All Shall Burn

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Nom du groupe Eleine
Nom de l'album All Shall Burn
Type EP
Date de parution 22 Novembre 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Enemies
Ecouter05:22
2.
 All Shall Burn
Ecouter04:21
3.
 Mein Herz Brennt
Ecouter04:41
4.
 Hell Moon (We Shall Never Die) (Symphonic Version)
Ecouter04:32
5.
 All Shall Burn (Symphonic Version)
Ecouter04:21

Durée totale : 23:17

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Eleine



Chronique @ ericb4

07 Décembre 2019

C'est en toute sérénité que continue l'aventure pour la formation suédoise...

Les événements se sont succédé à la vitesse grand V pour l'expérimenté combo suédois depuis sa création, en 2011, sous l'impulsion conjointe de la charismatique et talentueuse frontwoman Madeleine ''Eleine'' Liljestam et du guitariste/growler Rikard Ekberg...

Déjà à la tête de six singles (« Gathering Storm » (2014) ; « Land Beyond Sanity » (2015) ; « Break Take Live » (2016) ; « Hell Moon » (2017) ; « Sanity » (2018) ; « Enemies » (2019)) et de deux albums full length (« Eleine » (2015) et « Until the End » (2018)), le groupe s'est également illustré sur la scène internationale, enchaînant les concerts à tours de bras entre 2014 et 2019 (The Tivoli (Helsingborg, Suède)... en 2014 ; Malmöfestivalen (Malmö, Suède), Releaseparty (Landskrona, Suède)... en 2015 ; Hellraiser (Leipzig, Allemagne), Kyttaro Live (Athènes, Grèce)...en 2016 ; Loud & Metal Mania (Tokyo, Japon), Gefle Metal Festival (Gävle, Suède)... en 2017 ; High Voltage (Copenhague, Danemark), Mammothfest (Brighton, Royaume-Uni)... en 2018 ; Backyard Festival (Greven, Allemagne), Subkultfestivalen (Trollhättan, Suède)... en 2019). Portée par un vent d'inspiration renouvelé, la formation nord-européenne nous livre, cette fois, une œuvre certes dans un mouchoir de poche mais loin d'avoir tari d'arguments pour asseoir sa défense...

Dans ce dessein, le line-up a subi de profonds remaniements. Aux côtés de Madeleine et Rikard, s'illustrent désormais : Ludwig Dante à la guitare ; Jesper Sunnhagen (Chine, ex-Poseidon...), succédant à David Eriksson, à la batterie ; Anton Helgesson, en remplacement d' Andreas Mårtensson, à la basse. De cette nouvelle collaboration émerge un set de compositions de nature metal symphonique aux relents power d'une indéfectible ferveur, un brin énigmatique, foncièrement troublant, dans la lignée de leurs précédentes offrandes, et non sans renvoyer à The Murder Of My Sweet, Epica, Xandria, Delain et Ancient Bards.

Aussi, à « Until the End », album plébiscité tant par la critique que par le public, succède « All Shall Burn » ; EP 5 titres égrainés sur un ruban auditif de 23 pulsionnelles et sensuelles minutes, sorti, tout comme son illustre aîné, chez le puissant label suédois Black Lodge Records, et bénéficiant d'une production d'ensemble de bon aloi signée Rikard Ekberg. En outre, l'opus témoigne également d'un enregistrement et d'un mixage rutilants réalisés à The Panic Room par le pluri-instrumentiste Thomas ''PLEC'' Johansson (Unmoored, Mean Streak, ex-Torchbearer...), connu pour avoir oeuvré pour Borealis, Crimson Moonlight, Degradead, Dynazty, Lyriel, Liv Sin, Scar Symmetry, Soilwork, parmi tant d'autres. Une heureuse invitation au voyage, donc...

Le quintet suédois nous immerge tout d'abord au cœur d'un torrent de lave, avec, pour effet, de nous aspirer le pavillon sans avoir à forcer le trait. Ainsi, on ne résistera que malaisément aux assauts répétés du nerveux tapping exhalant de « Enemies » ; up tempo power symphonique aux riffs résolument acérés adossés à une frondeuse rythmique, et jouissant d'un refrain immersif à souhait. Conjuguant judicieusement une sulfureuse ligne mélodique dans la lignée de The Murder Of My Sweet et une intarissable tonicité percussive estampée Ancient Bards, le pulsionnel méfait joue également, et non sans habileté, des effets de contraste oratoire, les claires inflexions de la belle n'ayant de cesse de donner le change aux growls ombrageux d'une bête revêche. Bref, un grisant effort aux allures d'un hit en puissance que le chaland ne quittera qu'à regret.

