WASP @ Limoges 2017, CCM John Lennon

“WASP” en tournée dans le pays, tout amateur français de heavy metal en rêvait. C’est désormais chose réalisée en cette année 2017. Faut dire qu’au moment où on a annoncé sa venue à Limoges, je me suis précipité m’acheter un billet en me disant que ce serait sans doute la seule occasion qui m’est présentée pour voir de près Blackie Lawless sur scène, et par le même coup ce groupe mythique du heavy metal. Ce type a en partie emmené mon adolescence. Mais au moment de prendre le billet, j’ai songé aussi à prendre une assurance d’annulation. Pourquoi? Parce que le monsieur a la très fâcheuse réputation de piquer de vilains caprices et d’annuler ses concerts d’un coup de tête au dernier moment, et souvent pour des raisons assez obscures. Certains se souviennent certainement des dates en France annulées en 2010 ou en 2012. Et j’ai été très pessimiste pour cette date de Limoges quand on a annoncé quelques jours avant que “WASP” s’était défait de sa première partie de tournée, qui n’était autre que “Beast In Black”, un petit nouveau dans le circuit, originaire de Finlande et composé d’un ancien membre d’”Amberian Dawn” et de membres de “Wisdom”, entre autres. Ce qui donne sur un support physique (leur premier album écouté en voiture) un mélange très mélodique entre “Battle Beast” et “Europe”. J’en ai eu quelques mauvais retours, surtout de la part des vieux briscards plus allergiques au heavy moderne et mélodique de toute façon.

 

Néanmoins, je ne pense pas que ça ait eu un rapport concret avec leur déconvenue dans cette tournée de “WASP”. Tout au plus on a rapporté une engueulade entre les finlandais et Blackie, et la décision de ce dernier de les retirer de sa tournée. Information à peine dévoilée sur le facebook de “Beast In Black”, mais confirmé par quelques bons informateurs présents sur place. Cette tournée, justement, parlons en. On fête en cette année les 35 ans d’existence de “WASP”. Quelle durée de vie! Pour le coup, il est prévu que l’album “The Crimson Idol” de 1992, sans doute l’un des plus vénérés par les fans et des plus intimes de Blackie Lawless, soit joué lors de cette tournée en son intégralité, en plus de quelques autres morceaux.



WASP

le Dimanche 05 Novembre 2017

Les portes du centre culturel John Lennon de Limoges s’ouvrent un peu plus tôt que prévu, aux alentours de 18h30. Il y a déjà énormément de monde. Je me mets alors dans l’idée qu’il me sera impossible d’approcher la scène pour prendre des photos de près. Tant pis! A la débrouille. L’attente paraissait interminable à l’extérieur. Une fois rentré dans le sanctuaire, au chaud, on prenait dimension de la chose et il a fallu pour moi se placer en second rang du balcon, accoudé au stand de merchandising officiel du groupe, tenu par un ricain, qui ne vendait que tee-shirts et drapeaux à des prix plutôt exorbitants (comptez plus de 30 euros le tee shirt. Pourtant, il s’en est écoulé). Cette fois l’attente continue à l’intérieur, on entend des fans pester, grommeler au bout d’une demi-heure. Oui! Il n’y a plus de première partie, mais le concert n’est pas avancé pour autant. On avait bien proposé un groupe de la région, histoire de combler ce manque, mais Blackie aurait refusé. Au lieu de quoi tout le petit monde amassé contemple la batterie d’Aquiles Priester, batteur live de “WASP” depuis cette année, ainsi que l’énorme logo céleste du groupe trônant au dessus.

