No Grave But the Sea

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Nom du groupe Alestorm
Nom de l'album No Grave But the Sea
Type Album
Date de parution 26 Mai 2017
Style MusicalFolk Metal
Membres possèdant cet album72

Tracklist

1. No Grave But the Sea
2. Mexico
3. To the End of the World
4. Alestorm
5. Bar und Imbiss
6. Fucked with an Anchor
7. Pegleg Potion
8. Man the Pumps
9. Rage of the Pentahook
10. Treasure Island
Bonustracks (Deluxe Edition)
11. No Grave But the Sea for Dogs
12. Mexico for Dogs
13. To the End of the World for Dogs
14. Alestorm for Dogs
15. Bar und Imbiss for Dogs
16. Fucked with an Anchor for Dogs
17. Pegleg Potion for Dogs
18. Man the Pumps for Dogs
19. Rage of the Pentahook for Dogs
20. Treasure Island for Dogs

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Alestorm


Chronique @ AlonewithL

10 Janvier 2018

Le pirate est nu! Enfin, presque...

Entre "Alestorm" et moi, on est passé de la simple entente au désamour complet. La tournure débilissime prise depuis quelques forfaits déjà par la formation de Christopher Bowes s'est malheureusement confortée avec un "Sunset on the Golden Age", qui, outre son aspect purement clownesque, attirant la sympathie chez certains, révèle un réel effondrement du niveau musical. Comment peut-on réaliser une telle caricature de "Trollfest" sans égaler sa richesse musicale et avec un humour déjà banni dans les cours d'école primaire? Le ponpon aura sans doute été que le meilleur morceau de cette galette sensé déblatérer sur la bataille de Carthagène de 1741 passe totalement à côté du sujet traité, oubliant aussi bien les belligérants, que le déroulement de la bataille comme de son issue. L'Histoire comme le respect du passé pirate n'est pas le truc d'"Alestorm", il semblerait.

Leurs trucs à eux ce seraient plutôt désormais les blaguounettes faciles, la musique en boîte destinée à un public d'adolescents ou geeks gras du bide à faible QI. Le concept "pirate", supposé être leur fabrique, alors que des groupes de metal "pirate" ont existé bien avant "Alestorm", n'a été invoqué semble t-il (au temps où le groupe s'appelait "Battleheart") que pour profiter de l'effet "Pirates des Caraïbes" (d'ailleurs la sortie du premier film de la saga correspond à quelques mois près à la fondation de "Battleheart" qui a suivi). Mais une fois le soufflé des films de la saga Disney retombé, le groupe opportuniste s'est ensuite emballé dans une confusion thématique, à base de banane-canards et autres fantaisies. "Ultra Vomit" ne trompait lui nullement sur la marchandise, même si on peut trouver que c'est du vomi avec de la chantilly et que ça ne mériterait pas de passer normalement en tête d'affiche, volant parfois au passage la vedette à des auteurs plus méritants.

Christopher Bowes a beau se montrer bon camarade et un rigolo de nature, il aura fait le ménage autour de lui. Ainsi en 2015, le dernier autre membre de la formation originelle, Dani Evans, est débarqué de la formation pour raison "professionnelle". A sa place est appelé Maté Bodor, un membre tout jeune et frétillant. Un hongrois résidant en Angleterre, ex-guitariste de "Wisdom", groupe considéré comme valeur montante du power metal. Avec ce nouveau venu la troupe s’attelle à une nouvelle création. De cela, j'en attendais strictement rien, et pourtant j'ai été surpris de m’apercevoir que certaines critiques, qui pouvaient paraître inaudibles, au milieu du troupeau d'adorateurs, paraîtraient avoir atteint le regard intéressé de Christopher Bowes. La composition reprend le fil après "Black Sails at Midnight" à mon grand étonnement. Malgré tout, ce retour aux sources tant espéré trahi encore davantage le manque d'inspiration actuel, que les frasques pouet-pouet, colorées et canardisés ne tendaient en fait qu'à camoufler. Désormais, le pirate est nu! Enfin, presque...

