A Woman's Diary - Chapter II

Liste des groupes Metal Symphonique Angel (NL) A Woman's Diary - Chapter II
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15/20
Nom du groupe Angel (NL)
Nom de l'album A Woman's Diary - Chapter II
Type Album
Date de parution 24 Juillet 2020
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Never Again
 03:24
2.
 Streetchild
 04:05
3.
 I Don't Believe
 04:44
4.
 Imprisoned
 03:51
5.
 Do You Hear My Cry
 04:17
6.
 Eg Ser
 03:16
7.
 Happy Birthday
 04:24
8.
 My Desire
 04:00
9.
 Rock in the Sea
 03:35
10.
 Silence
 03:48
11.
 Angel Maria
 04:28
12.
 Goodbye
 03:10

Bonus
13.
 Angel Maria's Poem
 04:28

Durée totale : 51:30


Chronique @ ericb4

22 Septembre 2020

Résolument intimiste, poignante et pétrie d'élégance, cette seconde offrande se fait aussi enchanteresse qu'intrigante..

Impulsé en 2004 par la sculpturale et talentueuse contralto norvégienne Helena Iren Michaelsen (Imperia, ex-Trail Of Tears, ex-Sahara Dust), avec le concours de ses acolytes d'Imperia, Angel est un projet rock'n'metal mélodico-symphonique et atmosphérique gothique d'un caractère essentiellement tempéré, à la lumière mordorée, un tantinet énigmatique, empreint de sensualité et évoluant dans une ambiance un poil plus intimiste que celle de l'illustre formation néerlandaise. Bref, une route parallèle, réservant son lot de surprises mais non des moins engageantes, prise par nos six gladiateurs. De cette originelle collaboration naîtra en 2005 un premier et enveloppant album full length dénommé « A Woman's Diary - Chapter I », signé chez le puissant label grec Black Lotus Records. Ultérieurement investie pour l'essentiel chez Imperia une douzaine d'années durant, sans lui tourner définitivement le dos, Helena mettra simplement son projet de cœur en veilleuse...

C'est aux côtés du seul et expérimenté pluri-instrumentiste Oliver Philipps (Everon, Satyrian, Phantasma, ex-Danse Macabre), coproducteur du précédent opus, que se poursuit dorénavant l'aventure pour la belle. Aussi, après un profond remaniement de son line-up et quelque quinze années plus tard, Angel ressurgit enfin, nous octroyant dès lors un second effort du même acabit répondant au nom de « A Woman's Diary - Chapter II », sorti, cette fois, chez Massacre Records. A nouveau produites et arrangées par Oliver, mastérisées aux Flatliners Studios (Ingolstadt, Allemagne) par un certain Tom Müller, sollicité, entre autres, par Theatre Of Tragedy, Therion, Bonfire, Atrocity et Bathory, les 13 pistes de la rondelle jouissent d'une production d'ensemble n'accusant pas l'ombre d'une sonorité résiduelle tout en offrant une belle profondeur de champ acoustique. De quoi nous installer confortablement à bord de la caravelle et nous laisser porter au gré des alizés par les 51 minutes de la traversée...

Non sans nous renvoyer aux enchanteurs arpèges d'accords de son devancier, le présent méfait affirme néanmoins son caractère propre tout en témoignant d'une maturité compositionnelle aujourd'hui difficile à prendre en défaut. Ce qu'illustrent, tout d'abord, les passages à l'impulsivité mesurée, les plus nombreux à figurer dans ce set de partitions. Aussi, c'est d'un battement d'aile que couplets finement ciselés et refrains immersifs à souhait inscrits dans la trame du mid tempo « Never Again » glisseront dans nos tympans alanguis. Dans cette énergie, sous couvert de gimmicks guitaristiques aux accents jazzy et encensé par les pénétrantes oscillations de la frontwoman, le mid tempo progressif et syncopé « Happy Birthday » déploie parallèlement ces rayonnantes séries de notes qui longtemps vous resteront gravées en mémoire.

