Coloured Funeral

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17/20
Nom du groupe Mercyless
Nom de l'album Coloured Funeral
Type Album
Date de parution 09 Octobre 1993
Labels Century Media
Produit par Colin Richardson
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album99

Tracklist

1. Spiral of Flowers 03:31
2. Mirrors of Melancholy 05:14
3. Travel Through a Strange Emotion 04:02
4. Forgotten Fragments 05:11
5. Contemplations 06:50
6. Agrazabeth 00:39
7. Serenades... (Into Your Limbs) 04:00
8. Naked Forms 03:01
9. Beyond God 03:34
Total playing time 36:02

Chronique @ Fabien

28 Août 2007
Suite à l’excellent Abject Offerings, Mercyless parvient à signer chez un gros label, le fameux Century Media, annonçant de gros espoirs pour le quatuor mulhousien. La formation, qui affiche toujours le même line up, comprenant notamment le redoutable Gérald Guenzi derrière les fûts, rentre alors aux studios TT en Allemagne, avec des moyens conséquents, enregistrant sous la houlette des experts Colin Richardson (Carcass, Bolt Thrower) et Tim Buktu (Massacra, Protector).

Muni une production ample et soignée, Coloured Funeral renferme un deathmetal de grande qualité, posé, sur une assise rythmique sans faille de Gérald Guenzi. Les guitares sont lourdes et apportent un regain de puissance, en opposition aux nombreux passages subtils, pour citer les breaks des excellents Mirrors Of Melancholy ou Forgotten Fragments, ou encore le refrain acoustique du fabuleux Strange Emotion. Tous les morceaux contiennent ainsi ces petits plus, qui leur confèrent cette grande richesse, se dévoilant écoute après écoute.

Or, malgré sa qualité indéniable et un contrat avec la puissante écurie Century Media, Coloured Funeral a le malheur de sortir en fin d'année 93, la période la plus chargée de l’histoire du deathmetal (albums de Dismember, Sinister, Hypocrisy Unleashed, Entombed, Carcass, Pestilence, Atheist, Malevolent Creation, Edge Of Sanity, etc.). Dans ces conditions, Mercyless parvient difficilement à s’imposer hors des frontières hexagonales.

D'une brillance équivalente à son redoutable prédécesseur, Coloured Funeral est un album à redécouvrir pour tous les deathsters ayant été submergés par la déferlante deathmetal de cette fin d’année 1993, et l’ayant dès lors occulté ou relégué trop rapidement aux oubliettes. La qualité intrinsèque de ses morceaux, paroles & musiques comprises, mérite en effet une écoute attentive, et permet ainsi à Mercyless de clore sa période deathmetal de façon exemplaire.

Fabien.

3 Commentaires

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jeffff - 30 Mai 2017: Rapide chro mais qui donne envie. Comme dit dans ton dernier paragraphe, je suis passé totalement à côté de ce groupe. La réédition prévue pour 2017 devrait me permettre de combler cette lacune.
LeMoustre - 20 Avril 2018:

Avec maintenant un recul suffisant, je trouve cet album meilleur que le précédent, sans en renier l'excellence. Mais on sent que Mercyless avait muri, et mieux défini son spectre musical. Rempli de titres prenants (cités dans la chronique), et dôté d'une mise en son parfaite, le second Mercyless mérite, grâce aux récentes rééditions Xenokorp, une redécouverte attentive.

Peut-être le meilleur album de death Français de la première période.

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Chronique @ TasteofEternity

12 Fevrier 2020

Le cœur meurtri d’Agrazabeth

Une fois la joie éphémère de tenir son premier album entre les mains, Mercyless repart sur les routes de France pour le défendre sur scène. En dépit d’une sortie retardée et d’une distribution difficile, Abject Offerings permet à Mercyless de s’attirer les faveurs du label Century Media, passant à la division supérieure, se plaçant aux portes de l’Europe.

