Away

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Dreamscore
Nom de l'album Away
Type EP
Date de parution 22 Mars 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Pages of Nostalgia
 04:44
2.
 The Bloom & the Envy
 05:35
3.
 My Winter Rose
 04:09
4.
 At the Moonlake
 05:59

Durée totale : 20:27

Acheter cet album

Dreamscore


Chronique @ ericb4

24 Avril 2019

Une prometteuse ouverture insufflée par la formation teutonne...

Nouvel entrant dans le si convoité registre metal symphonique à chant féminin, et contrairement à nombre de ses pairs, cet expérimenté quartet allemand créé en 2010 à Hambourg par la frontwoman Tania Kauler (ex-Ethereal) n'a nullement cherché à brûler les étapes, loin s'en faut. Consciente des enjeux et des risques encourus d'une telle implication dans ce concurrentiel espace metal, la troupe s'est précisément laissé le temps de la maturité compositionnelle opérer. Aussi ne réalise-t-il cet introductif EP 4 titres répondant au nom de « Away » que neuf ans plus tard ; auto-production modeste de ses quelques 20 minutes, mais témoignant d'une ingénierie du son plutôt soignée, à commencer par une qualité d'enregistrement difficile à prendre en défaut.

Le temps pour la belle de solidifier son line-up, par l'intronisation du batteur Wanja Gröger (Aletrun, Höllensturm, Negator...) en 2013, suivie, trois ans plus tard, par celle du guitariste Heiko Domeier (Serpentic, ex-Infinity) et du claviériste Malte Beck (Revendaria). De cette étroite collaboration émane une œuvre metal mélodico-symphonique gothique aux relents power à la fois charismatique, pimpante, énergisante et romantique, dans la veine de Nightwish, Xandria, Delain et consorts. Quelles seraient alors ses armes pour espérer voir le combo germanique opposer une farouche résistance aux Elvellon, Beyond The Black, Metalwings ou encore Sleeping Romance ?

Le collectif allemand ne tarde pas à marquer ses premiers points au regard de ses passages les plus enfiévrés. Ainsi, on retiendra l'up tempo « Pages of Nostalgia » à la fois pour ses truculents arrangements instrumentaux, ses délicats arpèges au clavier, son inaltérable tapping, sa basse résolument claquante, ses variations rythmiques bien amenées et une ligne mélodique des plus enchanteresses. Dans le sillage d'un Nightwish des premiers émois, cet headbangant effort estampé power symphonique nous réserve de sémillantes montées en régime, complétées d'un grisant solo de guitare. Sans omettre un refrain certes convenu mais immersif à souhait, mis en habits de lumière par les claires volutes de la sirène. Le groupe signe-là une composition éminemment addictive, déjà inscriptible dans les charts, que pourraient bien lui envier Elvellon ou Metalwings.

Lorsque l'atmosphère s'obscurcit et que le climat se fait plus oppressant, nos quatre mousquetaires parviennent là encore à nous retenir plus que de raison. Ce qu'illustre « The Bloom & the Envy », tempétueux et énigmatique up tempo aux allures d'un Xandria première mouture. Si les couplets cultivent le mystère au rang d'un art, les refrains, quant à eux, offrent une lumière à laquelle on ne s'attendait pas ; où l'art de faire cohabiter le Yin et le Yang. En outre, de saisissants gimmicks guitaristiques jouxtent de galvanisantes rampes synthétiques, et ce, parallèlement aux troublantes inflexions d'une déesse bien habitée et à une belle gradation du corps orchestral. Puissant, doté de riffs corrosifs et d'un cheminement d'harmoniques judicieusement échafaudé, ce vibrant message musical ne laissera que peu de temps pour reprendre son souffle.

Quand nos acolytes se font plus tendres, ils nous livrent leurs mots bleus les plus sensibles. Aussi ne pourra-t-on que malaisément contenir la petite larme au coin de l'oeil à l'aune de « My Winter Rose », frémissante ballade romantique aux airs d'un slow qui emballe. Pourvu de couplets finement ciselés que relayent de fondants refrains, le ''nightwishien'' propos se charge progressivement en émotions. Dans ce bain orchestral aux doux remous, sur fond d'enveloppantes nappes synthétiques, évoluent d'enivrantes impulsions vocales, la maîtresse de cérémonie s'autorisant alors à tutoyer les notes les plus haut perchées, et ce, sous couvert d'une parfaite tenue de note. Un exercice de style qui sied particulièrement bien à l'inspiré quartet et que l'aficionado du genre, déjà sensibilisé aux travaux de ses maîtres inspirateurs, se fera fort de ne pas éluder.

Mais ce serait dans le secteur des pièces en actes d'obédience metal symphonique progressif que la formation teutonne s'avère la plus à même d'encenser le pavillon. Ainsi, l'accroche s'opérera d'un battement de cils sur « At the Moonlake », entraînante et aérienne fresque aux contrastes atmosphériques et rythmiques marqués et dotée d'un solo de guitare des plus enivrants. Non sans rappeler un certain « Oceanborn » de Nightwish, les nappes de claviers tout comme les délicats arpèges au piano se déversent avec célérité dans nos tympans alanguis. Et comment résister à l'appel de la sirène, les chatoyantes patines de la belle, quant à elles, s'apparentant à celle d'une Tarja à ses débuts, rien de moins ? Une irrépressible envie de remettre le couvert aussitôt la dernière note envolée étreindra assurément le chaland...

A l'issue de notre parcours, et en dépit d'une œuvre éminemment classique dans sa forme, un doux sentiment de plénitude finit par nous gagner. Nous faisant quitter à regret un format de production qu'on eût espéré moins laconique, le combo allemand réussit le pari de nous rallier à sa cause sans avoir à forcer le trait. Témoignant d'enviables qualités mélodiques et d'une technicité éprouvée, ce dernier nous livre un manifeste varié sur les plans atmosphérique et rythmique, diversifié quant à ses exercices de style, disséminant en prime une forte charge émotionnelle.

Loin de s'être cantonné à marcher sur les seules traces de ses sources d'influence, le groupe allemand a apposé son sceau artistique et technique sur la plupart des portée de chacune de ses partitions. S'il souhaite élargir le champ encore restreint de son auditorat, il lui faudra néanmoins gagner encore en épaisseur artistique, consentir à l'une ou l'autre prise de risque, et que la belle en vienne à partager le micro. Cela étant, sans pour autant lui faire de l'ombre, nos gladiateurs signent un méfait susceptible de bousculer un tantinet la concurrence, d'où qu'elle vienne...

0 Commentaire

0 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Dreamscore