Continuum

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Nom du groupe Cathubodua
Nom de l'album Continuum
Type Album
Date de parution 25 Octobre 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1.
 Dawn
 01:19
2.
 Abyss
 04:45
3.
 Hero of Ages
 05:00
4.
 Hydra
 05:05
5.
 The Tempest
 01:57
6.
 The Fire
 04:23
7.
 My Way to Glory
 04:06
8.
 The Chasing Horde
 01:23
9.
 A Treacherous Maze
 04:46
10.
 Legends
 03:15
11.
 Nightfall
 04:16
12.
 A Tale of Redemption
 02:58
13.
 Deified
 03:54
14.
 Apotheosis
 10:26
15.
 Dusk
 01:41

Durée totale : 59:14


Chronique @ ericb4

12 Janvier 2020

Premier coup de maître engendré par la formation belge...

Nous ayant laissé sur une note positive à l'aune de son introductif EP « Opus I : Dawn » réalisé en 2016, le combo belge revient en force, muni de son premier et présent album full length « Continuum ». Durant les trois années séparant ces deux opus, le collectif n'est nullement resté terré dans l'ombre, loin s'en faut, ce dernier ayant multiplié ses apparitions lors de concerts et festivals renommés (FemME, Black Out Bash...) et partagé la scène avec moult formations aguerries (Grave Digger, Battle Beast, Dyscordia, parmi tant d'autres) ; autant de prestations ayant contribué à lui assurer une réputation grandissante sur la scène rock/metal internationale. Période fructueuse durant laquelle nos acolytes se sont parallèlement attelés à la création et à la finalisation de ce nouvel arrivage ; une galette généreux de ses 15 pistes égrainées sur un ruban auditif de près d'une heure, sortie chez le puissant label allemand Massacre Records. Indices révélateurs d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de l'escadron belge...

Dans ce dessein, le line-up a subi quelques remaniements qui en ont redéfini le contenu. A bord du vaisseau amiral, nous accueillent désormais : la mezzo-soprano Sara Vanderheyden (Ilusen's Fallacy), la violoniste Katrien Van den Hurk (ex-Innervate), le bassiste Peter Thielemans, les guitaristes Kenny Callebaut et Kyron Vannufelen (en remplacement de Roel Ruzicka), et le batteur Ricardo Lievano Flores (Oxus, ex-Gunsblaze), succédant à Kevin De Leener, Arely De Waegeneer, William Bloemen et Daan Douma. De cette nouvelle collaboration émane une œuvre metal mélodico-symphonique progressif aux relents folk conjuguant judicieusement les empreintes de Nightwish (première période), Delain, Epica, Leaves' Eyes (seconde période), Eluveitie, After Forever, Lyriel et Amberian Dawn.

L'orgiaque traversée s'effectuera sans encombres, la luxuriante rondelle témoignant d'une production d'ensemble de fort bonne facture, à commencer par un mastering soigné, signé Ferry Duijsens, guitariste du groupe metal progressif néerlandais Vuur, et un mixage parfaitement équilibré entre lignes de chant et instrumentation, réalisé au Project Zero Studio, sous la houlette de Yarne Heylen et Bert Vervoort, bassiste et guitariste respectivement du groupe death metal belge Carnation. Aux fins d'un travail minutieux et de longue haleine en studio, ses armes logistiques et techniques s'avèrent aujourd'hui plus efficaces que naguère. Ayant placé la barre plus haute, on comprend que la formation belge caresse désormais le légitime espoir d'une inscription à long terme dans ce si concurrentiel registre metal. De quoi nous inciter à l'exploration en profondeur de la cale du navire en quête d'éventuels trésors enfouis...

A l'image de son prédécesseur, l'opus ouvre le bal par une brève entame instrumentale symphonico-cinématique, sans pour autant voir le schéma originel se répéter à l'identique. En effet, doté d'imposants choeurs samplés et d'une vibrante progressivité de l'instrumentation, le ''nightwishien'' « Dawn » fait plus qu'introduire le propos, il lui déroule le tapis rouge...

Le combo serait doté de cette rare capacité à concocter ces grisantes séries d'accords qui longtemps vous resteront gravées en mémoire, et ce, sans avoir cédé aux chimères d'une extrême accessibilité de ses sentes mélodiques. Ce qu'il prouve notamment eu égard à ses pistes les plus enfiévrées, d'ailleurs loin de manquer à l'appel. Aussi retiendra-t-on sans jambage « Abyss », vivifiant up tempo folk symphonique à mi-chemin entre Epica et Lyriel, emmené par une interprète bien habitée, disséminant ses puissantes impulsions corrélativement à un violon aussi délicat que libertaire et à une rythmique résolument sanguine. Dans cette dynamique, on ne résistera ni à l'échevelant riffing exhalant de « Hero of Ages » ni à la force de frappe jaillissant des entrailles de « Hydra », entraînants et pulsionnels efforts power symphonique aux airs d'After Forever et Eluveitie combinés, calés tous deux sur une ligne mélodique des plus enivrantes et des finitions aux petits oignons. Non moins éruptif, à la confluence entre Amberian Dawn et Leaves' Eyes, « My Way to Glory » nous livre de sémillants gimmicks guitaristiques tout en décochant de soufflantes montées en puissance du corps orchestral. Mais tel ne sera pas le dernier mot de nos compères...

