vers le post black shoegaze ou le black mélo à tendances gothiques. De fait, l’annonce de la formation d’Aoratos avait déjà de quoi réjouir les adeptes du Mal, et ce Gods Without Name était déjà attendu au tournant par les inconditionnels de ténèbres musicales. Naas Alcameth, Nox Corvus et Menthor se réunissent donc pour une nouvelle invocation, et pour le maître de cérémonie, les choses sont claires : « Je veux qu’à l’écoute de cet album, l’auditeur ressente de la désolation, de la crainte, de l’effroi ». Avant même que le premier glas ne sonne, la messe semble dite.

Et c’est Parallax I, longue intro ambiant autant que morceau à part entière, qui a la lourde responsabilité de nous immerger lentement dans les profondeurs, nous imbibant de cette noirceur savamment orchestrée aussi fascinante qu’horrifique. Crépitements et murmures diffus, soupirs et autres bruits profanes des profondeurs se mêlent à des cordes qui chuchotent leurs mélodies orientalisantes condamnées depuis des millénaires dans les entrailles de la terre. La batterie et les guitares viennent sortir ce leitmotiv maudit de sa torpeur, et l’ensemble expire et vient se fondre dans Holy Mother of Terror, qui reprend ces notes arabisantes et démoniaques et les noie dans un océan de guitares mortes et distordues qui flottent comme mille spectres dans ces ténèbres sans fond. Les guitares grincent, le chant incantatoire de Nox Corvus résonne sous les immenses voûtes noires, la batterie se fait laconique avant de dérouler un tapis de double pédale mouvant et inhumain qui imprime un rythme obscène à ces riff boursouflés et sifflants, puis après une courte montée en puissance, à 2,05 minutes, c’est l’explosion : les grattes nous harcèlent de leur bourdonnement aigu et infernal, et une pluie de blasts ultra rapides s’abat impitoyablement sur nous.

On sent bien la volonté d’Aoratos de nous offrir la quintessence d’un black orthodoxe spirituel, religieux et personnel dans toute sa noirceur, avec ces guitares décharnées et acides qui nous rongent et cet enrobage ambiant omniprésent qui vient rajouter une couche de brume et d’occultisme à ces 44 minutes. Le son est parfait pour ce genre d’incantation et participe à l’identité du groupe, noyé de saturation mais néanmoins net, savamment étouffé par ces tonnes de granit et ces millénaires d’oubli, comme provenant des entrailles de la terre, et la musique même du groupe est assez unique, totalement possédée et ritualiste, enveloppée par ces plages ambiant crépusculaires aux lourds relents d’encens. On reconnaît immédiatement la patte de Naas Alcameth, et la filiation avec Bestia Arcana surtout est évidente. On alterne donc sur neuf titres entre déchaînements furieux où blasts, guitares stridentes et hurlements black nous laminent et passages plus lents, graves et solennels, faux calme après la tempête et qui annonce déjà la suivante, durant lesquels on erre misérablement à la recherche des débris de notre esprit défait. C’est sur ce principe que s’articule le long morceau éponyme, tour à tour rampant et colérique, ces guitares aiguës dominant toujours sournoisement le chaos primal pour venir nous assaillir de leurs mélodies hantées.

L’ambiance est assurément l’un des maîtres mots de ce premier full length, loin devant la brutalité, qui, passé le choc des deux premiers morceaux, devient rapidement stérile car trop répétitive. En effet, le propos musical des Américains manque de variations pour nous tenir en haleine du début à la fin, et malgré quelques excellents passages (le véloce Thresher et sa pluie de notes lucifériennes aussi lumineuses que démoniaques qui rappelle Nightbringer, le début majestueux et mystique de Dread Spirit of the Place), l’hermétisme et la redondance de l’ensemble empêchent une immersion totale.
En revanche, ce sentiment d‘horreur et de cauchemar que le groupe veut nous faire ressentir est omniprésent, et ce rituel macabre qui mêle grandeur et décadence fait réellement froid dans le dos, distillant une terreur diffuse qui nous fige, nous hypnotise et nous domine, les passages les plus lents et caverneux étant paradoxalement plus effrayants que les attaques frontales à la puissance certes dévastatrice mais dont les trop nombreux blasts finissent par lasser.

Pour conclure, Gods Without Name est un bon album de black metal, à la fois brutal, rapide et intense et aux ambiances prenantes et travaillées mais d’une homogénéité tellement anxiogène et compacte qu’il nous suffoque avant même de nous envoûter complètement. Une belle descente aux enfers donc, à recommander en priorité à tous les amateurs de Nightbringer, Akhlys et Bestia Arcana ainsi que tous ceux qui n’ont pas peur de se perdre définitivement dans les abysses.

Roots deep down
Neath rock and clay
Unto the heart
To the one I pray

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