Confines of Silence

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Nom du groupe Crownless (PER)
Nom de l'album Confines of Silence
Type Album
Date de parution 21 Janvier 2018
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1.
 Feathers in Flames
 03:44
2.
 Contestatory
 03:56
3.
 Prophecy
 04:00
4.
 Legions of Him
 04:39
5.
 Black Heart
 04:20
6.
 Standing On
 04:43
7.
 The Unloved
 04:31
8.
 Fugitive of Light
 04:25
9.
 Sailing the Dark
 05:05

Durée totale : 39:23

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Crownless (PER)


Chronique @ ericb4

02 Avril 2018

A condition de s'affranchir de ses classiques, le quartet péruvien fera la différence...

Trois ans déjà que le groupe péruvien nous livra son introductif et réjouissant EP « Sigillum » puis, silence radio. Et s'il a pu s'illustrer sur la scène metal locale (International Female Metal Festival (à Lima (Pérou), entre autres), voire à l'international, à l'aune d'un mémorable duo entre Marive Iglesias et Liv Kristine (ex-Leaves' Eyes) au Metal Female Voices Festival (à Wieze, en Belgique) en 2015, ses apparitions se firent de plus en plus rares au fil des années. Bref, rien ne laissait présager de la viabilité du projet. En l'absence de tout single ou clip vidéo annonciateur d'une nouvelle livraison, on était même à deux de doigts de penser qu'il n'allait pas tarder à jeter l'éponge...

Contre toute attente, voilà donc nos quatre gladiateurs de retour, boostés par un bel élan créatif, à l'aune de leur tout premier album full length « Confines of Silence » ; auto-production d'un ruban auditif de 39 minutes où s'enchaînent sereinement 9 pistes, dont un titre emblématique de leur initiale offrande trônant en outro de l'opus. Une manière habile de ne pas renier leurs acquis tout en fixant l'avenir du regard. Selon votre humble serviteur, on peut subodorer que notre attente aussi longue soit-elle ne sera pas vaine. Lumière donc sur ce nouveau manifeste...

Tout comme son prédécesseur, ce propos jouit d'une qualité d'enregistrement de bon aloi et d'un mixage tout aussi ajusté, et cette fois, avec l'accent mis sur les finitions et des arrangements taillés au scalpel, signés Adolfo Gazzo, producteur de ce message musical. On comprend dès lors que nos quatre natifs de Lima (Marive Iglesias au chant ; Alvaro Fontana à la basse ; Pedro Bernales à la guitare et Joe Hoyle (Raped By Pigs, ex-Two Face Sinner) à la batterie) entendent ne plus jouer les outsiders programmés de leur registre metal, bien au contraire. Tout comme Abrasantia, Tetriconia ou encore Elessär, le quartet souhaite désormais faire partie des figures de proue du metal symphonique à chant féminin sur le territoire sud-américain. Un pari osé pour l'une des rares formations péruviennes de cette scène metal mais qui, au regard de cette nouvelle galette, est loin d'être perdu.

Toujours inspiré par l'univers symphonique mélodique et les arrangements instrumentaux de Nightwish et la touche power estampée Ancient Bards, eu égard à son riffing corrosif et soutenu, le collectif péruvien y a ajouté une touche personnelle sur certaines compositions de la rondelle ; celle qui, précisément, manquait cruellement sur leur production antérieure. De plus, un souffle d'inspiration mélodique renouvelé transparaît, sans pour autant que nos acolytes aient fait l'économie de qualités techniques, perceptibles sur l'ensemble du méfait. D'autre part, les textes des paroles témoignent là encore d'une fine plume de leurs auteurs. L'artwork de la jaquette d'inspiration fantastique renvoie, quant à lui, à un travail d'orfèvre réalisé par Mark Astorga, nous plaçant à des années-lumière du design figuratif et épuré de la pochette du précédent album. Le sera-t-on également à l'instar de ce set de partitions ?...

