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Quand mon âme est en flammes, tu as peur que je brûle. Quand je vire au noir, tu sabordes mes espoirs. Ressac de tes mots, ressac de mes maux, Reine dans tes flots, reine dans ton ruisseau, Sache que ton océan d’airain trouve limite sur ma terre. Mer tremblante, vacillante, Mer pleurante, Mer aimante… Tempête d’impatience, je navigue à vue, Je m’agrippe au seul mât retenue. Complaintes abyssales, je refais surface, Enroulée dans tes vagues, otage de tes glaces, Sache que ton océan d’airain trouve limite sur ma terre. Mer tremblante, vacillante, Mer pleurante, Mer aimante… Foulée aux pieds, tu te débats dans tes marais contradictoires, Croyant détenir tous les secrets de l’Atlantide. Buttant sur la terre, tu t’enlises dans tes marais illusoires, Croyant posséder tous les secrets de Poséidon. 2. LA COMPLAINTE DE JUDAS Fallait-il vraiment tout ça pour en arriver là, Fallait–il vraiment tout ça pour un tel résultat, Sentiment d’abandon, sur l’autel des souffrances, Mortelle condition et peur de ta vengeance. Toi qui sais tout, pourquoi m’as - tu trahi, Toi si parfait , pourquoi m’as - tu maudit ? Regarde moi… Croire, croire en toi, sans toit, sous les décombres, Croire, croire en toi, en toi, caché dans l’ombre… Fallait - il vraiment donner la mort à l’humanité, Fallait - il accabler tes enfants égarés, Le péché que tu as créé devra -t - il toujours nous condamner, Le fardeau des hommes te paraît - il encor trop léger ? Pourquoi rester insensible aux prières, Qu’avons nous fait pour subir ta colère, Regarde nous… Croire, croire en toi, en toi, maître du jeu, Croire, croire en toi, caché, invisible à nos yeux… Toi qui pardonnes, pourquoi nous avoir punis, Toi si parfait pourquoi nous as - tu maudits ? Regarde nous… 3. LE VIDE Passer son temps à faire semblant, Passer son temps à remplir le temps, Trouver des prétextes à chaque jour, chaque réveil, Feindre l’étonnement à chaque soleil, Dans ce fraternel malaise réside mon histoire, Fraternelle douleur, j’attends le soir... Cette fêlure, je sais qu’elle est aussi la tienne Cette blessure, tu la portes comme je porte la mienne. A quoi bon parader et s’enorgueillir, Car sur la dernière marche tout est égal. Je regrette déjà les livres, le vin, les rires Je regrette déjà les crépuscules d’opale. Cette cassure, je sais qu’elle est aussi la tienne Cette blessure, tu la portes comme je porte la mienne. Vide, emplis toi de nos larmes, Et fais de ce chagrin une mer de félicité. Passer son temps, à faire semblant, Passer son temps à remplir le temps… 4. NUIT Tu es lumière divine, Parole d’éternité Magique, car cent fois tu m’as aveuglée. Laisse courir ton ombre sur mes cheveux de feu, Ton corps glacé en sera réchauffé. Ô Nuit, ma renaissance, Combien de mondes j’ai pu imaginer, Ô Nuit, ma délivrance, Ô Nuit, mon espérance, Sur ton royaume j’irai chasser. Parle moi encor des secrets de ta vie, Lueur sans jour, de ces jours qui s’enfuient. Je serai féconde en écrivant ces lignes, Sombre mystère dont je porte le signe. Je sais que tu partiras, M’abandonneras pour un profond sommeil. Crois moi, j’empêcherai ta mise en bière, Je creuserai la terre et te ferai prière. 