Firepower

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Nom du groupe Judas Priest
Nom de l'album Firepower
Type Album
Date de parution 09 Mars 2018
Labels Epic Records
Style MusicalHeavy Speed
Membres possèdant cet album167

Tracklist

1.
 Firepower
 03:26
2.
 Lightning Strike
 03:28
3.
 Evil Never Dies
 04:22
4.
 Never the Heroes
 04:23
5.
 Necromancer
 03:32
6.
 Children of the Sun
 03:59
7.
 Guardians
 01:06
8.
 Rising from Ruins
 05:22
9.
 Flame Thrower
 04:33
10.
 Spectre
 04:25
11.
 Traitors Gate
 05:42
12.
 No Surrender
 02:53
13.
 Lone Wolf
 05:08
14.
 Sea of Red
 05:50

Durée totale : 58:09

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Judas Priest


Chronique @ Eternalis

01 Avril 2018

"Firepower" est l’album que nous n’osions plus espérer ! Un pur opus 80s puissant et racé, aux titres "In your Face"

Ce qui est magnifique avec les adages, c’est que chacun possède son exact opposé. Lorsque l’on évoque un nouvel opus d’un légende telle que Judas Priest, on est toujours soucieux de se dire si celui qui correspondra le mieux sera « Les légendes ne meurent jamais » ou « On ne peut être et avoir été ».
Le temps passe et fait des ravages sur ceux qui ont façonné le style que nous aimons tant. Iron Maiden continu, presque seul, a vouloir aller de l’avant et innové mais Bruce Dickinson nous a fait une frayeur avec sa tumeur à la gorge tandis que Nicko McBrain avoue à demi-mots que le physique devient difficile à tenir derrière sa batterie. Black Sabbath n’a pas eu cette chance puisque Dio a succombé à un cancer tandis qu’Ozzy n’est plus qu’un fantôme. Pour terminer le triplette britannique, Judas Priest a perdu il y a quelques années son emblématique KK Downing car ce dernier n’était plus satisfait des performances live du groupe, performances que Richie Faulkner (de presque trente ans son cadet) a intensifié de son feu sacré et avec une aisance impressionnante, comme s’il avait toujours fait partie intégrante de ces dieux du metal, jouant avec Rob Halford et Glenn Tipton comme s’ils les côtoyaient depuis des années.

Cependant, si un concert de Judas est toujours un évènement en soi (souvenir d’un mémorable show en 2011 sur la tournée Epitaph), les opus studios sont, depuis le retour du Metal God au micro au mieux convaincants au pire très moyen. Si "Angel of Retribution" jouant la vibe nostalgique avec une musique classique et sans surprise, "Nostradamus" avait peut-être été vu trop beau et le combo, pas forcément habitué aux jalonnements progressifs (moins que Maiden en tout cas), s’embourbait dans un double opus où la moitié des titres étaient justement dispensable. Quant à "Redeemer of Souls", son feeling 70s ne cachait pas une production approximative qui était sauvée par quelques titres très forts. Et quand "Firepower" est annoncé avec comme préambule l’absence de Gleen Tipton sur la prochaine tournée à cause de sa maladie de Parkinson devenue trop invasive, on se dit que le temps est vraiment sans pitié pour ces légendes qui devraient peut-être prendre une retraite tant méritée. Mais "Firepower" commence à tourner et quelque chose nous interpèle…est-ce que ces types (hormis Richie) ont bien entre soixante et soixante-dix ans ? ? ? Car "Firepower" est l’album que nous n’osions plus espérer ! Un pur opus 80s puissant et racé, aux titres hymniques, courts et « in your face » qui sonnent déjà comme des classiques ? Exagérer ? A peine …

Le titre éponyme débute sur un riff simple et rentre dedans, le tempo est lourd et Rob impressionne de pouvoir chanter de façon aussi précise et puissante malgré le poids de l’âge. La production est rugueuse, moderne et tranchante comme Andy Sneap sait si bien le faire, lui conférant tout juste la modernité qu’il faut pour s’ancrer en 2018 sans jamais dénaturer l’essence du Priest. Les soli de Richie sont hurlants, la batterie de Scott Travis claque comme sur Painkiller et on se dit que le titre serait sorti en 1992 ou 1993 qu’on n’en serait pas choqué. Et cela va continuer !
"Firepower" est un condensé de titres heavy souvent mid-tempo, maitrisé, parfois lourds ou plus énergiques, mais avec une inspiration retrouvée, un feeling ne sentant pas le réchauffé et une prestance que ne possédait pas du tout les précédents albums.