Dorénavant, le combo oriente son projet vers des espaces d'expression plus impactants qu'ils ne le furent jadis, révélant ainsi une réelle capacité à créer de mémorables séries d'accords. Ainsi, d'entrée de jeu, on est pris à la gorge par le tapping martelant du frondeur « Feathers in Flames », up tempo power symphonique dans la droite lignée d'Ancient Bards. Jouissant d'un flamboyant legato à la lead guitare dans la veine d'un Lanvall (Edenbridge) et d'une imparable ligne mélodique, ce hit ne tarde pas à disséminer ses refrains immersifs à souhait. Surmontées d'une solide muraille de choeurs, les magnétiques patines de la mezzo-soprano, quant à elles, prennent l'ascendant d'un battement de cils. Difficile également de résister au tourbillon de saveurs exquises que nous réserve son tempétueux voisin « Contestatory » tout comme « Black Heart », ravissante piste pop metal. Non sans rappeler Gwyllion à l'époque de « The Edge of All I Know » et doté d'insoupçonnées variations atmosphériques, le premier effort ne lâche pas sa proie d'un iota lorsque le second nous ensorcelle de ses sémillants harmoniques et d'une sente mélodique convenue mais radieuse.

Dans cette dynamique, le combo a opté pour une remastérisation du tubesque « Sailing the Dark ». On redécouvre alors l'épique effort, synonyme d'insoupçonnées variations de tonalité, rappelant un Nightwish des premiers émois. Ce faisant, le morceau décoche des couplets bien customisés, calés sur des arrangements passés au peigne fin et dotés d'une section rythmique éminemment vitaminée, à la suite desquels s'offrent à nous d'addictifs refrains. L'assistance des choeurs octroie un supplément d'âme à un morceau suave et débordant de vitalité, se superposant aux claires volutes de la déesse, l'ensemble se clôturant crescendo. Saisissant instant s'il en est.

Moins volontiers destinés aux charts, techniquement plus complexes, d'autres passages n'en révèlent pas moins une soif d'en découdre chez nos quatre mousquetaires. Ce que démontrent « Prophecy » et « Standing On » ; titres cinglants aux riffs acérés à mi-chemin entre Ancient Bards et Gwyllion et tous deux adossés à une rythmique sanguine Résolument voués à secouer le pavillon, ces rageurs propos offrent l'un comme l'autre de sémillants gimmicks tout en nous assénant les frappes sèches et véloces, quasi machinales, de l'intarissable batteur. Dans cette tourmente s'inscrit encore l'épique « Fugitive of Light » qui, au regard de ses franches attaques de riffs et d'un tracé mélodique résolument catchy, n'éprouvera pas l'ombre d'une difficulté pour nous aspirer en son sein.

Par ailleurs, quand il feint de ralentir un tantinet la cadence, le collectif péruvien s'ingénie à l'accélérer d'un tour de rein, parvenant alors à distiller une énergie aisément communicative. Ainsi, on retiendra « Legions of Him » à la fois pour ses effets de contrastes rythmiques, son enivrante touche folk dans la lignée de Lyriel, et les puissantes envolées lyriques de la déesse, mises en exergue par une chorale aux abois. Dans cette mouvance, le nightwishien « The Unloved » impose sa polyrythmie, ses délicats arpèges au piano, tout comme ses inattendus changements de tonalité. Dans ce champ de turbulences évolue un corps orchestral qui lentement s'intensifie et que suivent à la trace les inflexions d'une sirène touchée par la grâce.

Aussi effeuille-t-on un album à la fois nerveux et fringant, épique et sensuel, sans fausse note, jouant sur les contrastes rythmiques, les effets de surprise et ses qualités mélodiques pour nous séduire. Toutefois, si le production d'ensemble est soignée, les prises de risques restent rares, les cheminements harmoniques accusent parfois de sévères répétitions et, en dépit de quelques progrès, l'affranchissement des modèles identificatoires demeure encore problématique. On aurait également souhaité des exercices de style plus variés (ballades, instrumentaux, fresques...), un brin d'originalité et un corps oratoire plus épars qu'il ne l'est.

Pour l'heure, le groupe peut néanmoins caresser l'espoir de faire partie des valeurs montantes du metal symphonique à chant féminin à l'échelle locale. A l'international, nos compères auraient quelques chances de s'illustrer à condition de gagner encore en épaisseur artistique, de sortir de schémas atmosphériques plutôt classiques, pour espérer surprendre un public déjà sensibilisé aux travaux de leurs maîtres inspirateurs. A bon entendeur...


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