Collateral

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14/20
Nom du groupe Meridian4
Nom de l'album Collateral
Type EP
Date de parution 08 Juin 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Earthquake
Ecouter06:57
2.
 Ashes of a Memory
Ecouter05:15
3.
 The Consecration
Ecouter09:00
4.
 There Will Be Light
Ecouter05:24

Bonus
5.
 Earthquake (Radio Edit)
 04:06

Durée totale : 30:42

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Meridian4



Chronique @ ericb4

04 Mars 2021

Premiers battements d'ailes et premier envol vers de célestes contrées...

Tenter de perdurer à son tour dans un registre metal symphonique à chant féminin désormais investi par un nombre croissant de jeunes loups aux dents longues relèverait de la gageure pour les vertes troupes. C'est pourtant ce redoutable défi qu'a souhaité relever tambour battant ce jeune sextet belge formé à Bruxelles en 2016. Inspiré comme tant de ses pairs par Epica, After Forever, Imperia, Xandria et consorts, le discret combo évolue dans un metal mélodico-symphonique progressif où s'harmonisent de seyants riffs de guitare, une double grosse caisse des plus mordantes, d'enveloppantes et gracieuses nappes synthétiques ; autant d'éléments conférant à son projet un caractère à la fois éminemment sanguin, volontiers épique et romanesque. A priori, rien qui ne puisse véritablement le singulariser de ses pairs. Et pourtant...

Prudent dans sa démarche car conscient des enjeux et des risques encourus à se lancer tête baissée dans l'arène, le nouvel entrant ne sortira son introductif single, « There Will Be Light », qu'en 2018, avant de revenir dans la course, un an plus tard, avec son premier EP, « Collateral », une auto-production modeste de ses 4 pistes (5 en comptant la version radio de « Earthquake » dont le clip vidéo s'en fait l'écho). Ce faisant, la frontwoman aux puissantes et limpides inflexions, Caro Brecht, les guitaristes Samuel Bronchart et Anthony Valle, le claviériste Hugo Nemes, le bassiste Wobi Cema et Morgan Pearcy à la batterie, nous plongent au cœur d'une œuvre aux lignes mélodiques finement esquissées, livrant d'élégantes et pénétrantes harmoniques, laissant entrevoir une technicité instrumentale déjà maîtrisée, n'accusant, en prime, pas l'ombre d'une baisse de régime. Bénéficiant, par ailleurs, d'un enregistrement de bonne facture, d'un mixage bien équilibré et d'une belle profondeur de champ acoustique, la rondelle s'avère propice à une sereine croisière sur une mer limpide à la profonde agitation intérieure...

C'est dans un chaudron bouillonnant que le chaland se trouvera plongé le plus clair de la traversée, avec bien souvent de galvanisants arpèges d'accords à la clé. A commencer par « Earthquake », mid/up tempo aux riffs en tirs en rafale à mi-chemin entre Epica et After Forever. Nous y attend alors un headbangant effort à la touche orientalisante surmonté d'une muraille de choeurs et encensé par les toniques impulsions de la sirène, dont les montées en voix de tête ne seront pas sans rappeler Floor Jansen (Nightwish, ex-After Forever). Ne relâchant la pression qu'en de rares instants, doté d'enchaînements intra piste des plus sécurisés, délivrant, par ailleurs, un fuligineux solo de guitare doublé d'une basse vrombissante et de sinueuses rampes synthétiques, et voguant sur une sente mélodique des plus grisantes, le brûlot n'aura pas tari d'armes pour asseoir sa défense. Un poil plus altier mais non moins offensif ni moins rayonnant, le vitaminé « Ashes of a Memory », lui, revêt l'aspect d'une ogive d'une puissance dévastatrice. Aussi, effeuille-t-on une solaire et cinglante offrande aux riffs aussi massifs qu'acérés, essaimant de soudaines et soufflantes accélérations du corps orchestral que tentent d'apaiser de délicats arpèges au piano, et mise en exergue par les saisissantes modulations d'une frontwoman bien habitée.

Quand il feint de ralentir un poil la cadence de ses frappes pour repartir de plus belle, le collectif parvient là encore à nous retenir plus que de raison. Ce qu'atteste « There Will Be Light », luxuriant et lumineux mid/up tempo aux riffs épais au carrefour d' After Forever, Epica et Xandria. Se parant d'une rythmique enfiévrée, dispensant un joli face à face entre une guitare léonine et un vénéneux serpent synthétique, calé sur un sillon mélodique apte à générer quelque émotion, recelant de gracieuses gammes pianistiques et de poignantes montées en régime du convoi instrumental, le tubesque single ne se quittera qu'avec l'indicible espoir d'y revenir sitôt l'ultime mesure envolée. Et ce ne sont pas les ensorcelantes volutes de la maîtresse de cérémonie, là encore escortée de sa garde rapprochée, qui nous feront lâcher prise, loin s'en faut...

Mais ce serait assurément à l'aune du si redouté registre des pièces en actes d'obédience metal symphonique progressif que le combo serait au faîte de son art. Ainsi, dans le sillage d'un Epica de la première heure, l'épique et tortueuse fresque « The Consecration » déploie ses quelque 9 minutes d'un spectacle aux multiples rebondissements, riche de ses inaliénables et fringants gimmicks guitaristiques, et jouissant de l'enveloppante empreinte vocale d'une chorale en faction. Abondant en contrastes atmosphérique, rythmique et vocal, ponctué de ponts technicistes du plus bel effet et à l'opportun positionnement, glissant le long d'une radieuse mais nullement mielleuse rivière mélodique, l'orgiaque et complexe méfait déploie des trésors d'ingéniosité pour nous rallier à sa cause ; un vaste champ de turbulences où cohabitent harmonieusement les claires patines et les growls glaçants de la belle. S'il s'avère un tantinet convenu eu égard à son architecture rythmique, l'exercice de style n'en réserve pas moins quelques surprises placées çà et là sur notre route tout en témoignant d'une technicité éprouvée mais non ostentatoire, et d'arrangements instrumentaux aux petits oignons.

A l'issue de notre tumultueuse et bien brève mais émouvante traversée, un doux sentiment de plénitude nous étreint, le combo trouvant sans mal les clés pour nous assigner à résidence. Doté d'une ingénierie du son plutôt soignée, témoignant d'un réel potentiel technique et transpirant la féconde inspiration mélodique de ses auteurs, le propos bénéficie par ailleurs de la charismatique empreinte vocale de sa talentueuse interprète, faisant de cet instant privilégié un moment de pure jouissance auditive. D'aucuns auraient sans doute requis l'une ou l'autre ballade, instrumental et/ou duo dans sa besace pour se sustenter. De plus, ne concédant pas l'once d'une prise de risque et encore terré dans l'ombre de ses illustres maîtres inspirateurs, l'opus manque, pour l'heure, d'épaisseur artistique. Mais pour son baptême de l'air, eu égard à la diversité atmosphérique et rythmique, et au modeste format de la livraison, le sextet belge s'en sort avec les honneurs. Premiers battements d'ailes et premier envol vers de célestes contrées...

Note : 14,5/20

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