5. L’ARAIGNÉE Juste calme et immobile Sûre de sa force tranquille Elle repose sur son fil Imperturbable araignée. Du haut de sa solitude Elle tisse des certitudes Sur sa toile par habitude Inaccessible araignée, Dans la vie, elle n’a rien à comprendre ou apprendre Tout vient à point à qui sait attendre Pas besoin de questions Tout est dans l’instinct, les gènes, la tradition. Dans son monde parfait, rien ne peut la surprendre Juste un filet d’illusions lentement à étendre. Toujours calme et immobile Sûre de vérités faciles Elle s’endort sur son fil Inaccessible araignée. Elle n’a pas de sentiments Sûre que viendra son moment Sa proie tombera dans l’instant Insatiable araignée. Puis un jour, elle mourra écrasée par hasard Au fond d’un garage, un coin de placard Triste épilogue d’une vie de cafard Qui n’a pas su aux autres jeter un regard. Cette histoire est à méditer Par ceux qui sont comme l’araignée Mieux vaut servir les étoiles Que de se limiter aux rebord de sa toile. 6. RAPPORT SAGITTARIUS A Nous venons de découvrir une nouvelle forme de vie primitive Sur une planète cachée dans un coin perdu de la galaxie. Cette planète s’appelle la Terre… Ils ont une aptitude à regarder sans voir, Et ont pris l’habitude d’entendre sans même écouter. Ils ont la platitude d’affirmer sans savoir, Ils ont la certitude d’être presque parfaits. Ils ont la prétention d’être seuls et uniques, Pauvres êtres malsains, grossiers et tyranniques, Qui marchent à l’ordinaire mais qui se donnent des grands airs, A coup de pompe à fric et de chiffre d’affaires… Quelle ignorance, inconsistance, Quelle vanité, futilité… Sans intérêt… Ils roulent dans leur caisse qui mène au fond du trou Et trimballent leur fesses dans tous les mauvais coups. Ils mentent à profusion, se répandent en sottises, Jusqu’à l’indigestion, sans voir venir la crise. Ils se croient immortels, se sentent valorisés, Dans les yeux de leurs frères, pauvres et déguenillés. Mais leur orgueil est tel, bêtise enracinée, Qu’ils se détournent fiers, vous pouvez bien crever… Quelle inconscience, désespérance, Quelle vanité, futilité… Sans intérêt… Ils s’attribuent les rôles de Docteur ou Savant, Se croient prophètes, ou missionnaires religieux, Ignares drapés de sermons naïfs, ambitieux, Pour mieux attirer les paumés, les curieux. Ils assoient leur pouvoir en édictant des lois, Qu’ils prétendent surgies du bon sens, ou bien des Cieux, Mais leurs pensées profondes n’ont pour seule foi, Que maudire et tuer, pour l’argent, pour l’honneur ou pour Dieu… Quelle inconscience, arrogance, Quelle vanité, futilité… Sans intérêt… Nous venons de découvrir une nouvelle forme de vie primitive, Sur une planète cachée dans un coin perdu de la galaxie. Les êtres qui la peuplent sont encor à l’état animal. Cette planète s’appelle la Terre, Elle est classée « Sans intérêt». 7. KABARET Tu es l’éclat des étoiles d’ivoire, Je suis le carbone des planètes noires. Peut–être es tu aurore boréale, Alors je suis la pierre philosophale, Tu es épi de blé, ou encor peuplier… Qui sait ? Rien de perdu, rien de créé, On se transforme au gré des années. Pauvres hères voguant entre les sphères, On prend place dans le Kabaret de l’univers. Je suis le crapaud dans le marais, Tu me dévores, rassasié. Peut- être es tu le mammouth dans la plaine…qui sait ? Ou bien le taureau dans l’arène, Vautour charognard, Vermine dans le grimoire, Qui sait ? Rien de perdu, rien de créé, On se transforme au gré des années, Pauvres frères voguant entre les sphères, Entrée en scène dans le Kabaret de l’uni… …vers quelle contrée lointaine, Allons nous nous retrouver, La pomme est à peine digérée… Connaissance et liberté ! Mais responsabilité ! Je suis catin, toi paysan, Informaticien et africain, Tu es reine, soldat, musicienne, Nous sommes martiens…ou plutoniennes… Rien de perdu, rien de créé, Transformés, dans ce chaos organisé, Pauvres hères voguant entre les sphères, Entrée libre dans le Kabaret de l’infini éphémère. 