Var West Fest, Cabasse

Samedi 9 juillet, nous sommes attendus à la première édition de Var West Fest. L'itinéraire paraît simple, et le chemin jusque là était tout tracé. Mais lorsqu'apparaît soudainement le panneau 'Cabasse 10' sur la gauche, c'est d'un coup brusque qu'il faut tourner le volant pour filer vers notre destination. La petit route annoncée par Seb, ou Sébastien Mathieu, organisateur du festival et compositeur-guitariste du groupe Poste 942, est bien là. Les virages se succèdent, la petite ferme et son éolienne toute rouillée sur la gauche, puis enfin une première affiche, nous indiquent que l'arrivée est proche. Pas si tôt dit que nous y sommes. Cabasse, commune de tout juste 2 000 âmes située dans la campagne Varoise. Stoppons là la visite, nous ne sommes pas ici pour faire du tourisme, mais bien pour en prendre plein les esgourdes, mais pas que. Et, oui, tout juste débarqué sur le terrain (de pétanque) ombragée où la scène est installée, que la chaleur nous dit qu'il faut nous diriger vers l'espace dédié au bien être ; j'ai nommé le coin bar et restauration. Attention, nouveau concept en marche : « Cochon, Bière et Rock'n'roll », n'auront cesse de nous rappeler toute la soirée que le Var West Fest ne propose que du bon.



Poste 942

le Samedi 09 Juillet 2016

 

Pour attaquer ce festival, quoi de plus logique que Poste 942. Digne représentant du « Rock Burné » Varois, ils commencent avec un « Star Dog » sortit d'on ne sait où ? Heureusement que « Color Of Red » nous remet sur les rails d'une voie connue. Par contre, nous sommes assez dérouté par l'interprétation que Seb, nouveau chanteur du groupe, fait de « Breathe ». Il donne de sa personne et de sa voix pour mettre un autre relief des titres du premier EP. Plus enjoué dans les timbres type Punk-Hardcore, il nous délivre, d'une part sa hargne, et d'autre part, des moments de calme, où nous le retrouvons à genoux au bord de la scène. Au même titre que Seb, Jay, derrière la batterie, assure les rythmes des anciens titres. Sur les nouveaux, extraits du Extended Play 2, il est évidement très expressif et concentré. Si nous osions, on dirait : « mais quand est-ce que le line-up de Poste 942 se stabilisera ? » Une prestation du groupe, entre le festival et le moment où nous écrivons ces lignes, nous permet de vous dire que la formation a un nouveau batteur, et que Jay et revenu à ses premiers amours ; la guitare. Nous sommes curieux de ré-écouter les titres du groupe avec ce quintet qui, d'après ce que nous savons, va taper fort. Rendez-vous le 10 septembre à Hyères (83) pour le Festrock 8 Morts Subites. Nous profitons des présentes lignes pour dire deux mots sur ce deuxième EP tout chaud sorti des cartons pour l'occasion. Trois titres bien entendu mis à l'honneur dans ce live remplit de spontanéité et de simplicité, comme la musique et le groupe qui la joue. Sans véritablement trancher par rapport à Extended Play premier du nom, on y retrouve une production plus soignée, mais restant toujours dans les tranchées du Rock-Garage. « 49.3 », qui nous aura valu un petit discours d'une drôle d'éloquence pendant le festival, vogue sur les routes de la contestation. Avec une intro à la cloche et des rythmes punk-rock comme il se doit, la caisse claire et la guitare stridente nous en mettront plein les oreilles. « Opium For The Masses » qui enchaîne sur scène, à l'inverse de l'EP, est fort judicieusement placé pour mettre en avant la force qu'il dégage. « Devil's Complaint », single s'il en est, clôturera cette prestation, avec une vague Grunge pour le plus grand plaisir des amateurs du genre que nous sommes. Le diable s'empare de la scène, alors que l'on imagine bien en toile de fond, une tenture rouge ornée d'un crâne de dinosaure aux cornes biens pointues.

