Anathema

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Nom du groupe Land Of Lemuria
Nom de l'album Anathema
Type EP
Date de parution 18 Mai 2018
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album0

Tracklist

1.
 Anathema
Ecouter04:04
2.
 White Roses
Ecouter05:53
3.
 The Days Seems Grays
Ecouter06:48

Durée totale : 16:45

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Land Of Lemuria



Chronique @ ericb4

11 Octobre 2018

Une seyante et intrigante proposition, entre autres...

A l'heure actuelle, de plus en plus nombreuses sont les formations metal symphonique à chant féminin sud-américaines à marcher sur les traces de Nightwish, Therion ou encore Xandria. Ce que démontre, à son tour et à sa manière, ce quintet brésilien originaire de Fortaleza. Encore peu popularisé à l'échelle continentale, mais jouissant déjà d'une première et significative expérience scénique locale, ce pimpant collectif entend précisément et légitimement, à l'image de ses compatriotes de Vandroya, Enarmonika, Lyria, ou encore Perpetual Legacy, se produire à l'international. Quelles seraient alors ses armes pour espérer voir la troupe s'imposer à terme dans un registre, certes séduisant, mais ô combien propice à un désengagement prématuré pour les vertes formations ?

Prudent dans sa démarche, ce n'est que douze années suite à sa création, en 2006, que le groupe nous octroie sa première livraison. Et ce, à l'instar de cet EP 3 titres « Anathema » ; laconique auto-production metal mélodico-symphonique gothique n'excédant guère les 17 minutes. Ce faisant, la soprano Juliane Chaves, le claviériste et vocaliste Daniel Lima, le guitariste Fernando Ribeiro, le batteur Pedro Paulo (Flagelo) et le bassiste Léu Peixe, nous immergent au sein d'une œuvre à la fois épique, énigmatique et enivrante, calée sur le schéma oratoire de la Belle et la Bête, témoignant d'un mixage bien équilibré entre lignes de chant et instrumentation. Et ce, même si les enregistrements dispensés laissent filtrer quelques sonorités résiduelles et si les finitions demeurent lacunaires. Mais entrons plutôt dans la petite goélette...

C'est sous le joug d'une basse à la fois claquante et vrombissante et d'un tapping martelant que s'ouvre le bal. Le combo nous plonge alors dans un bain orchestral aux puissants remous à l'aune de « Anathema », mid/up tempo symphonique gothique à mi-chemin entre un Nightwish des premiers émois et un Therion estampé « Secret of the Runes ». Dotée de riffs crochetés adossés à une rythmique sanguine et de glaçantes rampes synthétiques, la tempétueuse offrande nous mène sur des couplets à la lumière crépusculaire relayés par des refrains plutôt avenants. Dans cette angoissante tourmente évolue un duo mixte en voix de contrastes, les claires inflexions de la belle faisant écho aux serpes de son acolyte de growler. On aurait peut-être espéré un cheminement harmonique moins répétitif et un poil d'originalité supplémentaire pour rendre le propos plus singulier qu'il ne l'est.

Soucieux d'élargir son spectre atmosphérique et de ménager le suspense de bout en bout de notre parcours, nos acolytes nous octroient, par ailleurs, un passage bien enlevé, cristallisé par de franches et inaltérables accélérations rythmiques. Ce qu'illustre précisément « White Roses », offensif et opératique up tempo dans l'ombre de Therion à l'instar de « Lemuria », avec un zeste d'Aesma Daeva quant aux fines nuances mélodiques dont il se pare. On appréciera en outre l'enchaînement entre les captateurs et introductifs arpèges au piano et les cristallines impulsions d'une sirène bien inspirée tout comme la truculente gradation du corps orchestral à mi-morceau. On restera alors happé par un refrain immersif à souhait, que n'aurait renié ni Nightwish, ni Xandria. Cependant, il eût été judicieux de faire l'économie de l'empreinte masculine, peu loquace et inappropriée sur cette plage fringante aux relents orientalisants.

Enfin, nos compères se plaisent également à feindre de nous désarçonner, par le truchement de suites d'accords peu convenues et d'un climat tantôt gorgonesque, tantôt radieux. Et ce, pour mieux nous retenir, in fine. Ainsi, si les gorgonesques couplets du vitaminé et néanmoins mystérieux « The Days Seems Grays » lui confèrent une coloration doom, ses refrains, en revanche, s'avéreront bien plus enchanteurs, impulsant une dynamique pop metal propice à une immédiate adhésion. Mis en exergue par les angéliques patines de la maîtresse de cérémonie, enrichi d'un fin legato à la basse et à la lead guitare, ménageant moult variations rythmiques, le tonique effort réservera quelques surprises du plus bel effet à ceux qui y auront plongé le pavillon...

Pour son premier essai, en dépit de son modeste format, le collectif brésilien n'a guère démérité, octroyant une œuvre plutôt frondeuse, souvent bien inspirée, parfois intrigante, où les espaces de remplissage sont peau de chagrin. On aura notamment apprécié à la fois le potentiel technique sur le plan instrumental et les qualités mélodiques de ses auteurs. On aurait toutefois espéré davantage de diversité atmosphérique, rythmique et vocale, et des exercices de style plus variés (ballades, instrumentaux, fresques...), dans un registre metal qui pourtant les aurait appelés de ses vœux. Par ailleurs, il leur faudra affiner l'ingénierie du son et personnaliser un message musical encore emprunté pour espérer, à terme, se muer en sérieux challengers. A bon entendeur...

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