Close and So Far...

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Nom du groupe Synaxaria
Nom de l'album Close and So Far...
Type EP
Date de parution 08 Décembre 2017
Style MusicalMetal Mélodique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Eternal Game
Ecouter05:12
2.
 Keep Your Soul Alive
Ecouter05:56
3.
 Light of My Sorrow
Ecouter03:50
4.
 Silence
Ecouter05:08
5.
 Sleep Tight
Ecouter04:17

Durée totale : 24:23

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Synaxaria



Chronique @ ericb4

19 Juin 2019

L'aventure continue sereinement pour le combo biélorusse...

Nous ayant laissés sur une impression plus que favorable à l'instar de son premier album full length « Sadness of Memories » (2015), qu'enchaînera un an plus tard le troublant single « Romantic Hearts Will Never Die », le prolifique combo biélorusse revient prestement dans les rangs. Et ce, muni de son quatrième EP 5 titres dénommé « Close and So Far... », une modeste auto-production succédant à « Later Life » (2010), « Autoritharianism » (2012) et « War » (2013), égrainée sur un ruban auditif de 24 minutes. Pour la mise en relief de son message musical, Dzmitry (chant, guitare, basse, claviers) et Natallia (chant et claviers), les créateurs du projet, et leurs acolytes dispensent une qualité d'enregistrement de fort bon aloi et un mixage bien plus équilibré aujourd'hui qu'hier. Conformément à ses aspirations premières tout en ayant fait évoluer son art, le collectif oeuvre désormais dans un metal mélodique, gothique, un brin symphonique et électro, dans la veine d'un certain The 69 Eyes, côté atmosphère et section rythmique, avec quelques relents de Nightwish, côté arrangements, et Therion, côté joutes oratoires.

A la lumière de ses passages les plus enfiévrés, comme elle nous y avait déjà sensibilisés, la troupe révèle de séduisants atours. Aussi ne pourra-t-on que malaisément esquiver l'entêtant refrain de « Keep Your Soul Alive », entraînant effort rock'n'metal gothico-mélodique à mi-chemin entre un Therion première période et The 69 Eyes. Voguant sur d'ondulantes rampes synthétiques, le souriant mais convenu propos typé mid-80s se double d'un fin legato à la lead guitare et des sensibles impulsions de Dzmitry. D'autre part, non sans rappeler les premières heures de feu Dark Princess, l'enjoué « Silence » captera l'attention du chaland tant pour l'efficacité de son tracé harmonique qu'au regard de ses soudaines accélérations percussives et de la légèreté des limpides ondulations oratoires du duo Natallia/Dzmitry. Autre hit en puissance à mettre à l'actif du collectif biélorusse.

Quand le convoi orchestral ralentit la cadence, le combo parvient, une fois encore, à encenser le tympan. Ainsi, tel un félin tapi dans les hautes herbes, attendant patiemment sa proie avant de fondre sur elle, le mid tempo « Eternal Game » nous octroie ses riffs effilés au gré d'une rythmique syncopée qui, peu à peu, s'épaissit et s'intensifie. Par effet de contraste, sur un mode quasi théâtral, le duo mixte en voix claires laisse entrevoir les graciles patines de la belle auxquelles répondent en écho les profondes inflexions de son comparse ; un corps oratoire magnifié par les virevoltantes et aériennes impulsions du Polifonica choir. Décochant ses roulements de tambour d'une régularité métronomique et évoluant sur une sente mélodique d'une confondante limpidité, le ''therionnien'' méfait se dote en prime de grisantes séries d'accords. Et la magie opère...

Que l'aficionado de moments intimistes se rassure, nos compères lui a concocté de troublantes séries de notes, celles qui, d'un battement de cils, s'inscriront dans sa mémoire pour ne plus en ressortir. D'une part, le pavillon sera-t-il naturellement magnétisé par l'enchanteresse ligne mélodique exhalant de « Light of My Sorrow », ; une somptueuse ballade atmosphérique et progressive mise en habits de soie par les angéliques et mélancoliques modulations de la maîtresse de cérémonie, que n'auraient reniée ni Therion ni Nightwish. Sous-tendu par de délicats arpèges au piano, un fin picking à la guitare acoustique et une flûte gracile, l'instant privilégié nous plonge dans un bain orchestral aux doux remous et d'une confondante fluidité, propice au total enivrement de nos sens. D'autre part, difficile de résister aux célestes oscillations d'un saxophone que l'on croirait volontiers touché par la grâce à l'aune de l'aérienne et romantique ballade « Sleep Tight ». Enjolivé par les douces et un brin ténébreuses impulsions du maître de ces lieux que vient, là encore, renforcer un piano/guitare acoustique évoluant main dans la main, le lévitant effort estampé The 69 Eyes saura, à sa façon, faire plier l'échine à plus d'une âme rétive.

En définitive, on parcourt une œuvre certes dans un mouchoir de poche, mais d'une qualité de production désormais en phase avec les exigences logistiques de son époque, transpirant à la fois la féconde inspiration de ses auteurs et la maturité technique et esthétique de ses compositions. Si le message musical ne s'avère guère plus innovant ni original que ses prédécesseurs, il n'en demeure pas moins fortement chargé en émotions, faisant montre d'une confondante profondeur d'âme et insufflant, par contraste, une insoupçonnée souplesse à ses gammes. D'autre part, les sources d'influence semblent dorénavant mieux digérées, le combo délivrant dès lors de nouvelles sonorités et combinaisons instrumentales, et ce, sans pour autant avoir tourné le dos à son passé. Sans être un foudre de guerre, mais nullement dépourvue d'armes affûtées, la menue offrande poussera néanmoins à la remise en selle sitôt la dernière mesure envolée. C'est dire que l'aventure continue sereinement pour le combo biélorusse. Dans l'attente à peine voilée d'un second album full length...


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