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Adler's Appetite Forum de Vauréal 2011, Le Forum - adrien86fr

Adler's Appetite

[edit]
le Vendredi 11 Fevrier 2011

Les légendes du rock n’ roll… Ces mythes immuables qui cristallisent notre passion et qui font d’un simple concert un moment indescriptible et d’une intensité rare ; véritable bribe de vie permettant à celui qui l’a vécu  d’empreindre à jamais son âme de souvenirs inoubliables et d’associer dès lors la musique de l’artiste concerné avec des émotions irrationnelles et propres à lui même. Existe-t-il des mots suffisamment forts et marqués de sens pour pouvoir décrire ne serait-ce qu’objectivement cet instant de quelques heures où les différences s’effacent et où un public passionné ne devient plus qu’une seule et unique entité avec l’artiste ?
 
Forum de Vauréal (95) ; vendredi 11 février 2011 en soirée. Ils sont tous là ou presque, les fans invétérés de Guns N’ Roses, ceux pour qui le cultissime « Appetite for Destruction » s’avère être l’un des meilleurs albums de rock n’ roll de tous les temps et pour qui les feux d’artifices et les paillettes du concert de Guns N’ Roses de septembre 2010 à Bercy furent trop peu pour combler un insatiable appetite de rock n’ roll ; pas celui du fric et des majors représenté par la W. Axl Rose Inc. ; mais le rock n’ roll des petits clubs où la bière autant que la sueur coulent à flots dans un déluge assourdissant de décibels et dont la violence n’aurait d’égal que la furie d’une fosse où chacun use de toute son énergie pour se rapprocher au plus près de la scène et de ses idoles.
 
Appetizer de la soirée, le groupe de hard rock « glam » britannique Knock Out Kaine. Présentant une vision peu originale et on ne peu plus stéréotypée avouons le de notre ultime raison de vivre et de croire ; ce quartette parvient néanmoins à faire passer le temps d’attente grâce à un hard rock qui mine de rien se laisse écouter et même apprécier parfois. Fronté par un chanteur dont l’embonpoint relativement prononcé ne colle pas tout à fait avec les codes esthétiques qu’il s’impose masochistiquement (pantalon moule bourses, foulard à la ceinture… etc), Knock Out Kaine respire cependant la passion et nul doute que ces quatre amateurs sont heureux de présenter leur musique au public du Forum et garderont des souvenirs ineffaçables de leur tournée en ouverture du légendaire Steven Adler pour laquelle la pose de quelques semaines de congés fut certainement nécessaire. Rien que pour cela, KOK mérite amplement nos index et auriculaires dressés vers le ciel noir et obscur de la banlieue de Cergy-Pontoise.

Il est un peu plus de 22 h quand enfin, les lumières du Forum de Los Angel… euh…de Vauréal s’éteignent pour de bon et raisonne l’introduction sonore du concert d’Adler’s Appetite que tous le monde attend avec une grande impatience depuis l’annonce il y a quelques mois de la tournée du batteur originel des Guns N’ Roses sur le vieux continent. Durant ces quelques minutes qui paraissent une éternité, les souvenirs et les images défilent 300 km/h dans les esprits de chacun ; les innombrables écoutes d’ « Appetite for Destruction », la traduction hasardeuse des lyrics de cet album immuable au bon vieil Harrap’s Français/Anglais, les contes et légendes du Sunset Strip des années 1985-1989, les excès en tous genres de Steven Adler et de ses bandmates qui  conduiront à sa cruelle mais inévitable éviction du combo, sa rencontre avec Slash à la Bancroft Junior High School en 1977, leurs après-midi passées chez la grand-mère de Steven à écouter solennellement les premiers Kiss, bref quel plaisir intense de savoir que ce gars va dans quelques secondes se retrouver en face de nous pour interpréter avec son groupe les titres d’ « Appetite for Destruction » et plus encore. Peut-on rêver meilleur tribute band des Guns franchement ? Dans une salle à taille humaine qui plus est, n’en déplaise au Velvet Revolver vu dans un immense Pengrowth Saddledome de Calgary (Canada) au 4/5ème vide en mars 2005, entouré de middle class emo kids fans de planches à roulettes et de pucelles appareildentairisées à cheveux roses.
 
C’est parti, le groupe investit la scène et tous les yeux se rivent sur Steven Adler qui semble être resté bloqué capillairement en 1987. Il a le sourire et semble hyper heureux d’être là. « It’s so Easy » et sa légendaire intro de basse/batterie entame les hostilités (« I see your sister in her Sunday dress… »), et ça y est, on y est enfin, le voyage commence ! Difficile à croire, mais Steven Adler impressionne dans son jeu de batterie inspiré et on ne peut plus rodé, dans son plaisir inconsidéré à taper sur ses fûts pour son public ; lui qui 23 ans plus tôt ne tenait plus debout et s’écroulait lamentablement sur son drumkit à cause de ses consommations gargantuesques de drogues dures et d’alcool ; comme quoi le rock n’ roll peut détruire mais aussi reconstruire ses protagonistes les plus sincères ayant donné leur vie pour ce style indémodable et intemporel. Dans l’attitude, le reste du groupe suit plus ou moins l’enthousiasme d’Adler : le chanteur est hyper motivé et donne l’impression de vouloir faire son boulot le mieux possible, le remplaçant d’Alex Grossi dans un état de somnolence apparent semble se faire chier comme un rat mort ; la même pour le bassiste Chip Z’Nuff  du légendaire Enuff Z’Nuff, mais quoi de plus normal au final lorsque l’on connait la musique planante et parfois soporifique d’EZN qui ferait presque passer Dokken pour un groupe de thrash metal amphétaminé ; et enfin Michael Thomas de Faster Pussycat quant à lui semble suivre le dynamisme d’Adler dans sa plus qu’honorable incarnation de l’irremplaçable Slash au poste de lead guitarist. Chapeau de cow-boy, bras intégralement tatoués, cuir noir moule-burnes, santiags, foulard à la ceinture, Gibson Les Paul rouge en main, clope au bec ; le style et l’attitude sont quasi parfaits. Comment pourrait-il en être autrement de toute façon pour un membre du très classieux Faster Pussycat ?