La nostalgie de la première rencontre se dessine dès le morceau éponyme d'entrée. On y retrouve là tout l'entrain épique du premier album, mais dans une fougue, cela dit, plus tempérée que lors du premier voyage à bord du navire du Capitaine Morgan. En fait, nous apprendrons vite que ce retour en arrière se reproduit généralement dans un mode automatique. "To the End of the World" figure un peu en exception. Il s'agit là d'un titre très caractéristique de ce fameux détour pris par "Alestorm". Celui qui nous rappelle le plus "Captain Morgan's Revenge" en fait, avec des sons cuivrés et une atmosphère lourde d'affrontements de bataille. De faux airs d'accordéon redonnent même le claquant traditionnel et maritime de cette divine période. Même si on peut le juger répétitif, "To the End of the World" nous fait encore espérer en un vrai retour au folk metal d'avant. Même guilleret, là n'est pas le problème. "Rage of the Pentahook" montre qu'"Alestorm" est tout à fait capable de créer une chanson nerveuse, sympathique, tout en subtilité, également animée par le son virevoltant du violon.

Néanmoins, l'auditeur averti déniche à travers "Rage of the Pentahook" une légère influence Finntrolliennen, dont on vérifie amplement la présence à l'écoute d'un "Pegleg Potion", au refrain plaisant. "Finntroll" partage même ici la soupe avec "Ensiferum", dont on devine des airs de "Magic Potion", bien que le rythme pris par "Alestorm" soit moins soutenu que le chef d'oeuvre inspiré. Grandes envolées mélodiques et sons cuivrés sur l'entame de "Treasure Island" laissaient inaugurer une chanson d'ampleur. Mais la tempête retombe aussitôt sur des couplets comportant de vilaines longueurs et un flonflon peu stimulant. Ce qui est l'inverse du court break mélodique qui met un soupçon de vitesse et de prestance. Cette impression contrastée se ressent également à travers le morceau "Alestorm" qui a l'originalité de proposer un folk metal bien guilleret, dilué sous quelques effusions hardcore. Il pêche beaucoup en revanche sur son refrain, extrêmement plat, fade et répétitif. Le groupe donne malheureusement la manifestation d'un pédalage à vide, sec et sans émotion pour un titre qui aurait du en principe l'honorer, puisqu'il leur est attitré.

Les britanniques ont encore voulu jouer les originaux, notamment sur "Mexico", qui a fait l'objet d'un clip, en intégrant une entame en 8 bits. Clin d’œil à peine dissimulé à la vague nostalgique du jeu-vidéo rétro. Mais le morceau s'inscrivant par le groupe comme élément phare de l'album tombe vite dans une certaine automaticité et mollesse, qui laisse de marbre. "Man the Pumps" n'offre guère plus de relief en comparaison. Tempéré, un brin mélancolique, frisant parfois avec le pagan, ce titre se montre malgré tout assez sympathique. Tout comme la petite chanson à la con "Fucked With an Anchor" usant d'un ton grivoix et d'un esprit enfantin, emmené par les airs malicieux d'accordéon et la guitare acoustique. L'extrait contraste fortement avec "Bar und Imbuss" dans un ton semi-sérieux propre aux débuts de la formation "Alestorm" et donc en lien direct avec ce qui a fait l'engouement et la renommée du groupe. L'articulation est ici autrement plus minutieuse et complexe. On y accorde même ici quelques petits solos assez démonstratifs hissant de nouveau bien haut les couleurs de ce qui fut autrefois un vaisseau pirate et qui est devenu à force de détournements en tous genres un canard en plastique géant prenant l'eau de partout.

On célèbre les vertus des algues et de l'eau de mer. Ce serait bon pour la santé d'après. Mais croyez moi, qu'un régime pareil vous donnera vite la nausée et une chiasse sans équivalent. C'est un peu ce qui m'est arrivé avec "Alestorm". J'avais cru à la cure, j'en ai vite décrit les méfaits. Pourtant, il s'est immiscé le doute. Celui de croire que je ne comprenais tout simplement pas la vogue pour une telle formation. La raison pour laquelle des gens que l'on dit de tous horizons croyaient en "Alestorm" ou continuaient à y croire. Mais, on peut se rendre en fait compte aussi que cela joue beaucoup sur le fait que le groupe a produit de la musique "conne" qui n'a fait qu'attirer une masse de "connerie". Tout le monde a le droit à la déconne. Mais le monde ne doit pas être sans cesse infantilisé et tourner tout le temps autour de la "connerie". Surtout, quand on voit aujourd'hui le groupe voler la vedette à d'autres plus expérimentés et travailleurs. Que voulez vous, on a toujours préféré Picasso à Rubens. Par cet album, il s'est immiscé une lueur d'espoir, une réponse accordée aux nostalgiques qui comme moi souhaitaient qu'"Alestorm" revienne quelques pas en arrière et s'égare moins dans la multitude de trips qui visaient à accrocher coûte que coûte le public .... par un humour très foutre-pipi-caca, faute de pire. "Alestorm" a partiellement répondu à mes attentes, que pour mieux révéler sa fragilité et son dépassement actuel. Inutile de trop s’attarder sur un cadavre, juste pour y prélever quelques pièces.

