Change of Address

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Nom du groupe Krokus
Nom de l'album Change of Address
Type Album
Date de parution 1986
Labels Arista
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album71

Tracklist

1. Now
2. Hot Shot City
3. School's Out
4. Burning Up the Night
5. Let This Love Begin
6. Say Goodbye
7. World on Fire
8. Long Way from Home
9. Hard Luck Hero

Chronique @ Lordmike

15 Juillet 2010
En 1986 Krokus est au zénith de son succès après Headhunter en 1983 qui leur ouvrit les portes de la gloire et The Blitz en 1984 qui fut disque d'or. A l'arrivée de Marc Storace 6 ans plus tôt le groupe avait durcie son style et proposait un Hard Rock beaucoup plus incisif et direct qu'à ses débuts pour coller avec la voix de leur nouveau chanteur. Avec Change of Address Krokus change à nouveau. Chris Von Rohr qui était le dernier membre de la formation d'origine est éjecté du groupe. C'est peut être ce qui provoqua ce revirement de style soudain.
Bon on est habitué au fait que le groupe nous ponde des pochettes horribles mais pas à ce qu'ils pondent des riffs foireux.

En tout cas on peut dire que Krokus n'est plus réellement le Krokus auquel les fans s'étaient habitué. La musique des suisses est beaucoup plus posée qu'avant. Le Hard Rock de Krokus devient beaucoup plus facile d'accès et certains diront que le groupe a opéré un revirement purement commercial. Si c'est le cas ce fut un échec. Personnellement je pense que l'absence de Chris Von Rohr a joué un rôle car à son retour sur l'album suivant le groupe a retrouvé le style qui fit sa force et sa gloire.

Déjà dès l'intro du premier titre on se dit : "Oula, qu'est-ce qui s'est passé ?". Le groupe est méconnaissable.
Ici les compositions ne s'envolent pas, on reste au raz du plancher. On arrive pas à se jeter dans la musique de Krokus comme sur les albums précédents. Les titres paraissent incroyablement longs et on hésite à en passer certains.
Déjà rien que la voix de Marc Storace. Son timbre si marquant et son chant puissant qui nous font d'habitude frissonner dans toute l'échine sont ici complètement absent. Le chanteur se contente d'un chant basique où sa voix n'est jamais poussée, même Kurt Cobain avait plus de rage dans la voix. Ceux qui se délectent encore de la voix de Marc Storace sur des titres comme "Night Wolf", "Headhunter" ou encore "Headstrokes" doivent pleurer en entendant ce désastre.
Même la reprise du hit School's Out de Alice Cooper est un désastre. Comment peut-on faire un tel ratage quand on part d'un titre pareil ? Les riffs sont repris sans qu'on y touche absolument rien mais manque de l'envergure de ceux de la version du Coop'. Quant au chant, Marc essaie d'y mettre du sien mais dans le mauvais sens. Marc Storace est un champion des montées fulgurante dans les aigus et là il se prend à faire l'effet inverse. Il tente d'avoir une voix qui se rapproche de celle d'Alice Cooper en adoptant un timbre plus grave et légèrement "grésillant" mais on sent bien que ce n'est absolument pas sa tasse de thé.
C'est dommage car "Say Goodbye" aurait put être un très bon titre s'il n'avait pas été affligé de ce chant ridicule pour quelqu'un de la carrure de Marc Storace. Par moment on se demande même s'il n'ont pas drogué son café pour atteindre une telle platitude. Platitude qui se ressent également dans les riffs. Des riffs sans énergie et des soli sans aucun feeling. A croire que les membres du groupes étaient neurasthéniques lorsqu'ils ont enregistré ce disque. La basse est quant à elle très discrète et quand elle se démarque c'est pour nous témoigner de sa froideur incommensurable. Les lignes de la quatre cordes sont tout bonnement robotiques.
Et pour cacher la misère le groupe a rajouté des nappes et des nappes de synthé. Sauf que ce synthé n'aide absolument pas le groupe. Il est froid et sans émotion, on dirait qu'ils ont piqué le clavier à un mauvais chanteur de variété.
Et les compositions ne seront pas sauvées par la production. Les riffs peu inspirés de ce disque sont en plus plombés par un son sans aucun reflet. Le résultat est ultra plat.

On ressent pourtant un certain potentiel qui émane de cet album. Par exemple le refrain de "World On Fire" aurait été une véritablement bombe si Marc Storace y avait mis un peu plus de conviction et si les chœurs n'étaient pas aussi niais. Le solo de fin est même plutôt bien foutu.
Il en va de même pour l'intro de "Long Way From Home", en l'entendant on se dit que le groupe va peut être se rattraper en clôturant le disque de manière édifiante mais on est toute suite rattrapé par le chant (encore que sur ce titre il remonte un peu sur certains passage des couplets) et les nappes de synthés insupportables. Le refrain est réellement affligeant, on sent la fin de couplet monter, on s’attend à une explosion et tout retombe comme un vieux pétard mouillé.

Heureusement le groupe va se ressaisir sur Heart Attack l'année suivante. Change Of Adress n'aura été qu'une erreur de parcours et l'erreur est humaine.
On ne retiendra pas grand chose de ce disque en définitive. Le duo "Say Goodbye"/"World On Fire" sauve quelque peu les meubles mais même là le résultat n'est pas réellement là.

8/20

3 Commentaires

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samolice - 23 Janvier 2013: Merci pour la chronique.
Si j'ai bien compris, marc Storace est le seul point positif de ce disque :-)
Lordmike - 25 Janvier 2013: Je sens une pointe d'ironie :) Je le descend tant que ça ? En même temps il m'a tellement déçu...
samolice - 09 Novembre 2013: Désolé j'avais pas vu ton post. Non non, ce n'était pas ironique du tout. Pour tout dire, je connais ce skeud que j'avais en copie cassette à sa sortie et je l'avais trouvé si mauvais que je ne me suis du coup jamais intéressé au groupe pendant des années. Grave erreur car il semble qu'il y a du très costaud dans les opus précédents.
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