Klone

Un groupe qui évolue constamment. Un groupe qui fait tomber toutes les barrières. S’affranchissant cette fois-ci de l’électrique et d’une structure rythmique habituelle, Klone a décidé de livrer un disque totalement acoustique, reprenant son répertoire récent sous sa forme la plus authentique et pure possible.
La parole est à l’un des deux guitaristes, Aldrick, qui nous explique plus en détails la genèse du projet …

[Par Eternalis]

interview Klone1 – Salut Aldrick ! Comment vas-tu ? Comment se passe l’actu du moment ?
Ca va très bien. Une très bonne actualité avec la sortie de l’album acoustique, une quarantaine de dates à venir et des portes qui semblent s’ouvrir donc c’est plutôt une bonne période.



2 – Quel bilan ferais-tu de « Here Comes the Sun » ?
Un bilan positif. L’album a été très bien reçu par les critiques et il y a eu un effet très positif sur les gens. On a fait beaucoup de concerts dans des pays que nous n’avions jamais faits comme l’Australie et le Maroc. Cela a permis de jouer notre musique face à des cultures différentes et d’offrir une belle conclusion pour l’aventure qu’a été cet album.

3 – Quand vous avez annoncé la sortie de l’album a été acoustique, j’ai finalement trouvé que ce n’était qu’une suite logique de « Here Comes the Sun ». Comment l’idée a germé chez vous pour en venir au cap de l’album complet ?
Notre tourneur nous avait proposé à l’époque d’ouvrir pour Anneke van…rah j’arrive jamais à prononcer son nom complet (rires). On va s’arrêter à Anneke (rires). Donc trois dates, une à Paris et deux sur une péniche à Lille. Cela a toujours été dans un coin de notre tête de jouer en acoustique puisque la base de nos compos est toujours ainsi. Il fallait juste retrouver l’essence même des titres.

Suite à ces dates, avec la réaction du public et l’engouement en général, on s’est dit qu’il fallait battre le fer tant qu’il était chaud et tout s’est ensuite enchainé très vite. Nous n’avions pas eu beaucoup de temps pour préparer les concerts et nous avions envie de prolonger l’expérience. Nous avons aussi profité de l’aide de beaucoup de gens, comme Christophe Pineau, qui nous a proposé un superbe théâtre à l’italienne à Rochefort. L’acoustique et le lieu étaient géniaux. Tout était réuni, il fallait le faire à ce moment-là.



4 – Je sais que vous êtes assez fan des années 90 et cet album m’a fait penser à tous ces groupes qui ont enregistré un « Unplugged » sur MTV à l’époque. Est-ce que, si ça existait encore, ce genre de show vous aurait plu ?
Pourquoi pas ? Nous n’avons jamais fait ça il faut dire.

Après, nos ambitions ne sont pas de passer à la télévision ou quoique ce soit. On ne se dirige pas vers le mainstreem même si la musique de Klone peut paraitre plus planante ou acoustique, ce n’est pas pour ça que c’est plus accessible. Après, évidemment, nous avons adoré les Nirvana, Alice in Chains ou Pearl Jam en acoustique…je ne sais pas si nous mériterions une place parmi ces légendes (rires)



5 – Vous avez d’ailleurs joués en radio avec Zegut. Comme l’opportunité s’est présentée ?
Cela fait plusieurs années que Zegut nous suit et nous diffuse dans ses émissions. C’était plus facile de faire un live acoustique à la radio donc il nous a proposé et cela s’est fait très naturellement. Il est en contact avec nous depuis « Black Days » et c’était le bon moment pour collaborer ensemble.

6 – Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans cette métamorphose acoustique, toi qui est plutôt axé riffs à la base ?
Comment dire…toute la rigueur que l’acoustique requiert. Ce n’est pas le même monde, pas la même façon de jouer de gratter. L’inertie du son, l’équilibre des musiciens…on se repose beaucoup sur la distorsion et la grosse batterie habituellement, ce qui est complètement impossible ici. Il faut mettre sa force ailleurs et c’est un exercice différent. Le challenge en soi était plus compliqué, ce n’était pas un élément distinct.

7 – Peux-tu présenter Armelle qui joue sur l’album et Romain Bercet qui vous accompagne sur la tournée ?
Armelle Doucet est une voisine à la base (rires). Elle a un duo avec Matthieu Metzger qui s’appelle Rhizottome et on lui a simplement demandé parce que nous cherchions de nouvelles tessitures pour accompagner Klone sans batterie. L’accordéon a très bien collé et après quelques répétitions, il était évident qu’elle devait faire partie intégrante du projet.

