Atlantis

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Nom du groupe Sinners Moon
Nom de l'album Atlantis
Type Album
Date de parution 10 Avril 2015
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1.
 Inner Demons
Ecouter05:20
2.
 Memento Mori
Ecouter04:00
3.
 Buried
Ecouter04:38
4.
 Pray for the Child
Ecouter04:26
5.
 Falls of the Neverland
Ecouter05:21
6.
 My Servant (ft. Tony Kakko of Sonata Arctica)
Ecouter03:54
7.
 Fly to the Moon
Ecouter08:15
8.
 Dark Episode
Ecouter06:19
9.
 Sinners Moon
Ecouter05:08
10.
 Atlantis
Ecouter11:03
11.
 Upon a Star
Ecouter02:48

Durée totale : 01:01:12

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Sinners Moon



Chronique @ ericb4

20 Octobre 2019

Premier mouvement et premier coup de maître signé par la formation slovaque...

C'est au cœur d'une aventure aux multiples rebondissements que nous entraîne le combo slovaque... Sur une idée du guitariste et compositeur Luken (ex-Manyac), avec le concours du growler Derrick et de la choriste Martina, sort de terre, en 2011, Sinners Moon, projet metal symphonique inspiré comme tant de leurs pairs par Nightwish, Epica, Xandria, Amberian Dawn, Imperia, Delain et consorts. Encore un classique du genre, sans doute peu enclin à une quelconque prise de risque, voire dépourvu d'une identité artistique stable, me direz-vous, et vous auriez raison. A quelques nuances près toutefois...

Dans ce dessein, ont rapidement été sollicités les talents du bassiste Viktor Války, du claviériste Jarthuusen, de la frontwoman Andrea Marešová et du jeune batteur Matej. De cette première collaboration découle une série de concerts, en 2012, suite à quoi le groupe souhaita se consacrer à l'enregistrement d'un album. Une année plus tard, Matej quitta le navire, alors remplacé par Andrej, lui-même faisant place, en 2014, à Mort, avant que ne lui succède Jan, investi sur la plupart des 11 pistes de leur introductif album full length dénommé « Atlantis » ; une galette généreuse de ses 61 minutes signée chez le puissant label finlandais Inverse Records. Peu après l'enregistrement des lignes de chant, c'est au tour d'Andrea de jeter l'éponge, remplacée tambour battant par Simona Janovičová (Sirenade), soprano au gracile filet de voix aux faux airs de Simone Simons (Epica).

Ce faisant, on effeuille une œuvre metal symphonique gothique et progressif volontiers frondeuse, souvent enjouée, parfois torturée, un brin romantique, calée sur le schéma oratoire devenu classique de la Belle et la Bête. Aussi y décèle-t-on un set de compositions témoignant d'une inspiration féconde de ses auteurs, même si l'empreinte des maîtres inspirateurs ne saurait être totalement éludée. Mastérisé par Luken, produit et mixé par le guitariste Roland Grapow (Masterplan, ex-Helloween...), connu pour avoir oeuvré pour Black Majesty, Crimson Cry, Lords Of Black, Myrkgand, Sebastien, parmi tant d'autres, l'opus bénéficie d'un enregistrement de bonne facture et d'une péréquation de l'espace sonore entre lignes de chant et instrumentation. Comme pour mettre les petits plats dans les grands, pour l'occasion, ont été requis les empreintes vocales de Tony Kakko (Sonata Arctica) et d'Andrea. Mais entrons sans plus attendre dans le vaisseau amiral, notre équipage s'apprêtant à lever l'ancre...


Le collectif est-européen nous plonge le plus souvent dans un bain bouillonnant aux frissonnants remous, avec quelques pépites essaimées sur leur passage. Ainsi, passée sa longue et dispensable entame instrumentale, l'entraînant et ''delainien'' « Inner Demons » peut alors déverser ses riffs crochetés adossés à une sanguine et intarissable rythmique. Dans ce champ de turbulences, opportunément positionnées, les cristallines inflexions de la belle n'ont de cesse de donner le change aux growls caverneux d'une bête revêche. Doté de refrains immersifs à souhait et d'une énergie aisément communicative, le brûlot joue dans la catégorie des hits en puissance. Dans cette mouvance, on ne mettra qu'une poignée de secondes pour se voir infiltré par les galvanisants assauts d'une batterie en furie et les aériennes volutes de la sirène exhalant de « Memento Mori » et « Falls of the Neverland » ; tempétueux et efficaces up tempi voguant tous deux sur une radieuse sente mélodique, dans la lignée d'un Xandria seconde mouture. Et comment ne pas se sentir happé tant par les enivrants couplets que par les ondoyants gimmicks guitaristiques jaillissant du tubesque « Sinners Moon » ? Mais on ne fait là qu'entrer au cœur d'un tourbillon de saveurs exquises...