8. MORTE AU COMBAT L’âme légère mais le coeur un peu en peine, J’embrasse les miens en pensant à demain. Tanguent les navires, tangue ma douce quiétude, Sur mon chemin de croix, je connaîtrai la solitude. Dans ce pays où coule le miel Je n'ai répandu que du fiel, Souillé le sable immaculé Des mosquées aux visages torturés. Tuer par habitude, tuer par servitude, Hyènes de la nuit, mirages du jour. Je suis morte au combat. Tangue ma déraison, tanguent les fiers navires, Je souffle le cierge de mon épouse de cire. Mon amour, je te demande pardon, Le passé me hante à jamais. Folie, alcool, à l’unisson, Les voix chantent mes regrets. Tuer par habitude, tuer par servitude, Démons de la nuit, mirages du jour. Je suis morte au combat. Je cherche Dieu dans la pénombre mais il ne m’entend pas. J’implore le diable dans les abîmes mais il ne m’écoute plus. Je n’aurai pas la faveur d’être damnée, Ces notes sonnent le glas de mon heure achevée. Je suis morte au combat. 9. LABYRINTHES (instrumental) 10. ENFANT DE PERSONNE Le soleil se lève sur le monde Et je ne sais pourquoi Je ressens la noirceur vagabonde Errer au fond de moi, Tout au fond de moi. Un autre jour se lève sur le monde Illusion d’un matin Engourdi dans la froideur profonde Des voiles du destin, Voiles du destin. Fille de rien, enfant de personne J’ai sur les mains la fraîcheur Des gelées et des tourments d’automne Sur les chemins qui jamais ne s’arrêtent S’étendent loin vers l’infini Labyrinthes obscurs et sans sortie Horizons lointains, nuages gris Dans ce mirage qu’on nomme la vie. La lumière se lève sur le monde Mais je ne sais pourquoi Il y a toujours ces frayeurs vagabondes Ancrées au fond de moi, Tout au fond de moi. Fille de rien, enfant de personne J’ai dans les yeux les couleurs Si humides des feuilles d’automne, Au dernier festin, je me retournerai, souriant loin à l’infini Levant mon verre à ces jours sans répit Potion amère mais douce comme la pluie Après l’orage qu’on surnomme la vie. Où vont ces ombres incertaines Dans les vallées de larmes, de peine Ils avancent hagards et sans bruit Soldats de l’oubli. Ici, tout n’est que poussière Et demain sera tout comme hier, Sur les chemins qui jamais ne s’arrêtent S’étendent loin vers l’infini Labyrinthes obscurs et sans sortie Horizons lointains, nuages gris Dans ce mirage qu’on nomme la vie. Fille de rien, enfant de personne J’ai sur les mains la fraîcheur Des gelées et des tourments d’automne, Quand vient le soir dans mon coeur. Fille de rien, enfant de personne J’ai dans les yeux les couleurs Si humides des feuilles d’automne Au dernier festin, je me retournerai… 11. EXPÉRIENCE J’étais entraînée par la ronde de la jeunesse, Robe d’apparat, mon âme cuite par les sécheresses. Désormais , de glace, je vois sans émotion, Désenchaînée de toutes passions. Sans étincelle, je détourne la flamme, Dompte le feu, mon coeur fondu en larmes. Chaque instant, le temps me libère, Chaque seconde, le temps me libère. Cet entendement m’élève et m’affole, Peut-être serai-je lâchée dans le puits des idoles. Je crains que la sagesse des humbles ne me condamne, Pour avoir trop pesé les âmes. Dénuement des sens, dénuement des mots, Le chant de la terre m’aspire vers le haut. Chaque instant, le temps me libère, Chaque seconde, le temps me libère. Ordre à mon corps de séparer la chair, Mon souffle est lent, mon souffle est court. Mais dois- je garder la quiétude des sourds? Je leur souris et baisse les paupières. Toutes ces empreintes, ces couleurs qui m’accueillent, Voici le seuil… Encor un pas, voici le seuil… Chaque instant, le temps me libère, Chaque seconde, le temps me libère. Vieillesse! paroles ajoutées par Ptipote - Modifier ces paroles
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