12/20

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morgothduverdon - 06 Mars 2018:

Salut,

La modération est sur le déclin, nous ne pouvons plus compter que sur nous mêmes. D'autant qu'ici je n'ai pas vu grande violence, va falloir s'endurcir un peu. L'intérêt des discussions réside surtout dans les arguments, c'est vrai que ton interventio en était dépourvue.

Quant à Boulez et les autres, sans rien enlever à la nouveauté qu'ils ont apporté à l'art (qui n'a plus de moderne que le nom, ça commence à dater un peu tout ça), et à l'intérêt de leur oeuvre pour les nouveles structures et sonorités, ça reste super dur à jouer, et franchement chiant à écouter. Au même titre que je trouve Picasso globalement chiant à regarder, n'en déplaise aux docteurs en universités qui ont voué leur vie à ça, aux artistes modernes qui s'appuient sur du rien pour justifier qu'on achetat leur oeuvres d'un goût parfois douteux (parfois même de la merde au sens propre du terme) à des prix incroyables.

À présent que l'art contemporain a fait son temps*, on peut effectivement comparer les époques. On peut constater que la branlette sur du rien ou tout au moins du pas grand chose se plait spécialement au sein de l'art contemporain, forcément, c'est le terrain idéal. Tu peux faire du Dali, du Otto Dix, mais tu peux aussi chier sur une toile et décider que c'est une oeuvre d'art. On te caler des oeufs dans la schnek, te mettre accroupie au dessus d'une toile, et "pondre".  En somme le génial cotoie le passable sur un tapis de médiocres, sans qu'il n'y ait de critères objectifs (selon eux) pour distinguer tout ça.

Dans les autres formes d'art, la médiocrité est vue et interprétée sous son véritable jour avec  beaucoup plus de facilité.

Ce foullis permets aux pontes actuels de l'art moderne de maintenir en vie ce mouvement, aux forceps, avec de la corruption et une bonne manne financière, un lobby qui permet à certains pseudo-artistes, de toucher des gros sous. Le paradis des arnaqueurs qui n'ont rien à dire mais disent quand même. Je ne parlerai pas de plug anal, mais...

Quelle époque.

AlonewithL - 06 Mars 2018:

"Waouh quelle violence dans tes propos ! Aucune modération pour ce genre de discours ?"

La modération sert à éviter les violences verbales, pas à te servir de faire-valoir quand on te reproche un manque de pertinence et d'arguments dans ce que tu reproches.

"Tu ne peux tout simplement pas comparer deux artistes de deux époques et de deux styles totalement différent, c'est tout simplement maladroit."

Je compare juste la popularité actuelle vis à vis de l'art. Le problème c'est que la peinture réaliste aujourd'hui est devenue de l'art pompier sans aucune valeur et qu'il fallait prendre un brillant auteur bien représentatif de cet art en perdition.

"Ce qui m'a fait réagir c'est ce rejet implicite de l'art moderne ou contemporain, en s'appuyant sur des critères totalement subjectif."

La perception de l'art est subjective par nature, mais on peut quand même basée la valeur de celle-ci sur le travail donné, la technique qui en fait une oeuvre unique et difficilement reproduite. Ce qui me permet aussi de dire qu'Alestorm" se fait pas du tout chier niveau composition.

"C'est comme pour la musique, que ce soit du Boulez, du Webern, du Schoenberg (et j'en passe) et que l'en on fait la comparaison avec des compositeurs fin romantique en sortant l'argument "Y'a plus de technique et c'est plus de temps investi", non, non, non et non. Je t'assure que si tu te ballades dans des universités avec des pôles artistiques tu te feras taper sur les doigts."