D’un "Lightning Strike" sous forme d’hymne au plombé "Necromancer" (sur lequel Rob retrouve ses petits hurlements typiques) en passant par le hard "Flame Thrower" et son riff très épais ou encore le lent "Children of the Sun" et son refrain entêtant, Judas fait mouche dans tous les compartiments, coche tous les éléments du cahier des charges mais, en plus de les respecter, parvient à se transcender pour montrer qu’il peut toujours se mouvoir en patron. "Never the Heroes" s’ouvre par exemple sur une mélodie sublime, une descente de toms vrombissante et surtout un refrain posé et hymnique qu’on s’entend déjà chanter avec des milliers de poitrine autour de nous, au milieu d’une foule.
Parlons également de "Guardians", interlude au piano joué par Tipton pour ouvrir le majestueux "Rising from Ruins" au riff lourd et pesant, porté par la voix imposante d’Halford pour l’un des titres les plus progressifs de l’album, beau et porté par un vocaliste qui semble plus en forme qu’il y a quinze ans. Le solo est long, mélodique, dans la pure lignée des années 80 et n’aurait pas dépareillé à côté d’un "Blood Red Skies" ou d’un "Night Crawler".

Là où on regrette que certains groupes regarde en arrière, cela sonne comme un regain de vitalité pour le Priest qui sort surement son meilleur disque depuis son retour et surtout un album qui sonne comme la suite logique des "Screaming for Vengeance", "Defenders of the Faith", "Ram it Down" et "Painkiller" (je mets volontairement "Turbo" à part qui est le plus différent des opus des années 80). Il y a "Traitors Gate" et son riff très heavy porté par la voix tout en nuances de Halford qui alterne entre le grave et certaines attaques dont il a le secret ou encore la superbe "Sea of Red" qui clôture et parachève "Firepower" d’une aura finalement assez rare chez les britanniques. Une longue ballade, comme "Angel" par exemple, se terminant sur des chœurs conférant un aspect quasiment lyrique à l’ensemble.

"Firepower" peut se targuer d’être une sacrée renaissance pour un groupe qui certes n’a plus rien à prouver mais inspire toujours une certaine crainte lorsqu’un nouvel opus voit le jour. Il est un digne successeur aux grands classiques et défendra fièrement sa place sur scène aux côtés des indéboulonnables du genre. Quel dommage que l’emblématique paire de guitaristes Downing / Tipton n’aura plus aucun représentant (Glenn sera remplacé par Andy Sneap sur la tournée), comme si une page se tournait définitivement. La dernière ?

To Be Continued …

25 Commentaires

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ELECTRICMAN - 06 Juillet 2018:

Après plusieurs semaines d'écoute je dois admettre que ma position a changé et que cette dernière oeuvre est vraiment très bonne. J'ai rarement entendu un son alliant puissance et clarté à ce point, magnifiant les compos. Est-ce la présence d'ANDY SNEAP qui a engendré ces quelques clins d'oeil à MEGADETH et ACCEPT, pour mon plus grand plaisir ?

Mon bémol est la présence de trop de titres (j'aurais viré necromancer, children of the sun et lone wolf et modifié l'ordre des titres pour rééquilibrer l'album).

 
David_Bordg - 08 Juillet 2018:

Ah toi aussi tu les as entendu ses clins d’oeil!

LeMoustre - 17 Juillet 2018:

Lightning Strike, on le croirait extrait d'un bon Manowar. Au dela des clins d'oeil, très bon disque pour ma part et très surpris de sa qualité, surtout vu l'âge des musiciens. Un bon 16/20.

 
David_Bordg - 19 Juillet 2018:

Génial est toujours le mot d'actualité pour qualifier ce nouveau PRIEST!

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Chronique @ nicko11

12 Avril 2018

Judas Priest nous livre avec ce « Firepower » l’œuvre ultime de pur Heavy Metal

Si les prémices du Heavy Metal sont à chercher du côté de Cream, Jimi Hendrix, Blue Cheer, Steppenwolf ou les Yardbirds (groupe qui donnera naissance à Led Zeppelin), c'est bien Black Sabbath qui a posé les fondements du genre pour en devenir le créateur ultime. La plupart des amateurs de rock seront d'accord là-dessus.

Mais comment aurait évolué ce style musical sans l'avènement de Judas Priest (et Mötörhead) à la fin des années 70? En pleine explosion Punk, les "Metal Gods" réussirent à canoniser le Metal pour lui conférer jeunesse éternelle et modernité absolue. A l’origine de la fameuse New Wave Of British Heavy Metal du début des 80’s, principale influence du Power Metal (les groupes allemands bénissent Judas), plébiscité par les thrashers, le quintet anglais dont les riffs métalliques ont eu des répercussions indéniables a touché toutes les sphères du Heavy Metal … En ce sens, l'importance historique de Judas Priest est capitale et, dès les années 80, le groupe a méritoirement accédé au panthéon de l'histoire du rock.