 

A 20h30 pétante, les échanges de torche en direction de l’ingé son indiquaient la venue du messie rédempteur. Donnant le coup d’envoi, un film est projeté sur les côtés de la scène et accompagnera les morceaux joués de “The Crimson Idol”. Ce film ” Idolized” est un ensemble schizophrène de vues en noir et blanc, diffusés à un rythme effréné, présentant le parcours tumultueux d’un jeune guitariste. On y trace ses traumatismes de l’enfance, son envie de gloire, sa solitude, sa rage, ses doutes, sa mort. Les quatre membres du groupe prenaient place. Blackie Lawless, véritable seigneur, se met lui plus en retrait. Le show commence naturellement avec “The Titanic Overture”. Le son était parfait, le chant de Blackie avait conservé toute sa superbe malgré les marques du temps visibles sur son visage. Fait un peu gênant pour le spectateur, le chanteur-guitariste vedette tourne plus de la moitié du temps le dos au public, presque accolé à la batterie. Sur quasimment toutes les parties non chantées en fait. Laissant paradoxalement exploser le talent de son bassiste Mike Duda et de son guitariste Doug Blair. Doug parait en double-guitare à partir de “The Gypsy Meets the Boy”. Ceux-là ont réalisé un show de haute volée bien à proximité du public. J’étais d’ailleurs très impressionné d’entendre de puissantes notes de basse au moment où sur le film le jeune héros fracassait sa guitare contre un miroir. Pourtant Mike était dos à ce qui était projeté, mais dévoile ainsi que l’ensemble avec Blackie a été réglé avec méthode comme sur du papier à musique. Impressionnant, hormis cette étrange allergie de notre légende vivante du heavy à une confrontation plus direct avec le public.

Le monsieur va néanmoins savourer l’instant, se montrer plus courtois et communiquant par la suite avec ce public peu frétillant, mais complètement hypnotisé. Il est vrai que le public, bien présent à cette date, que l’on retrouve même agglutiné dans les escaliers, ne paraissait pas bouillonnant. Mais, il ne faut interpréter cela comme une mauvaise réception de la part du public. En fait, la foule comprenait beaucoup de quadras et de quinquagénaires, juste heureux d’assister au concert d’une de leurs idoles et peut-être aussi conscients de ne pas le revoir de si-tôt. Ils n’avaient pour ainsi dire pas envie d’en perdre une miette, voila tout. “The Crimson Idol” terminé, et après une pause, puis un petit medley des tubes de la formations, on a le droit à quelques hors d’œuvres. Quatre autres morceaux plus précisément, privilégiant le répertoire bien connu des années 80, contrairement aux rumeurs qui avaient spéculé dans l’introduction de trois titres inédits. Le premier d’entre eux est “Love Machine”. Le clip est diffusé en arrière plan. Et il en sera de même pour les trois autres morceaux prévus en supplément. Suivra l’irrésistible “Wild Child”, ensuite “Golgotha” pour revenir à quelque chose de plus récent, et enfin “I Wanna Be Somebody” pour marquer un nouveau retour aux années 80. Il était important de signaler le jeu entre Blackie et son public sur “Wild Child”. Introduisant le morceau par quelques notes, celui-ci attendait que la foule hurle, supplie pour qu’il puisse jouer ce morceau. L’homme semblait être très satisfait de la situation au point qu’une bonne minute ce soit déroulée avant que “Wild Child” retentisse véritablement. C’est ça d’être une légende vivante.

A l’abri de la vue du phénomène, et la gorge enrouée pour avoir au moins beugler comme un âne sur “Wild Child” et “I Wanna Be Somebody”, seul extrait où on avait d’ailleurs prié un retour chanté du public, j’ai été plutôt déconcerté par ce concert. Hormis, les quelques désagréments dues aux traits de caractère de Blackie Lawless, et la durée assez courte du show qui n’a guère été au delà de 1h20min de concert, il faut bien reconnaître que nous sommes sortis satisfaits. D’avoir vu une légende, en leader efficace, à la voix et à la guitare, d’avoir vu une prestation sur mesures, carré, à l’américaine. A croire que certaines légendes ne sont pas mortes et continueront d’être adorées malgré leurs caprices.

Set-List:
1. The Titanic Overture / 2. The Invisible Boy / 3. Arena of Pleasure / 4. Chainsaw Charlie (Murders in the New Morgue) / 5. The Gypsy Meets the Boy / 6. Doctor Rockter /7. I Am One / 8. The Idol / 9. Hold On to My Heart / 10. The Great Misconceptions of Me / 11. Love Machine / 12. Wild Child / 13. Golgotha / 14. I Wanna Be Somebody


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