J'ai suffisamment fréquenté les universités pour m'appercevoir que ce n'est pas forcément des vérités absolues que l'on enseigne, mais bien des dogmes dominants ou "de" dominants. Et concernant l'art contemporain, la frontière entre Art et supercherie est très mince comme le témoigne la conférence de Franck Lepage que j'ai mis en lien ou certaines expositions croquignolesques:

http://archeologue.over-blog.com/article-29021411.html

http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/art/tate-acquires-martin-creeds-controversial-turner-prize-winning-piece-work-no-227-8795204.html

"Le pire dans tout ça, c'est que sur la forme de ton argument je suis d'accord. Alestorm vole probablement la vedette à pleins de groupes avec son ambiance festive et sans prise de tête, et comme bien d'autres, dans d'autres styles... Et pour le coup, oui, ça ne va pas chercher très très loin." 

Voila! Sauf que même dans ce créneau ils sont loin d'être originaux, et certains groupes se sont montrés plus impliqués et construits. 

Hathore - 06 Mars 2018:

"Si tu n'es pas sûr de toi autant la fermer"

Ici il n'est pourtant pas question de jouer sur les mots, puisque la violence verbale est bien présente. Mais je suppose qu'ici aussi c'est affaire de subjectivité. Et pourtant, je ne suis pas du genre prude. On ne se connait pas, donc je ne vois pas pourquoi tu devrais me parler de la sorte. D'autant que ma première remarque n'avait rien d'insultante envers ta personne.

Vis à vis des universités et la vision de l'art contemporain, je ne vais pas trop m'apesentir là dessus, car nous ne sommes véritablement pas d'accord, étant moi-même étudiant en musico. Confondre Picasso et l'art contemporain sous ses formes extrèmes (les performances bizarres -> comme le citait morgothduverdon comme le citait, les oeuvres sans fond, ect, car je ne nies pas que ça existe) c'est vraiment avoir un point de vue fermé sur la question.

Je n'affectionne pas Boulez, mais force est de constater qu'il y a un vrai travail de recherche et de création dans ce qui a pu pondre (multiplications d'accords, travail sur la texture, le timbre, ect...). Si tu n'analyses pas, ni ne comprend le fondement de la pensée de l'artiste ou du compositeur, tu peux passer à côté de pleins de choses. Et ça fonctionne pour absolument tout dans la musique.

Aujourd'hui, dans la musique dîte "savante", on fait beaucoup plus appel au cérébral pour le processus compotitionnel, c'est forcément plus complexe à comprendre, mais ça n'en reste pas moins intéressant. Parce que dans les arts, il n'y a pas que de l'affect.

Bref, je m'arrête ici, car nous avons beaucoup dévié et ce n'est pas le lieu pour continuer ce genre de débat. Pour le reste ça sera en MP.

AlonewithL - 07 Mars 2018:

 

"Ici il n'est pourtant pas question de jouer sur les mots, puisque la violence verbale est bien présente. Mais je suppose qu'ici aussi c'est affaire de subjectivité. Et pourtant, je ne suis pas du genre prude. On ne se connait pas, donc je ne vois pas pourquoi tu devrais me parler de la sorte. D'autant que ma première remarque n'avait rien d'insultante envers ta personne."

Moui.... Aussi subjectif que de s'emparer d'un détail comparatif dans un commentaire pour en faire une remarque déplaisante non-argumentée...et cela quand bien même monsieur n'ait strictement rien dit à propos de l'album en question. Quant à la démarche qui vise à défendre "Alestorm" de manière très détournée et se présenter comme étudiant en musicologie pour pérorer sur l'art contemporain, ca laisse franchement rêveur. J'ai suffisament fréquenté de musicos, de concerts, je croule sous les albums de metal en tous genres, ai fait suffisament de chroniques pas trop dégueulasses (du moins je l'espère) ou participé à des discussions enflammées à propos pour avoir ne serait ce qu'une once de légitimité minimum pour aborder des attentes que l'on pourrait exiger et sans pour autant vouloir que cela soit de la musique "savante". Quant au parralèle entre la musique et l'art pictural je le revendique sans la moindre honte. Et je m'en porte pas plus mal.