Malgré deux excellents extraits dévoilés en avance, les nouvelles n’étaient pas excellentes concernant l’actualité du groupe ces dernières années : départ de K.K. Downing en 2011 (magistralement remplacé par Richie Faulkner) et plus récemment Glenn Tipton qui se voit dans l’obligation de faire une croix sur la prochaine tournée à cause de la maladie de Parkinson (remplacé par le co-producteur de Firepower, Andy Sneap). Ce qui, heureusement, n’a en rien altéré ses talents de compositeur, bien aidé par la fraîcheur de Faulkner et la bonne forme retrouvée de Rob Halford.

Visuellement, la pochette du disque nous rappelle volontairement celle de « Screaming for Vengeance ». Ce clin d’œil évoque-t-il un retour aux sources après l’ambitieux « Nostradamus » et l’inégal « Redeemer Of Souls » ? Exactement ! Et c’est plus qu’une réussite, c’est une vraie claque qu’on prend en pleine tronche tout au long de ces 14 titres !
Le véritable tour de force de Firepower c’est cette idée de génie d’en confier les rênes à deux producteurs de renom : l’emblématique Tom Allom pour le côté rétro (pour rappel, LE producteur du Priest dans les 80’s) et l’excellent Andy Sneap pour la modernité et le gros son. Point de conflits de générations ici, la recette fonctionne à merveille et saute aux oreilles dès le premier titre, à savoir la plage titulaire de l’album (« Firepower »).

Les titres s’enchaînent dans un tourbillon de gros riffs, de tempos lourds ou plus speed bastonnés par la section rythmique Travis/Hill. On est aussi impressionné par le travail vocal d’un Halford en forme qui utilise son organe intelligemment en modulant à merveille les capacités actuelles de sa voix selon les ambiances. De l’hymne typiquement Judas « Lightning Strike » aux plus menaçants « Evil Never Dies » ou « Necromancer », le Metal God assure et sait se montrer rageur ou vicieux quand il le faut. Clairement, on navigue dans une sorte de condensé de tout ce que le Priest a proposé de mieux entre 1980 et 1990. Riffs mordants et d’une efficacité insolente, batterie percutante, vocaux travaillés avec de gros refrains et duos de guitares mélodieuses. Tout ça en évitant soigneusement l’auto-parodie grâce à une créativité bien présente sur chacun des titres de l’album.

Vers le milieu de l’opus arrive, mesdames et messieurs, une vraie perle sur deux plages constituée d’abord de « Guardian » qui est en fait la magnifique intro au piano du splendide « Rising From Ruins ». La montée des harmonies de l’intro est un pur moment de grâce et la suite a tout pour devenir un classique du Heavy Metal évoquant des brûlots tels que « Night Comes Down » (1984 sur Defenders Of The Faith) ou « A Touch Of Evil » (1990 sur Painkiller).

Alors qu’on pourrait s’attendre à une légère baisse de régime, on est surpris par une véritable montée en puissance dans cette seconde partie de l’œuvre. « Spectre » ou encore « Traitor’s Gate » nous en mettent encore plein les oreilles en proposant des riffs killers et des soli de toute beauté. On a même droit à un véritabe Hit Heavy avec « No Surrender » dont le refrain viril nous martèle la mémoire pour mieux nous empoisonner.
Après la lourdeur sabbathienne de « Lone Wolf », on termine en semi-douceur avec la power ballade « Sea Of Red » qui, si elle ne se rapproche pas de l’excellence d’un « Victim Of Changes », n’en demeure pas moins de qualité et remarquablement interprétée.

Sans frioritures et avec une classe énorme, Judas Priest nous livre avec ce « Firepower » l’œuvre ultime de pur Heavy Metal, à ranger parmi ses plus grands classiques de la période 80-90 que sont « British Steel », Screaming for Vengeance » et « Painkiller ».
Près de 45 années de carrière et 45 millions d’albums vendus plus tard, le Priest impressionne et donne le sentiment que, tel un boxeur dans un combat de légende, il vient de donner son dernier uppercut tout en puissance et en maîtrise lors du dernier round, pour remporter son ultime combat. Les usurpateurs sont KO et le public se lève, admiratif, applaudissant à tout rompre la démonstration symbolique de cette « puissance de feu » (Firepower).

6 Commentaires

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nicko11 - 13 Avril 2018:

Merci les gars ;-) 

 
barneyross - 14 Avril 2018:

Epic et Classique, les créateurs d'une branche originel du métal qui arrivent encore a créer un chef d'oeuvre.

hadsonners - 22 Avril 2018:

Merci pour cette chronique très instructive et passionné !

 
David_Bordg - 03 Mai 2018:

un des grands moment de l'année métallique, c'est certain! Et j'adore ta conclusion.

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