God Sun

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15/20
Nom du groupe Blind Roller
Nom de l'album God Sun
Type Album
Date de parution 1997
Labels Brennus Music
Style MusicalHeavy Rock
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Courage
 03:40
2.
 Everything Bites
 06:12
3.
 The Black Widow's in Love
 05:20
4.
 Distinguished Animals
 04:30
5.
 Judgement Day
 04:30
6.
 Running Away
 04:45
7.
 Mae - Prelude to the Night
 02:45
8.
 Symphony of Dead
 01:20
9.
 Bring Your Daughter to the Slaughter (Iron Maiden Cover)
 03:32
10.
 God Sun
 05:25
11.
 Waitin' for the Night
 04:38

Durée totale : 46:37


Chronique @ TasteofEternity

20 Octobre 2020

Les années ne semblent pas avoir de prise sur cette pépite.

Blind Roller ?! Dans le genre inconnu au bataillon, le concept se pose là, et pourtant…

1997 ne sonne pas comme une année remarquable dans le nombre comme dans la qualité des sorties d’albums de Metal français, avec un peu de recul. C’est en replongeant la tête dans mes vieux mags que je suis retombé, complètement par hasard, sur un encart les concernant.
Il y a 20 ans, s’intéresser à un groupe imposait de trouver et investir dans le cd pour l’écouter, aujourd’hui, avec internet, en deux clics, on trouve presque tout. Je m’exécute donc, et je commence à comprendre que j’aurais gagné à le faire un peu plus tôt. La découverte de ce Heavy Rock racé et classieux mérite qu’on le reconsidère, quel que soit le nombre d’années qui nous sépare de sa sortie, car il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Pendant l’écoute, j’en profite pour sonder la toile afin de dessiner les courbes de la carrière du groupe à grands traits. Surprise, plus j’avance dans l’écoute, et plus mon enthousiasme est stimulé face à un Heavy Rock épuré mais accrocheur. Je me rends compte que Blind Roller, créé en 93, a explosé en plein vol peu de temps après la sortie de cet album.
En effet, les Marseillais avaient été propulsés sur le devant de la scène grâce à un alignement d’étoiles initial spectaculaire : la victoire à un concours régional en 96 leur permit de décrocher un deal pour enregistrer un 4 titres au NSR Studio, qui débouchera sur un enrôlement dans le roadster de Brennus pour la sortie de "God Sun", premier et unique album, réalisé en 97. Des concerts sont alors programmés pour alimenter la promo, ainsi que quelques interviews dans des mags plus ou moins spécialisés ; Hard Rock Mag avait senti un frémissement du côté de la Canebière, et les avait fait paraître sur une de leurs compiles mensuelles.
Sorti de là, patatras, les chiffres de vente n'encouragent pas Brennus à relancer l'enregistrement d'un nouvel album, et le groupe se retrouve débarqué sur le bord de l’autoroute. Ils tentent de se relancer avec l’intégration d'un clavier et sortent un EP auto-produit en 2000, "Carnevil of Love", puis plus rien.

Force est de constater que ce genre d’histoires est monnaie courante dans le milieu artistique. Lemmy l'illustrait avec un certain aplomb quand on l’interrogeait sur l’origine de son succès, le bonhomme ne se dérobait jamais, déclarant « j’étais juste au bon endroit au bon moment », sûrement que la qualité des compos et ses gracieuses pustules n’y étaient pas pour rien non plus.
L’endroit, la France, plus précisément le sud-est, n’a rien de désavantageux en soi, hormis un déficit criant en structures d’enregistrement et un public peut-être, des broutilles en somme ; mais le moment, lui, peut apporter quelques réponses au non-repérage d’un groupe au potentiel digne d’intérêt.
La fin des années 90, c’est l’avènement de Manson, NIN, du Néo-Metal, et de ses productions bombastiques. C’est un renouvellement des rangs pour une toute nouvelle génération de headbangers, quand les anciens essaient désespérément de s’accrocher alors que la tempête fait rage dans les premiers rangs. Le Heavy se regonfle à grands coups de Power mélodique, le Death a disparu des écrans radars, le thrash s’est modernisé, et le metal en général connaît une révolution sonore avec de nouveaux maîtres à penser comme Ross Robinson, Trent Reznor, Bob Marlette, et Rhys Fulber, (en France, c’est Bubu en mode peroxydé qui produit Out, par exemple), des artificiers qui redéfinissent les contours d’un son boosté au moyen de samples, de lignes de basse vrombissantes, de blasts omniprésents, et autres surcharges d’effets en tous genres qui cachent souvent l’indigence créatrice de groupes en pleine quête d’eux-mêmes, quand il ne sont pas en reconstruction.

Blind Roller ne rentre absolument pas dans ce schème.
Chaque instrument représente un pilier en soi, qui joue son rôle, le tout au service d'un groupe, ou plutôt d'un ensemble. La section rythmique tient la baraque sans verser dans la démonstration, la batterie ne s’emballe jamais, oubliées la double-pédale et les accélérations à l’emporte-pièce pour meubler ; c’est carré, propre, froid, mais diablement efficace.
Les guitares sonnent heavy et plaquent du riff béton qui groove en contrastant avec la précision chirurgicale de la rythmique, mais le point fort du groupe se révèle dans la puissance vocale de Sébastien Nigues, qui n’a d’égal que sa justesse, apportant ce grain de folie dont le groupe a grandement besoin pour éviter de passer inaperçu.
Le bonhomme fait parler la poudre et permet à des chansons en apparence passe-partout de prendre des reliefs inattendus ("Everything Bites", "Distinguished Animals"). Une voix qui sait briller, accompagnée du groupe, ou seule, sur quelques accords en acoustique ("Waitin' For the Night"). Des voix comme ça sur le circuit à cette époque, elles sont rares, d’autant plus lorsqu’elles s’exposent dans la langue de Shakespeare, sans nous faire saigner les oreilles.
Et la petite troupe se sent suffisamment en confiance pour nous caler une reprise en milieu-fin d’album de Maiden, un "Bring Your Daughter" qui coule dans un registre épuré au possible, dont il se dégage une impression de facilité désarçonnante.

La production, assurée par Dominique Masset (Dream Child), a fait le pari d’une réalisation minimaliste pour mettre en avant son atout number One, la voix de Sébastien Nigues, et pour le coup, difficile de lui donner tort. Cette production qui contraste avec les produits de l'époque a pour elle d'assurer une longévité à l'album, sans l'enfermer dans un son propre à une décennie ; même si les influences demeurent les classiques du Heavy des 80's. Ce type de production a pour elle un autre atout, celui de pouvoir laisser libre court aux inspirations du groupe en live, terrain de chasse privilégié du rock dans tous ses états. Il paraît que c’était le feu…

L’heure était venue pour moi de rendre hommage à un groupe qui aurait pu jouer des coudes avec les têtes d’affiche françaises du moment sans avoir à rougir ; mais qui, par un incroyable concours de circonstances, a disparu aussi vite qu'il était apparu. Le sort en a voulu ainsi, que cela ne nous empêche pas de dépoussiérer une pépite du Metal français bien cachée.

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