Among the Stars

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Nom du groupe Era Of Ephemeris
Nom de l'album Among the Stars
Type Album
Date de parution 28 Juin 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Reflections
 01:14
2.
 When a Leaf Falls
 05:39
3.
 Another Side of the Same World
 06:36
4.
 Among the Stars
 06:57
5.
 Farewell
 04:10
6.
 Ancestral Vision
 05:26
7.
 Off Into the Great Unknown
 02:00

Durée totale : 32:02

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Era Of Ephemeris


Chronique @ ericb4

11 Juillet 2019

Une sensible et poignante offrande en guise de message de bienvenue...

Comment une jeune formation metal symphonique à chant féminin pourrait-elle se démarquer de ses pairs et, conséquemment, espérer embrasser une carrière à long terme dans un registre metal aujourd'hui en proie à une concurrence on ne peut plus âpre ? Une délicate et légitime question à laquelle va tenter de répondre ce discret quartet suédois originaire de Luleå. créé en 2017 par le prolifique guitariste/bassiste/claviériste et vocaliste Urban Granbacke (Unfolded, ex-Darkest Season, ex-Gates Of Ishtar, ex-The Duskfall...). Conscient des enjeux et des risques encourus de rester terrés dans l'ombre de ses prédécesseurs sans chercher à apposer à son œuvre une touche personnelle qui en fonderait son identité, celui-ci s'est précisément laissé le temps de la maturité compositionnelle opérer avant de se lancer dans l'aventure...

Era Of Ephemeris œuvre dans un metal mélodico-symphonique aux relents prog et death mélodique, aux influences aussi éclectiques que Nightwish (première période), Dark Sarah, Diabulus In Musica, Draconian, Tristania, entre autres. Dans ce dessein, le maître d'œuvre a sollicité les talents de la frontwoman Rossana Cavallotto, du guitariste Emil Alatalo et du batteur Christian Nielsen (Baruk Khazad, ex-Eternal Dusk). De cette étroite collaboration naît en 2019 un premier album full length dénommé « Among the Stars » ; une auto-production modeste de ses 7 titres égrainés sur un ruban auditif de 32 minutes, jouissant de finitions passées au crible et d'un mixage bien équilibré entre instrumentation et lignes de chant, signé Johan Karlsson (Arctic Mire Studios). Indices révélateurs d'un souhait à peine voilé d'en découdre...


Là où le combo semble particulièrement à son aise concerne les passages à la cadence mesurée, parvenant alors à nous retenir plus que de raison. Passé le bref mais seyant instrumental d'ouverture « Reflections », dispensant en outre un fin legato à la lead guitare, le spectacle peut enfin commencer. Aussi, par un délicat fondu enchaîné lui succède l'entraînant et ''nightwishien'' mid tempo « When a Leaf Falls ». Mis en habits de lumière par les cristallines et chatoyantes inflexions de la sirène, dont les oscillations dans les médiums rappelleront celles de Zuberoa Aznarez (Diabulus In Musica), couplets finement échafaudés et refrains catchy glissent avec célérité dans nos pavillons alanguis. On regrettera toutefois de tenaces répétitions d'harmoniques et un pont technique qui ne s'imposait pas.

Quand la lumière se fait tamisée, la troupe nous livre ses mots bleus les plus sensibles avec, pour effet, de générer la petite larme au coin de l'oeil qu'on feindrait de ne pas voir perler. Ainsi, voguant sur de soyeuses nappes synthétiques, « Farewell » se pose telle une délicate ballade atmosphérique et progressive dans la droite lignée d'un Nightwish à l'époque d' « Oceanborn ». Au cœur de ce bain orchestral aux doux remous évoluent les caressantes et sinueuses impulsions de la maîtresse de cérémonie, aux faux airs d'une Tarja à ses débuts. Pourvue d'une mélodicité aux fines nuances, la tendre offrande aurait toutefois gagné en efficacité à insérer plus tôt dans sa trame l'attaque du dispositif percussif. L'aficionado du genre y trouvera néanmoins matière à se délecter, avec le secret espoir d'y revenir aussitôt l'ultime mesure envolée.

Dans une orientation symphonique progressif, le collectif suédois ne s'est guère montré malhabile, loin s'en faut, diversifiant par là-même ses atmosphères. Ainsi, à la frontière entre le registre symphonique de Dark Sarah et l'univers progressif de Dream Theater, avec une pointe dark gothique estampée Tristania, « Another Side of the Same World » déverse ses riffs épais adossés à une rythmique frondeuse mais sachant rétracter ses griffes aux moments opportuns. Doté d'ondoyants gimmicks guitaristiques doublés d'une basse vrombissante et de saisissantes montées en régime du corps orchestral, le plantureux méfait se cale également sur une sente mélodique sécurisée. Dans ce champ de turbulences évoluent les gracieuses volutes de la déesse, à peine interrompues par des growls aussi glaçants qu'ombrageux. Mais le combo a encore bien d'autres atouts en réserve...

Aussi, dans un climat plus serein, c'est dans une mouvance metal symphonique progressif pur que s'inscrivent « Among the Stars », altière et sensuelle fresque généreuse de ses 7 minutes, et le pimpant « Ancestral Vision », dont la filiation avec Diabulus In Musica ne saurait être démentie. De ces luxuriants mid/up tempi syncopés exhalent les félines modulations de la belle, mises en exergue sur des refrains qu'on entonnerait à tue-tête. Et ce, en dépit de séquences d'accords tendant à la répétibilité et d'une ligne mélodique tendant à se linéariser sur les couplets concernant le premier mouvement.

Comme souvent dans ce registre, la pièce se referme comme elle a commencé, par un laconique et cinématique instrumental. Aussi, glissant sur d'aériennes nappes synthétiques, de sensibles et ondulants arpèges au piano contribueront à encenser le tympan sur les deux minutes que compte « Off Into the Great Unknown ». Une manière certes convenue mais des plus agréables de boucler la boucle.


A la lecture de ce modeste opus mais à l'énergie aisément communicative, force est d'observer que le combo suédois affiche un propos à la fois charismatique, volontiers headbangant et recelant une forte charge émotionnelle. En dépit des bémols sus-cités, au regard de ses variations atmosphériques, rythmiques et mélodiques et de la qualité de la production d'ensemble, nos gladiateurs s'en sortent avec les honneurs.

Il leur faudra encore prendre quelques distances par rapport à leurs sources d'influence pour nous livrer un message musical à part entière, à l'identité artistique plus affirmée qu'elle n'apparaît. Ce faisant, à condition de ne pas succomber à la tentation de la comparaison, l'amateur du genre déjà sensibilisé aux travaux de leurs maîtres inspirateurs trouvera ici matière à se sustenter. S'il ne signe pas là une œuvre d'envergure, le groupe nous livre toutefois une sensible et poignante offrande en guise de message de bienvenue...

Note : 14,5/20

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