Set list :

Star Dog – Color Of Red – Breath – 49.3 – Psyko Love – Opium For The Masses – Devil's Complaint

Overcharger

le Samedi 09 Juillet 2016

Annoncés par Seb, les suivants à monter sur la scène sont les Bordelais d'Overcharger. Ces quatre gaillards ouvrent la tuerie musicale annoncée avec « Down South ». Quoi de plus logique pour ceux qui se veulent « revenir à la base du Metal Sudiste ». Aussi tôt la guitare de JB qui siffle et le chant de Basty qui fume, allumeront les poudres d'une musique qui déchire. « Outlaw », qui suit, enfoncera le clou avec un riff à écorcher la bête. Mais dès que le solo retentit les oreilles et les regards sont accrochés à la guitare pointue. Inutile de dire que nous aurons, tout au long du concert, envie de crier « Dimebag » Darell sort de ce corps. Et puis les titres de leur album, « All That We Had », se succèdent comme autant d'hymnes au genre. Ils y passeront tous sans exception histoire de ne donner au public aucune chance d'en réchapper. « Hidden By The Moon », arrivant en milieu de set, nous montrera toute l'étendue du talent des jeunes hommes en aménageant un moment de calme relatif dans l'oeil de la tempête qui les anime. L'occasion pour apprécier les faces à faces entre Wafi (basse), et sa détermination affichée, et JB, ou encore les accélérations rythmiques de Tom dont dont les coups seront d'une précision militaire. « Street Of Terror » finira d'achever les fuyards ne voulant pas reconnaître la puissance du quatuor et la voix monstrueuse du bonhomme aux pieds nus. La fin du set nous permettra d'écouter des anciens titres tel que « Execution » qui n'était que le début d'une histoire et d'un ensemble de titres éloquents. Et comment ne pas évoquer cette guitare aux sonorités tout droit sortis du bayou pour l'intro d'un « I Was A Soldier » dont on n'aurait pas pu se passer. Voilà une prestation, à la hauteur de nos attentes, qui a su délivrer un album déjà excellent, tout en ajoutant l'énergie et la passion de quatre gars à la musique authentique.

Set list :

Down South – Outlaw – Temptations – Don't Get Lazy Bitch – Hidden By The Moon – Streets Of Terror – Chainsaw Kiss – Execution – I Was A Soldier – Fuck Your Enemy

Indust.

le Samedi 09 Juillet 2016

Lorsque Indust, formation Hardcore Toulonnaise, arrive sur scène, les projecteurs commencent à faire leur effet alors que le jour décline. Un groupe qui, avec ses six gars déchainés, dégage une énergie débordante. Leurs titres sont fulgurants, ils défilent à toute allure. Assez court, ils sont tout de même suffisant pour que les deux chanteurs fassent monter la sauce façon punk-hardcore. Tantôt sur scène, tantôt dans le public, ils montrent la hargne et l'énergie qui les animent. Sur les planches, le batteur et les deux guitaristes sont campés sur leurs positions. Accompagnés du bassiste à la carrure impressionnante, ils font avancer la machine survitaminée. Nous n'avons pas le temps de nous retourner pour passer voir les « Amis du Vin et du Cochon en Coeur du Var », que six titres ont déjà fusé à travers le festival. A notre retour, ils en appellent à « l'Australien ». Ancien membre du groupe, il est maintenant résident de l'île aux kangourous. Il monte sur scène pour un tour de chant, et partage « Statement Of A Lifetime » avec ses frères d'arme. Nous les remercions d'avoir remplacé au pied levé le groupe Zoe qui avait du annuler sa venue peu de temps avant. La folie de leur Hardcore que nous ne connaissions pas a pu nous saisir et nous mettre une claque pour le reste de la soirée.

Set list :

Back To The Pit – Bloodpath – Difference – Dead End – Slasher – Head (faillure) – Statement Of A Lifetime – No More – On Evils Right – Whore – Legitimate Pride – Fake – Michaelle – Oï Oï Oï