Pour Romain, c’est encore un voisin ! Il a une très bonne réputation de percussionniste sur Poitiers et il est là pour combler les trous d’Armelle, sans mauvais jeux de mots (rires). Il faut aussi dire qu’elle est danseu
interview Klonese et comédienne donc elle a un emploi du temps très chargé. Il nous fallait quelqu’un qui puisse combler ce manque et il a organisé un très beau set de percussions. On perd un peu le côté mélodique pour avoir un appui rythmique qui est très agréable en concert.



8 – Certains titres comme « Immersion » ou « Nebulous » semblent évident en acoustique mais des titres comme « Into the Void » ou « Rocket Smoke » sont transfigurés. Comment avez-vous bossés ce genre de chansons ?
« Into the Void », à la base, a été composé autour de mélodies acoustiques. Le plus dur avait été de les transposer en électrique à l’époque et c’était comme un retour aux sources de la rejouer en acoustique, surtout avec le chant de Yann qui ne bouge pas. Par contre, les arrangements de Matthieu changeaient beaucoup de choses et c’est là que la différence se fait aujourd’hui. Mais c’est finalement très naturel car l’acoustique est omniprésente dans la composition de Klone.

C’était un peu différente sur « Rocket Smoke » car nous avions envie de rendre le titre un peu plus « shamanique », comme une marche funèbre (rires). Nous voulions proposer une ambiance très différente et ce titre a nécessité pas mal de recherches.



9 – Quand on écoute « Unplugged », le chemin parcouru est phénoménal depuis «Duplicate » ou « All Seeing Eye » et sonne comme un point d’ancrage en milieu de carrière. As-tu une idée de votre futur ? Vous rediriger vers quelque chose de plus violent ou une suite logique des derniers albums ?
Nous avons déjà un peu de matières, des riffs qui trainent ici et là et on peut dire que c’est un retour à quelque chose de plus « velu », d’un accordage grave et de disto’. Rien n’est défini mais je pense que ce sera plus énervé et metallique. C’est ce qui se dessine mais rien n’est terminé, tout a le temps de bouger car l’album ne sortira pas avant l’année prochaine. Certaines envies de refaire du gros son vont surement ressurgir après la tournée acoustique, surtout que nous aurons tous pris du poids à force de jouer assis (rires).

10 – D’ailleurs, vous avez joué la première date dans le temple protestant de Rochefort et le public était assis. Quels ont été vos émotions au moment de débuter votre concert ?
L’énergie est complètement différente. Le lieu était en plus porteur d’une aura très particulière. Il y a une sorte de respect mutuel entre nous, à l’inverse de quand tu mets ton ampli très fort et que tu te réfugies derrière les décibels. Nous sommes vraiment à nu et les gens le ressentent tout de suite, il y a comme une pudeur mutuelle qui incite au respect, au silence et à l’écoute.

Cela donne une grande force quand on commence chaque morceau. C’est dans le calme et la bienséance (rires). Je pense que c’est finalement mieux d’être assis, et pour le public et pour nous, pour qu’ils profitent de l’ensemble. Cela change le rapport au spectacle et les codes sont différents. Cependant, l’intensité n’est pas moindre et l’accueil est vraiment impressionnant entre les titres. Tout est orchestré, presque comme un orchestre classique.



11 – Il est compliqué de parler des deux derniers albums sans parler de Yann Ligner, tant il est devenu l’élément central de votre musique. Il est une fois de plus en état de grâce. Lui qui est de naturel très timide, je suppose que ça a dû être un gros travail sur lui d’être ainsi en « première ligne » ?
C’est certain que quand on écoute l’album, sa voix transparait encore plus. La première écoute se fige vraiment sur lui et il peut démontrer toute sa puissance vocale et son coffre hallucinant. Il a eu une grosse pression au début, ça l’a même terrifié on peut dire (rires). Il ressort encore mieux qu’en électrique je trouve. Finalement, tout s’est déroulé tellement rapidement que nous n’avons pas trop eu le temps de cogiter à tout ça. Entre les concerts avec Anneke, le théâtre, l’enregistrement live…tout a été très vite.

12 – Il serait d’ailleurs plus à même de répondre à ça mais penses-tu qu’il reviendra vers des growls à l’avenir ou qu’il souhaite se focaliser uniquement sur son rôle de chanteur à part entière ?
C’est dur de figer quoique ce soit un an à l’avance. On a la tête dans l’acoustique en ce moment et le chant est très loin d’être défini. Je suppose que avec l’âge, il a surt
interview Kloneout moins envie de crier et d’agresser. Mais dire de quoi sera fait l’album, je n’en ai aucune idée.