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Chronique @ tigrex_noir

20 Août 2018

L'équipage est toujours là, avec ses défauts mais avec cette volonté de mener à bien l'aventure

Comme beaucoup, j'étais impatient de la publication de « No Grave But the Sea »
Comme beaucoup, j'ai été gavé de la promotion grotesque de cet album (trop de chiens).
Comme beaucoup, j'ai adoré l'album que j'ai trouvé vraiment épique (mais trop de chiens).
Comme beaucoup, je considère malgré tout Alestorm comme un groupe trop surestimé et monstrueusement répétitif.

L'album s'ouvre avec le morceau éponyme de l'album, « No Grave But the Sea » racontant la Bataille des Saintes opposant les forces navales françaises contre celles anglaises, en avril 1782. La France voulant coloniser la Jamaïque (colonie anglaise) en sort perdante. Le morceau est rapide et efficace, aux refrains accrocheurs et épiques mais avec une composition peu ordonnée et trop répétitive au niveau des basses qui semblent clairement chercher leur place. Néanmoins, le temps court du morceau empêche l'arrivée d'un quelconque ennui et les refrains épiques maintiennent admirablement bien notre tête hors de l'eau. En bref, un simple morceau de mise en bouche pour bien introduire l'album. S'en suit « Mexico ». Ce morceau en soi ne m'a pas vraiment marqué, contrairement au clip qui m'a bien amusé. Le titre s'invite, selon moi, comme une correction du titre précédent. Je veux dire, c'est presque la même composition, mais avec plus de joyeuseté et un bien meilleur équilibre instrumental. Sans plus.

Puis c'est à partir de là qu'arrive le monstre de l'album : « To the End of the World ». En toute honnêteté, c'est un morceau que je rêvais d'entendre de la part d'Alestorm. C'est-à-dire une chanson se voyant comme une véritable fresque épique mariant riffs guerriers, chants narratifs et théâtraux et composition profondément épique et rhapsodique. « To the End of the World » réveille enfin la créativité du groupe en le sortant de sa répétitivité et de son délire « l'alcool, c'est cool ! ». Non, cette fois-ci on a un véritable morceau remarquable dans la même veine que « Death Throes of the TerrorSquad », « Captain Morgan's Revenge » ou encore le fabuleux morceau « Sunset on the Golden Age » (qui, à mon sens, est la plus belle composition de toute la discographie du groupe... oui oui !). On reproche à Alestorm de ne faire que des chansons absurdes sur des histoires loufoques en évoquant de façon abusive l'alcool. Ce morceau va exactement à l'encontre de ces critiques. Il nous emporte dans une quête grandiose à la découverte du bout du monde. L'équipage a découvert un codex ancestral prouvant que la théorie de la terre ronde était absurde, ainsi, la flotte brave tempêtes, batailles et colères divines pour franchir ce fameux « Bout du Monde » et entrer dans l'Histoire. Ce qui fait que le morceau bouleverse la ligne créative basique du groupe, c'est qu'il se construit véritablement comme une rhapsodie aux tonalités diverses et variées rarement (voir jamais) entendues chez Alestorm. La composition musicale accompagne merveilleusement bien l'histoire qui est racontée, elle se construit comme une pièce musicale théâtrale semblable aux grands morceaux narratifs et lyriques que l'on retrouve chez des groupes de Metal Symphonique comme Rhapsody ou encore Pathfinder, et tout cela sans orchestre. « To the End of the World » demeure ainsi probablement le morceau le plus ambitieux de l'album en terme de composition.

Dans un format plus classique, tout en restant efficaces, « Bar Und Imbiss », « Pegleg Potion » et « Man the Pumps » retournent dans du Alestorm traditionnel. Bien que les refrains soient épiques et remplis d'énergies, les couplets se voient dénués d'originalité et se ressemblent sur ces deux morceaux, bien qu'ils soient plus variés sur « Man the Pumps ». Mais la composition se perd totalement, on a presque l'impression que les riffs désordonnés des guitares entrent en jeu uniquement pour combler les vides entre les couplets et refrains, sans vraiment vouloir s'impliquer pleinement dans l'ensemble des morceaux et ne parlons pas des basses qui s'étouffent totalement sauf pour intervenir parfois, à droite ou à gauche, de façon tout à fait aléatoire mais avec énergie notable. Pourtant, « Man the Pumps » reste le plus intéressant de ces trois morceaux jumeaux. Il narre le récit d'un équipage de pirate en pleine quête qui consiste à... vider l'eau de leur navire qui fuit... Malgré l'absence de bataille et d'alcool, le morceau propose une structure musicale particulièrement puissante et énergique qui efface quelque peu les soucis cités un peu plus haut. Mais voilà, le problème de ces morceaux est que leurs lignes vocales mènent trop la danse en écartant une composition instrumentale stable et équilibrée soutenant les chants, celle-ci se retrouve ici totalement désordonnée.