Ghouls Stone Valley

le Samedi 09 Juillet 2016

Alors qu'il ne reste plus qu'une faible lueur derrière les arbres entourant la scène, les lumières bleues et violettes enrobent les Ghouls Stone Valley (G.S.V.), groupe d'Horror Indus Metal venu de Marseille. Mise à part Fanny qui nous fait face derrière ses futs, Rott Finger (guitare), Middle Bones (guitare), Trickster (basse) et Kommandant K (voix) nous tournent le dos. Un changement de line-up assez récent pour le duo basse-batterie. Alors que l'intro ne semble pas fonctionner comme il se veut, nous ne percevons rien de l'ennui technique du côté des samples, trop occupé à explorer les recoins de la scène qui abritent cranes, squelettes, et autres silhouettes fantomatiques. C'est avec nos yeux rivés sur la jaquette du guitariste arborant un « 31th October » que démarre justement ce titre phare du premier album du groupe, qui soufflera bientôt sa première bougie. C'est alors qu'une oreille avertie s'apercevra que les samples ne fonctionnent pas, et tout le set en sera dépourvu. Même si cette absence handicape les titres qui agitent la nuit, cette malchance ce n'est qu'un début. Ce soir, nous pourrions dire que les G.S.V. ont surement croisé un chat noir en venant au festival. Alors que les musiciens aux allures de goules croisent les titres de leur premier EP et ceux de l'album, voilà qu'un corde cède au jeu d'un guitariste. En attendant l'échange, le second guitariste s'en sort plutôt bien. Kommandant K et sa voix rock assure le show en faisant voler l'être fantomatique qui lui sert de familier. Malgré le retour du six-cordiste, il faut avouer que nous avons du mal à retrouver tout l'univers des G.S.V. en cette belle soirée. Le son est bon, la fumée et les artistes assurent comme ils savent le faire. « Don't Fear The Boogieman » finira le concert sur une tonalité complètement folle. Nous avons hâte de retrouver cette lugubre compagnie, le 16 septembre au Korigan (13) ou le soir d'Halloween.

Set list :

(Intro) 31Th October – Let's Split Up – Let Me Out – I Turn Insane – Spread My Lies – S.S.D.D. - Weird Song – Don't Fear The Boogieman (Rambo)

Obese

le Samedi 09 Juillet 2016

Pour finir ce festival, nous aurons l'honneur d'écouter Obese, groupe de Stoner, que notre gentil organisateur a réussi à faire descendre des Pays-Bas. En cette fin de soirée, le public, quelque peu éparpillé pour les autres prestations, est, pour le groupe phare, amassé devant la scène. L'espace entre la régie, que nous félicitons au passage, et les musicos, paraît presque trop petit pour les 300 personnes annoncées par l'organisation. Sur scène, la tenue de rigueur est la chemise, le pantalon, et les chaussures noires. Lennard, le batteur, s'offre même la curiosité de garder ses lunettes de soleil alors qu'il entame le premier titre. La température monte donc d'un degré dès que « Kali Yuga », titre éponyme de l'album, nous fait vibrer par son intro à la guitare qui annonce déjà un grain bien particulier. Les deux titres suivants, et notamment, le superbe et mystique «Begetter Dead Letter» contribuent à faire agir le sortilège d'une musique qui, aidée par les jeux de lumières, va nous hypnotiser. Autant vous dire que, sous le charme, nous constaterons uniquement (au réveil) le lendemain que notre série de photos est bien pauvre. Nous avons tout de même pu immortaliser quelques moments. Celui où le batteur tombera les lunettes et ouvrira la chemise pour évacuer la chaleur d'un jeu qui colle vraiment au Stoner Rock. Le guitariste, Idde et le bassiste, Quirin, assurant leur lignes rythmiques tout en accompagnant Koos au chant. Nous ne comptons pas les moments de ce dernier, penché sur le retour, la voix bien cassée, où encore complètement exténué, la chemise collant à la peau. Alors que la musique a réussi à chauffer l'auditoire, « Down The Gauntlet » finira ce set qui sera passer comme par magie, et nous aura convaincu de ce superbe choix. Merci à Obese d'avoir répondu positivement à la demande de Seb, et donc à ce dernier de nous avoir fait découvrir ce très bon groupe.

Set list :

Kali Yuga – Red As The Sun – Begetter Dead Letter – Hard Line – Human Abstract – Thursday – Down The Gauntlet

 

Avant de quitter le festival, nous prenons le temps de faire le tour des tentes installées pour accueillir : deux boutiques Metal de la région et le merchandising des cinq groupes. Les artistes se succèdent pour échanger avec les passionnés. La bonne ambiance est de rigueur, mais nous devons nous résigner à rentrer en pensant déjà à l'année prochaine. Sur le chemin du retour, ces cinq groupes résonnent encore dans notre tête par leur diversité ; de très bonnes confirmations et de belles découvertes. La nuit enveloppe la route en lacets qui s'ouvre devant nos phares. Mais cette fois la seule pensée du cochon sauvage qui peut débouler ajoute au « charme » de ce chemin post festival.


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