13 – Vous avez encore une reprise sur « Unplugged » avec « People are People » qui colle finalement beaucoup mieux au texte que la version originale de Depeche Mode. Pourquoi ce titre ?
Ouais, la version de Depeche Mode fait mal (rires).

C’était une idée de Yann qui avait entendu une réinterprétation de ce morceau par Elise Caron. On s’est finalement plus inspiré de cette version que celle de new wave. A Perfect Circle a aussi fait une reprise mais qui n’a également rien à voir non plus…



14 – Vous aviez repris « Summertime » sur le précédent album, « Army of Me » de Bjork. Vous préférez les reprises qui sortent du cadre du metal parce que vous préférez retravailler intégralement un titre ou simplement parce que reprendre du metal ne vous intéresse pas ?
Je ne sais pas trop. Reprendre du metal est déjà très teinté et dans un contexte. Il y a moins d’intérêt à reprendre ça, de challenge. C’est plus excitant et trépidant de transfigurer des morceaux qui n’ont rien à voir avec nous que de reprendre du Metallica ou Megadeth.

Ce n’est pas penser uniquement ainsi, ce sont des titres que l’on aime ou nous avons l’impression que l’on peut apporter quelque chose d’autre.



15 – Très différent maintenant. Peux-tu faire un point sur le line-up de Klone, ici remanié pour cet album. Je pense à Florent Marcadet, occupé avec Hacride et Carpenter Brut et qui ne vous avait pas accompagné sur la tournée de « Here Comes the Sun ». Est-il toujours membre du groupe ?
Il est très pris oui mais il reste membre du groupe. Il joue aussi avec nous dans Step in Fluid, dans lequel je joue avec Harun (ndlr : de Trepalium) et qui prépare un nouvel album.

Nous verrons au moment voulu de qui pourra et qui sera disponible pour enregistrer l’album. Nous avons passé de supers moments avec Morgan Berthet (ndlr : qui est aussi batteur chez Myrath et Kadinja, ainsi que pas mal d’autres en batteur de session) mais Flo reste le batteur officiel de Klone.



16 – Et concernant Jean-Etienne à la basse ?
Pareil ! Après personne ne peut écrire l’avenir. Nous verrons pendant l’enregistrement du futur album et nous confronterons nos agendas.

La formule de Klone sur disque fonctionne très bien ainsi et j’espère que nous pourrons la conserver encore un bout de temps.



17 – Niveau packaging, l’album sort de nouveau en vinyle mais en un nombre d’exemplaires très restreint. Avez-vous des attentes en termes de vente pour ce « Unplugged » qui sort finalement entre deux « vrais » nouveaux disques ?
Je ne sais pas si nous avons des attentes puisque ce sont les gens qui définissent ça plutôt que nous. Nous avons la même manière d’opérer pour la promo et les concerts par exemple et si il y a plus de ventes, ce ne sera pas dû à nos attentes mais plutôt aux gens qui l’achètent.

Finalement, ce n’est pas parce que nous nous mettons à l’acoustique que nous pensons qu’il se vendra plus. Il est évidemment plus spécial pour nous mais en aucun cas nous imaginons qu’il marchera mieux parce que nous aurions le but de percer un nouveau marché.



18 – Tu avais d’ailleurs dis que tu préférais le format vinyle pour « Here Comes the Sun ». Je suppose que c’est encore plus le cas ici ?
Malheureusement, les vinyles sont encore chez Pelagic en Allemagne (rires). On les a vu, dédicacé ceux que les fans avaient précommandés mais on ne les a pas directement écouté sous ce format. Je suis d’ailleurs frustré au passage (rires). J’envie les gens qui l’écoutent avec ce petit grain de vinyle, tranquillement dans leur canapé parce que je n’ai pas pu encore le faire (rires). Evidemment, on a écouté et réécouté les masters mais c’est toujours différent quand c’est le produit fini qui défile.

19 – Penses-tu tourner à l’étranger sous ce format acoustique ?
Pas grand-chose pour le moment. En Belgique et Pays-Bas pour le moment mais rien de bien acté. On pense à l’Israel, peut-être le Canada ou l’Australie…rien n’est fait finalement. On ne crache pas dessus évidemment et toutes les expériences sont bonnes à prendre mais rien n’est encore couché sur le papier pour le moment.

interview réalisée par Eternalis

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Lesterial - 26 Avril 2017: je me souviendrais longtemps de le reprise de Bjork "Army Of Me" qu'ils ont joués à la fin de leur concert à Berlin en 2016 en première partie de Devin Townsend, nous étions au fond de la salle, le son était parfait, le morceau nous avait tous mis sur le cul de par son intensité, sa perfection instrumentale, et son interprétation un grand moment que je ne suis pas prêt d'oublier
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