Lorsque le convoi orchestral ralentit sa course, le collectif trouve à nouveau, et sans jambage, les clés pour nous rallier à sa cause. Aussi, à mi-chemin entre un Epica estampé « The Divine Conspiracy » et un Delain calibré « Moonbathers », c'est d'un battement de cils que le mid tempo « All Shall Burn » imposera ses couplets orientalisants relayés chacun d'un refrain certes convenu mais des plus entêtants. Dans cette capiteuse et enivrante ambiance que l'on croirait émaner d'un conte des mille et une nuits, s'immisce une pénétrante triangulation oratoire, les ensorcelantes modulations de la déesse s'harmonisant, cette fois, à une empreinte masculine tantôt en voix claire, tantôt en voix ténébreuse. Mais nos compères ont encore bien d'autres tours dans leur manche en réserve...

Par ailleurs, la troupe ouvre une fenêtre d'obédience opératique, certes dénuée de toute empreinte rythmique, mais portée par des arrangements aux petits oignons. Stratégie payante, contribuant précisément à magnifier les plages en question. Ainsi, une touchante version symphonico-cinématique et opératique de « All Shall Burn » nous est octroyée. Conservant le trio vocal en l'état, la pimpante offrande se pare dès lors d'une violoneuse et troublante assise samplée, pour un voyage en d'oniriques contrées. Dans un même mouvement, d'aucuns retrouveront non sans une certaine émotion « Hell Moon (We Shall Never Die) » ; ensorcelant effort emprunté au précédent opus, ici dispensé dans une version symphonique aussi pénétrante qu'inattendue. Aussi, ce mid tempo pétri d'élégance, dans la veine d'un Xandria première période, se voit alors mué en un opératique propos d'une rare délicatesse et des plus frissonnants. Rejointes, cette fois, par une empreinte masculine en voix claire, se substituant elle-même aux growls originels, les puissantes inflexions de la maîtresse de cérémonie s'assortissent désormais d'un délicat et hypnotique patinage. Autre gemme à mettre à l'actif de nos acolytes...

Pour répondre plus largement à un souhait de diversification atmosphérique, le groupe s'est par là-même frotté au redoutable exercice de reprise d'un titre emblématique d'une formation notoire. Emprunté au luxuriant répertoire des Allemands de Rammstein, l'anxiogène et ténébreux single « Mein Herz Brennt » prend ici une coloration aussi inattendue que saisissante. Sous couvert d'arrangements instrumentaux de bonne facture et offrant une belle profondeur de champ acoustique, le gorgonesque méfait d'inspiration dark gothique se double d'un caractère un poil plus offensif et de frappes plus sèches que ne le laisse paraître la version originale. C'est dire que l'on effeuille un message musical à la fois empreint de noirceur, un brin chaotique, se singularisant de ses symphonisants voisins. Une prise de risque parfaitement assumée par le vaillant escadron, même si cette mouture, aussi convaincante soit-elle, ne saurait évincer l'illustre devancière...

A la lumière de la menue rondelle, la formation suédoise nous convie à une œuvre à la fois volontiers enjouée, souvent troublante, parfois altière, un tantinet énigmatique, susceptible de nous retenir plus que de raison. Diversifiée sur les plans rythmique, vocal et surtout atmosphérique, la pimpante galette jouit également d'une ingénierie du son plutôt soignée tout en n'accusant que de rares moments de flottement. De plus, le combo a consenti à quelques prise de risque, sans que cela n'affecte sa capacité d'absorption du pavillon, son élan créateur, dont les portées savamment accouchées s'en font l'écho, faisant le reste. Cela étant, nos acolytes nous offrent un heureux condensé de ce que l'aficionado du genre serait en droit d'attendre, même si l'on eût espéré l'un ou l'autre instrumental, fresque, et autres ballades inscrites dans le cahier des charges. Quoiqu'il en soit, nos valeureux gladiateurs se dotent désormais d'un arsenal suffisamment efficace pour maintenir l'adversité en respect et, surtout, caresser l'espoir de s'imposer prestement parmi les valeurs confirmées du metal symphonique à chant féminin. Wait and see...

Note : 15,5/20

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