1993, on reprend les mêmes et on recommence : le duo de choc, Otero/Viard, sous la houlette d’un Colin Richardson qui a continué à développer son art tout en ayant une connaissance approfondie des frenchies. La partition semble s’écrire d’elle-même, c’est magique ! Souvent lorsqu’on se laisse inspirer par certains esprits. Cependant, dès la première écoute de Coloured Funeral, on perçoit un véritable changement. L’agressivité des leads et la brutalité rythmique ont été revues et adaptées pour laisser la place à un ensemble compact et homogène qui dispense une intensité émotionnelle inattendue. Au lieu de nous rouer de coups et de nous crucifier, comme ce fut le cas sur Abject Offerings, Mercyless nous transperce le cœur sans sourciller. On passe de la torture médiévale à la frappe chirurgicale.

Le growl de Max se fait moins blasphématoire même si les paroles continuent d’être subversives, il approfondit sa technique vocale pour laisser échapper d’autres émotions qu’une simple haine viscérale. L’instrumentation emprunte le même chemin. Ainsi au lieu de se cantonner au rouge sang et au noir mortifère, le groupe monte en puissance techniquement mais sans démonstration aucune, étoffe sa gamme de couleurs, et propose un véritable voyage plutôt qu’une énième bataille. L’atmosphère, comme sur Abject Offerings, reste ici primordiale, le choc frontal proposé par le passé se meut en tornade crépusculaire.

Il se dégage de Coloured Funeral, derrière ce mur de sons, une forme de nostalgie romantique porteuse d’espoirs perdus et d’attentes insatisfaites. Quand un chanteur de la trempe de Max Otero évoque les fleurs sur Spiral of Flowers et Mirrors of Melancholy, puis les voyages, réels et oniriques, comme sur Travel Through a Strange Emotion, ce n’est certainement pas parce qu’il s’est rangé des bagnoles, ou a viré sa cuti pour se lancer dans le metal symphonique (il a sa fierté, à l’inverse de Misanthrope !!!). Il se laisse inspirer par des forces obscures et pluriséculaires au risque de s’ouvrir les portes d’autres dimensions. Chaque pacte engage des transformations profondes. Même s’il tente de s’évader, une profonde tristesse semble entacher cette œuvre. Ce ressenti est perceptible en particulier sur l'instrumental acoustique Agrazabeth. Un titre qui sonne comme une dédicace. Le malaise continue d'être palpable à travers des ralentissements rythmiques surplombés de riffs et soli lancinants, aussi puissants qu’éreintants comme sur Forgotten Fragments et Contemplations.

Cette mélancolie, un autre groupe s’en est fait l’apôtre, c’est évidemment Death. En particulier sur Human où certains morceaux renvoient à des questionnements intérieurs, au mal-être et à l'isolement. L'instrumental Cosmic Sea quant à lui emporte l'auditeur dans des paysages sonores d'une richesse insoupçonnée, qui ne sont pas sans rappeler ceux traversés sur Coloured Funeral, avec cette basse frondeuse commune aux deux œuvres. Chuck Schuldiner ne cachait pas ses émotions, sa musique n’étant que le reflet de ce qu'il ressentait. A la suite de la sortie de Coloured Funeral, Max et Chuck vont avoir la chance de partager une tournée européenne durant laquelle l’admiration du premier pour le second ne cessera de croître, Together as One.

En définitive, Coloured Funeral marque un profond changement d’atmosphère tout en conservant ses acquis dans la forme musicale, puisque le death metal, certes moins direct mais tout aussi intense, continue de couler à flots comme les larmes d’esprits chagrins.

« La rose est sans pourquoi ; elle fleurit parce qu’elle fleurit,
N’a souci d’elle-même, ne cherche pas si on la voit. »

Angelus Silesius in Le voyageur chérubinique (1657)



1 Commentaire

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tormentor - 13 Fevrier 2020:

Fantastique ce skeud cultissime !!!

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