Dans une même énergie, le groupe a veillé à étoffer son offre vocalement parlant, avec, pour effet, d'encenser le pavillon. Ce qu'illustre précisément « My Servant », sémillant up tempo aux foudroyantes montées en puissance du dispositif instrumental, aux breaks opportuns et doté d'un bref mais flamboyant solo de guitare. Mis en habits de lumière par les graveleuses et pénétrantes oscillations d'un certain Tony Kakko, alors en tête à tête avec les limpides patines de la belle, l'échevelant et rayonnant effort poussera assurément à une certain addiction le chaland déjà sensibilisé aux travaux de Sonata Arctica, After Forever et Epica.

Tout aussi vitaminés mais d'une accessibilité moins immédiate, d'autres espaces d'expression pourront néanmoins trouver un débouché favorable auprès de l'aficionado du genre. D'une part, dans le sillage percussif d'Epica, le pulsionnel « Buried » recèle un pénétrant cheminement d'harmoniques tout en ne desserrant que rarement la bride. En outre, un fin legato à la lead guitare se dessine et les soudaines accélérations du corps orchestral souvent font mouche, et ce, sur une piste à la mélodicité nuancée. Dans cette lignée, si la touche dark gothique inhérente à « Dark Episode » pourrait décontenancer un tympan non encore averti, au regard de la qualité de ses enchaînements, rarement le magmatique effort ne nous perdra en cours de route. Une piste à la fois éminemment glaçante, volontiers tortueuse et magnétique, surmontée d'un duo mixte en voix de contraste en totale symbiose, qui se savoure à chaque fois davantage au fil des écoutes.

Par ailleurs, l'escadron slovaque nous mène en de vastes et luxuriantes contrées metal symphonico-progressif, nous réservant moult péripéties sur notre route. Difficile, tout d'abord, de ne pas succomber aux seyants effets de contraste rythmique émanant des entrailles de « Fly to the Moon », altière fresque déroulant ses 8:15 minutes d'un spectacle épique, un tantinet romanesque, dans la veine d'un Nightwish première période. On appréciera tant les bondissantes reprises calées sur la crête d'un entêtant refrain balayant chacun des breaks du méfait que les subtiles modulations mélodiques mises en exergue par les touchantes envolées semi-lyriques de la diva. Mais le combo aura poussé le bouchon un peu plus loin à l'aune de « Atlantis », dantesque pièce en actes déversant quelque 11 truculentes et fringantes minutes, que n'auraient reniée ni Nightwish ni Epica. Densifiant son corps oratoire de choeurs judicieusement placés, secondant alors nos deux tourtereaux dans leurs pérégrinations, multipliant ses coups de théâtre et offrant un troublant effet de contraste atmosphérique, cette orgiaque livraison demeure l'un des masterpieces de l'opulente galette.

Lorsque s'évanouissent les tensions et que les lumières se font tamisées, nos acolytes trouvent sans mal les clés pour nous rallier à leur cause. Ainsi, eu égard à ses séries d'accords finement échafaudées et aux enchaînements sereins, l'enchanteresse et ''nightwishienne'' ballade « Pray for the Child » ne saurait longtemps nous laisser de marbre. Pourvue d'un sillon mélodique certes convenu mais ô combien enveloppant et laissant entrevoir une inespérée chorale d'enfants en parfaite symbiose avec les angéliques impulsions de la maîtresse de cérémonie, la tendre offrande aura bien peu de chances de rater sa cible. Enfin, c'est sur un touchant piano/voix que s'illustre « Upon a Star » ; classique mais fondante ballade a-rythmique sous-tendue par d'ondulantes et soyeuses nappes synthétiques, où les caressantes et limpides ondulations cette fois signées Andrea Marešová font mouche où qu'elles se meuvent. Ainsi, quand elle nous livre ses mots bleus les plus sensibles, la troupe parvient à faire voler en éclat toute tentative de résistance à leur assimilation.


On ressort de l'écoute du skeud gagné par l'agréable sentiment d'avoir effeuillé une œuvre aussi troublante qu'intrigante, susceptible d'aspirer le tympan du chaland d'un battement de cils, témoignant d'une production d'ensemble plutôt soignée et ne concédant pas l'ombre d'une zone de remplissage ou d'un bémol. A la fois diversifiée sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, cette offrande laisse également entrevoir un réel potentiel technique et une inspiration mélodique difficile à prendre en défaut. Cela étant, on aurait peut-être souhaité un message musical un poil moins emprunté et un zeste d'originalité supplémentaire, histoire de voir nos compères se démarquer de leurs homologues, toujours plus nombreux à défiler dans ce registre. Mais pour un premier jet, la troupe est-europénne s'en sort fort honorablement, affichant dès lors une réelle détermination à en découdre, et ce, sur un terrain on ne peut plus miné. Premier mouvement et premier coup de maître signé par la formation slovaque...

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