Ashes to Ashes

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14/20
Nom du groupe Anatomy Of The Sacred
Nom de l'album Ashes to Ashes
Type EP
Date de parution 27 Mai 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Narcissi
 04:06
2.
 Stitch in Time
 03:58
3.
 Hope Holds On
 03:45
4.
 The Woods (Do You Feel Alone)
Ecouter04:35
5.
 Just One Night
Ecouter04:23
6.
 Farewell to the Light
 04:02

Durée totale : 24:49

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Anatomy Of The Sacred



Chronique @ ericb4

23 Janvier 2021

Un premier jet empreint de délicatesse mais au propos éminemment classique...

Nouvel entrant dans le si concurrentiel espace metal symphonique à chant féminin, mais mû par une sérieuse envie d'en découdre doublée d'un bel élan d'inspiration, ce duo étasunien cofondé en 2015 par le pluri-instrumentiste Shane Krout et la chanteuse aux claires et puissantes inflexions Brenda Michelle Robinson n'aura pas mis bien longtemps pour accoucher de son premier bébé. Et ce, à l'aune du présent EP, « Ashes to Ashes » ; une galette modeste de ses 25 minutes sortie un an plus tard, où s'égrainent 6 pistes rock'n'metal mélodico-symphoniques à la fois vitaminées, pimpantes et enivrantes, à la confluence de Lacuna Coil, Evanescence, Delain et Nightwish. Quelles seraient alors les armes du combo nord-américain pour espérer jouer les épouvantails et surtout se démarquer de ses nombreux homologues, dont quelques jeunes loups aux dents longues, à l'instar de Beyond The Black, Elvellon ou Sleeping Romance ?

Dans cette aventure, pour l'occasion, ont également embarqué le fin lead guitariste Dale Lytle et le vocaliste aux sensibles et fluides modulations Clinton Washington ; un apport loin d'être anodin, ajoutant précisément un zeste de profondeur d'âme à un propos empreint de délicatesse, jouant notamment la carte de l'émotion pour tenter d'emporter l'adhésion. Intégralement produit, composé et écrit par les deux maîtres d'oeuvre, ce modeste mais seyant set de compositions bénéficie parallèlement d'une qualité de production d'ensemble de bon aloi. Enregistré par Scott Sobel (The Demo Factory, à Myerstown, en Pennsylvanie) et mixé et mastérisé par Michael Washkevich (MDW Productions, à Harrisburg, en Pennsylvanie), le méfait ne concède que peu de sonorités résiduelles. Et si l'on eût espéré davantage de profondeur de champ acoustique, le confort auditif ainsi procuré ne saurait empêcher le chaland de parcourir l'opus d'un seul tenant. Mais entrons plutôt dans la petite goélette en quête d'éventuelles pépites intimement enfouies...

Lorsqu'ils nous plongent en de volcaniques territoires, c'est d'un battement de cils que nos acolytes trouvent les clés pour aspirer le tympan. Ainsi, mis en exergue par les toniques impulsions de la sirène, déversant des riffs aussi incisifs que pénétrants, et jouissant d'enchaînements intra piste des plus sécurisants l'entraînant et ''evanescent'' « Narcissi » ne saurait rater sa cible. Et ce ne sont ni l'entêtant refrain, ni la finesse du legato du lead guitariste qui nous débouteront de ce hit en puissance, que l'on ne quittera qu'à regret. Dans cette dynamique, on retiendra le pulsionnel et ''lacunacoilesque'' « Stitch in Time » tant pour son infiltrant cheminement d'harmoniques qu'au regard de la soudaineté de ses variations rythmiques. Mention spéciale pour le bref mais flamboyant solo de guitare signé Dale Lytle et sa reprise sur la crête d'un refrain immersif à souhait.

Quand la cadence se fait moins vive, nos compères parviennent à nouveau à nous assigner à résidence. Ce qu'atteste « Hope Holds On », un grisant et sensible mid tempo rock mélodico-symphonique conjuguant l'atmosphère mordorée d' Evanescence et les arpèges d'accords d'un Delain de la première cuvée. Délivrant un riffing aussi engageant que crocheté, glissant sur d'ondoyantes nappes synthétiques, octroyant en prime un refrain magnétique encensé par les troublantes volutes de la déesse, le caressant et mélodieux effort n'aura pas tari d'arguments pour assurer sa défense. Pour sa part, l'orientalisant et ''evanescent'' mid tempo aux riffs grésillants « The Woods (Do You Feel Alone) » nous immerge dans une suave et troublante atmosphère. Et la sauce prend, là encore.

L'aficionado d'intimistes espaces ne sera pas non plus laissé pour compte, loin s'en faut, le combo nous adressant par là même ses mots bleus les plus sensibles. Ainsi, « Just One Night » se pose telle une soyeuse et ''nightwishienne'' ballade glissant le long d'une radieuse rivière mélodique. Romantique jusqu'au bout des ongles et se parant des angéliques patines de la maîtresse de cérémonie, l'instant privilégié ne trouvera que peu de résistance à son assimilation. On ne saurait davantage esquiver « Farewell to the Light », une ballade a-rythmique en piano/voix aux arpèges d'accords finement ciselés et fortement chargée en émotion, où la délicate empreinte vocale de Clinton Washington fait mouche où qu'elle se meut.

On ressort de l'écoute de la menue rondelle interpellé par la capacité du combo à concocter ces séries d'accords qui longtemps resteront gravées dans la mémoire de ceux qui y auront plongé le pavillon. Aussi, effeuille-t-on un propos aux portées savamment sculptées et des plus incitatives à l'adhésion, transpirant la féconde inspiration mélodique de ses auteurs.

Jouissant d'une ingénierie du son plutôt soignée et d'arrangements de bonne facture, la galette accuse toutefois un manque de diversité atmosphérique et rares sont les prises de risques consenties par la troupe. De plus, les exercices de style proposés tendent à l'uniformité et leur architecture s'avère souvent convenue, état de fait rendant le message musical assez classique dans sa forme, et donc prévisible. Il faudra par ailleurs que le combo en vienne à digérer ses sources d'influence, du moins suffisamment pour conférer davantage d'épaisseur artistique à son œuvre. C'est dire qu'à l'aune de cette première offrande, le groupe aurait déjà quelques cartes en main pour se hisser parmi les espoirs de ce registre metal avec lesquels la concurrence devra composer, à défaut de s'en inquiéter. Bref, un premier jet empreint de délicatesse mais éminemment classique...

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