« Nightrain », « Out Ta Get Me », « My Michelle » ; les tubes d’ « Appetite » s’enchainent à mesure que Steven Adler gratifie un public fasciné et conquis d’un sourire constant et d’une gentillesse on ne peut plus apparente. Qui est le plus heureux d’être présent ce soir, Adler ou le public ? Impossible de répondre et qu’importe ; la magie opère et c’est le principal. Même en fond de scène derrière son drumkit, Adler est plus que présent et il suffit de le regarder droit dans les yeux (attention, c’est le vécu qui parle..) et de le pointer du doigt en mimant son jeu pour qu’il rende instantanément ce salut une de ses baguettes pointée vers soi avec un sourire incommensurable doublé d’un petit clin d’oeil. De quoi se pâmer tel une groupie hymenisée de 13 ans et demi ayant croisé le regard de Cal Cooper à un concert des Worlds Apart ou au Hit Machine en 1996 ! Après chaque morceau ou presque, Steven balance ses baguettes dans le public ; difficile donc de ne pas chopper au cours du set une Vic Firth ou une Zildjian ; au choix ; et de repartir chez soi avec un objet d’une valeur sentimentale absolument inestimable qu’il conviendra d’exposer sous-verre et qui sera légué de générations en générations tel un graal mystique et familial. Derrière le microphone, le canadien Rick Stitch à certes la dégaine et l’attitude mais son timbre vocal semble être un peu trop lisse pour pouvoir incarner le sleaze rock outrancier de Guns N’ Roses. A mi chemin entre un Tim Ripper Owens dans l’agressivité et un Peter Loran de Trixter dans ses parties les plus calmes, Stitch peine à faire oublier Axl Rose mais on ne peut que le lui pardonner lorsque l’on voit le plaisir qu’il a d’être présent ce soir en France face à deux ou trois-cents fans survoltés chantant à tue-tête et plus fort que leurs voisins si possible les hits du premier full length de Gn’R. Grand moment de la soirée, la reprise du magnifique « Civil War », seul morceau des « Use Your Illusion » sur lequel Adler était parvenu à taper sur ses fûts avant son évidente mise à l’écart de ce qui était déjà à l’époque l’un des plus grands groupes de rock de la planète et de l’Histoire. Au cours de cette véritable perle sonore, Steven Adler lâche un peu son sourire simple et authentique pour empreindre son visage d’une émotion certaine et touchant l’auditoire. Magnifique. A côté d’être un tribute band, Adler’s Appetite s’avère également être un groupe comme un autre, preuve en sont les « Stardog », « Fading » et autres « Alive » qui composeront entre autres les pistes d’un futur premier album du combo californien. Cependant, comment ne pas préférer les ultimes « Mr. Brownstone », « Rocket Queen », « Sweet Child O’Mine », « Paradise City » et autres « Welcome To The Jungle » à ces compos que l’on appréciera sans doute plus dans son canapé un bourbon à la main quand sortira le disque.

Excellente soirée donc que ce concert d’Adler’s Appetite au Forum de Vauréal qui aura permis au public de passer un agréable et inoubliable moment avec le légendaire et très sympathique Steven Adler, et de vivre « Appetite for Destruction » dans un autre cadre que celui d’une aréna bondée dont les multiples artifices avaient peut être occulté l’essentiel : le rock n’ roll simple, efficace et décadent puant le tabac froid, le Jack Daniel’s et le sexe facile (ma charmante voisine et les toilettes du Forum s’en souviennent certainement… bon ok, j’arrête de raconter des conneries.. ;-)). Toute proportion gardée, ce show d’Adler’s Appetite du 11 février a peut être pu donner un petit aperçu de ce que pouvait être la luxurieuse folie sleaze rock des années 1985/1989 dans les clubs de Sunset Boulevard tels les lieux sacrés Gazzari’s, Roxy et autres Whisky A Go-Go. Merci infiniment à Steven Adler pour ce show inoubliable et pour le drumstick Zildjian 7A utilisé sur « Paradise City ».
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Commentaires

ZazPanzer ajouté le 30 Mai 2012 
Magnifique live-report empreint d'émotion ! "Ils sont tous là ou presque" : j'étais dans les "presque"... et je le regrette amèrement; et ce n'est pas le tribute-band grotesque vu en guest de Gilby Clarke cet hiver qui comblera ce vide. Peut-être la joie de revoir Axl mardi, qui sait ?
Et t'es vraiment dur avec EZE !
"Our chicks were hot, our cars were fast; we took the days, we made them last, I'll remember these daze for the rest of my life" ;-)
adrien86fr ajouté le 30 Mai 2012 
Merci pour ton comm Zaz ;-) J'ai rédigé ce report à chaud le lendemain du concert et après relecture hier soir avant de le poster, je me suis effectivement rendu compte que Enuff Z'Nuff valait bien plus que ce dont je l'affable dans mon article !

Avec du recul, j'avais aimé le passage du W. Axl Rose Orchestra à Bercy, set et groupe "larger than life" bien en phase avec le personnage du rouquin tyrannique, bref le jour et la nuit comparé à la simplicité et l'authenticité d'Adler's Appetite.

Bon concert mardi en tout cas ! ;-)

Chab ajouté le 01 Juin 2012 
Merci pour ce report Adrien ;)

ça avait l'air fichtrement sympa =D
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