Pour les férus de moments tamisés, le collectif ne les aura pas laissés pour compte, loin s'en faut, leur adressant par là même ses mots bleus les plus délicats. Ainsi, d'une sensibilité à fleur de peau et suivant chacune une ligne mélodique toute de nuances vêtue, mises en habits de soie par les ensorcelantes volutes de la maîtresse de cérémonie et laissant entrevoir des enchaînements intra piste ultra sécurisés, les ballades pop « I Don't Believe » et « Angel Maria » sont de véritables invitations au voyage en d'oniriques contrées. Dans cette mouvance, eu égard à un infiltrant cheminement d'harmoniques, on éludera difficilement aussi bien « Eg Ser » et « Silence » que « Goodbye », ballades a-rythmiques en piano/voix éminemment mélancoliques et des plus enivrantes. Et comment esquiver sans éprouver de tenaces regrets « Rock in the Sea », ballade atmosphérique pétrie d'élégance et au fondant filet mélodique ? Enfin, l'intrigante ballade rock « Do You Hear My Cry » octroie d'insoupçonnés effets de contraste rythmique et oratoire, les ronronnantes modulations de la princesse dont les félins couplets se parent alternant avec ses claires impulsions en voix de tête dont les refrains s'en font l'écho.

Quand la cadence s'accélère un tantinet et que l'atmosphère se fait soit lumineuse, soit brûlante, c'est sans ambages que la magie opérera à nouveau. Ainsi, mis en exergue par les chatoyantes inflexions de la sirène et recelant un refrain certes convenu mais des plus entêtants, l'entraînant « Streetchild » revêt l'aspect d'un hit en puissance que l'on ne quittera qu'à regret. Par ailleurs, porté par une troublante instrumentation aux effluves arabisants, c'est au cœur d'un vaste, torride et captateur désert saharien que nous plonge l'échevelant et orientalisant « My Desire ». Semblant jaillir des entrailles d'un puissant et aveuglant sirocco, les corpulentes impulsions de la diva, quant à elles, se font des plus magnétiques.

Parfois plus tortueux et enfiévré, le message musical se fait soudain moins aisément saisissable, état de fait qui n'empêchera nullement le chaland de se voir aspiré par la tourmente. Ainsi, non sans rappeler les premières heures d' Imperia, le pulsionnel et corrosif « Imprisoned » se dote d'une orchestration symphonisante tout en se parant d'une coloration opératique, lui conférant alors un caractère à la fois épique, tourmenté et altier. Dans ce champ de turbulences, s'inscrit une triangulation oratoire des plus saisissantes, des screams crayeux et une muraille de choeurs corroborant l'empreinte vocale cette fois écorchée vif de la déesse.

Pour son retour dans les rangs, Helena Iren Michaelsen nous livre une œuvre aussi racée et éclectique qu'élégante et sensible, où la charge émotionnelle s'avère difficile à endiguer, et ayant fait l'objet d'un soin particulier eu égard à son ingénierie du son. Bien plus abouti que celui de sa devancière, ce set de compositions révèle une plume qui s'est affinée au fil du temps, une technicité instrumentale affermie mais nullement démonstrative, des sentes mélodiques d'une précision d'orfèvre et des plus prégnantes et une interprète au faîte de son art.

Ayant judicieusement diversifié ses phases rythmiques comme ses ambiances, il eût été souhaitable que la belle nous octroie l'un ou l'autre duo, histoire d'ouvrir plus largement le champ des possibles en matière de chant. On aurait également espéré voir inscrits dans le cahier des charges ne serait-ce qu'une fresque symphonico-progressive et/ou instrumental, exercices de style souvent requis par l'amateur du genre et auxquels Imperia nous avait déjà sensibilisés. Toutefois, à condition de passer outre l'inconsistant outro « Angel Maria's Poem », ne concédant que de très rares fausses notes, la galette se suit de bout en bout sans encombre. Ce faisant, l'aficionado du genre intimiste et/ou de l'empreinte vocale de la contralto y trouvera assurément matière à se sustenter...

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