Dans un souci de diversification atmosphérique, la troupe en vient cette fois à assombrir son tableau folk symphonique de glaçantes touches dark gothique. Ce qu'illustre « A Treacherous Maze », trépidant, énigmatique et engloutissant effort harmonisant les empreintes d'Eluveitie et Draconian. Doublé de sonorités orientalisantes, le crépusculaire méfait joue également sur les effets de contraste oratoire pour tenter de l'emporter, les claires modulations de la belle relayant les growls ombrageux d'une bête acariâtre. Et la magie opère. Un schéma qui tend à se reproduire à l'aune du vénéneux et saillant « Deified », ''tristanien'', angoissant mais poignant méfait, propice à nourrir nos nuits de cauchemardesques pensées. Et la sauce prend, une fois encore...

Dans une orientation progressive, le propos révèle également de séduisants atours et une ambiance propice à un headbang bien senti, in fine. Ainsi, à mi-chemin entre Revamp et Eluveitie, le violoneux mid tempo progressif d'obédience folk symphonique « The Fire » s'avère aussi enjoué que graduellement frondeur, ne nous laissant alors que peu le loisir de reprendre notre souffle. Dans cette énergie, on n'éludera pas davantage « Nightfall », vivifiant et intrigant effort metal symphonique progressif estampé After Forever, mené tambour battant par la diva, dont le filet de voix ne sera pas sans rappeler celui d'une certaine Floor Jansen (Nightwish, ex-After Forever, ex-Revamp...).

Quand elle consent à ralentir un tantinet le rythme de ses frappes, la formation belge trouve à nouveau les clés pour nous assigner à résidence. Aussi, octroyant d'insoupçonnées variations rythmiques et glissant sur une ligne mélodique hautement sécurisée, sur laquelle se greffent les ensorcelantes patines de la mezzo-soprano, c'est sans l'ombre d'une difficulté que le ''delainien'' mid tempo « Legends » aspirera le tympan du chaland.

Parfois, nos compères nous mènent en d'apaisantes contrées. Dans cette veine s'inscrit, d'une part, « A Tale of Redemption », troublante ballade atmosphérique progressif aux relents opératiques et à l'empreinte moyenâgeuse, dans la droite lignée de Xiphea. Sous-tendue par des nappes synthétiques graduellement enveloppantes et un violon résolument virevoltant, auxquels les frissonnantes et cristallines volutes la maîtresse de cérémonie viennent prêter main forte, la câlinante offrande ouvre peu à peu ses ailes, pour atteindre le point de non retour. Certes moins fortement chargé en émotions, le ''nightwishien'' low tempo progressif « The Tempest » jouit, quant à lui, d'un flamboyant solo de guitare précédé des confondantes envolées lyriques de la déesse. On regrettera simplement d'avoir à se contenter des deux brèves minutes de la soyeuse aubade pour nous sustenter.

Enfin, comme nombre de ses homologues, le combo nous octroie une plantureuse pièce en actes metal symphonique progressif ; un exercice de style aussi délicat qu'exigeant, tant espéré par le chaland que redouté par les concepteurs eux-mêmes. Aussi, c'est au cœur d'une piste épique, romanesque et sous-tendue par des arrangements ''nightwishiens'' que l'on déambule à l'instar de « Apotheosis » ; une opératique et palpitante fresque au carrefour entre Kamelot, Epica et After Forever, déroulant fièrement ses dix minutes d'un spectacle aux multiples rebondissements. Dans ce champ de turbulences s'inscrit un duo mixte en voix claires en parfaite osmose, les limpides oscillations de la belle répondant aux troublantes impulsions de son comparse, dont le grain de voix s'apparente à celui de Roy Khan (ex-Kamelot). Et ce ne sont pas les brefs mais fringants soli de guitare placés çà et là sur notre route qui ne débouteront de la chevaleresque et luxuriante livraison, loin s'en faut. Un masterpiece d'une rare intensité émotionnelle concocté par nos acolytes...

Comme pour boucler la boucle, l'enchanteur voyage s'achève comme il a commencé, sous couvert d'une altière et laconique outro instrumentale opératico-cinématique. Aussi, aux allures d'un générique d'une grande production hollywoodienne et doublé d'une doucereuse assise de choeurs, l'élégant « Dusk » ferme la marche, pianissimo...

Au terme de notre périple, un agréable sentiment de plénitude nous gagne, l'opulente galette jouissant d'une énergie aisément communicative, recelant un judicieux équilibre des forces entre low, mid et up tempi, révélant une frontwoman au faîte de son art, et témoignant d'une production d'ensemble que d'aucuns parmi leurs homologues pourraient avoir à leur envier. De plus, le propos s'avère éminemment diversifié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, à l'image des exercices de style dispensés, ouvrant dorénavant plus largement qu'autrefois le champ des possibles. En outre, chaque série de notes a sa raison d'être et bien rares sont les espaces de flottement et/ou les zones de remplissage concédés par nos compères.

Si leurs sources d'influence peinent encore à être totalement digérées, en témoignent certains harmoniques et schèmes oratoires, nos acolytes s'en seraient partiellement affranchis, livrant dès lors quelques séries d'accords de leur cru. Si l'on eût espéré davantage de prises de risques inscrites au cahier des charges, la troupe compense cette carence par une heureuse combinaison de styles, un usage approprié et original du violon et une esthétique mélodique difficile à prendre en défaut. Ce faisant, le pléthorique et frissonnant message musical aurait les armes requises pour générer quelque émotion chez l'aficionado du genre. C'est dire que le projet du combo a gagné en maturité compositionnelle ce qu'il n'a nullement perdu en efficacité. Six années suite à sa création, l'escadron belge domine véritablement son sujet, du moins suffisamment pour venir inquiéter ses concurrents sur leurs propres terres. Bref, une formation à suivre de près, de très près...

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