Arrivé à ma moitié de l'album, le rythme est brutalement brisé un « Fucked With an Anchor » un peu plus acoustique. Ce morceau en soit n'est pas un problème, mais il donne la désagréable impression de casser la rythme de l'album. La chanson raconte l'histoire d'un pirate voulant se venger d'un sorcier l'ayant maudis, pour ce faire, il réunit flotte et équipage pour le surprendre en pleine nuit en lui plantant une ancre par un certain orifice. C'est stupide et grotesque, mais venant d'Alestorm, on en a vu d'autres et ça ne surprend plus du tout. Ce qui bloque avec ce morceau est son introduction qui s'oppose catégoriquement au morceau précédent « Bar Und Imbiss » qui s'achevait plutôt bien sur son refrain bien puissant et redoutable. « Fucked With an Anchor » n'a pas la bonne place dans cet album, je pense qu'il aurait du se retrouver en bonus plutôt qu'en plein cœur de la tracklist puisque c'est la chanson qui en sort le plus...

Pour clore son nouveau chapitre, Alestorm nous livre une dernière pépite, « Treasure Island » morceau faisant ode à l'œuvre de Robert Louis Stevenson, un des romans qui m'a si longuement bercé et qui continue encore de nous fasciner. A la première écoute, j'ai été un peu dubitatif. J'avais l'impression d'y trouver les mêmes défauts que sur « Bar Und Imbiss » et « Pegleg Potion », c'est à dire cette présence vocale bien trop dominante qu'elle en éloigne une structure instrumentale équilibrée. Mais je suis tombé sous le charme dès la deuxième écoute. Ce morceau ressemble beaucoup à « To the End of the World » mais avec une atmosphère plus posée et poétique. Ici, Adieu l'absurdité, ce morceau se dévoile comme une véritable chanson poétique pour rendre hommage de façon admirable à l'œuvre littéraire qui a façonné l'imagerie classique de la piraterie que l'on connaît aujourd'hui. Tout s'accompagne merveilleusement bien dans ce morceau, le groupe nous livre une nouvelle pièce maîtresse et unique en son genre, sortant des clichés qu'il s'est lui-même forgé. Parce qu'on connaît surtout Alestorm pour son côté fun grandiloquent et généralement absurde. Mais avec « Treasure Island » le groupe nous prouve une fois de plus qu'il a le potentiel de composer des textes aussi sérieux, poétiques et harmoniques. Le morceau s'achève sur une paisible ligne acoustique nous laissant dessiner un sourire de satisfaction dans cette belle fermeture de l'album.

L'album « No Grave But the Sea » est seulement à la hauteur de ce qu'est Alestorm. Ce n'est pas leur meilleur album, ce choix est trop subjectif. Alestorm continue son long voyage parmi les sept mers aussi puissant qu'il l'a toujours été. L'équipage est toujours là, avec ses défauts mais avec cette volonté de mener à bien l'aventure et de trouver l'or dans le coffre. On pourrait penser que la tempête du grand succès leur aurait monté à la tête et que les léviathans du laissez-aller dans la stupidité auraient eu raison de leur créativité, mais il n'en est rien, il y a toujours de la poudre dans les canons face à la tentation et les sabres de la passion sont toujours bien aiguisés. Fière et puissante, l'armada Alestorm continue sa grande aventure vers d'autres horizons méconnus en quête de probables nouvelles inspirations artistiques le tout en bataillant effroyablement contre les flottes ennemies de la répétitivité et de l'absurdité qui, une fois de plus, ont coulé des membres de l'équipage du Capitaine Chris qui s'enfoncent lentement dans les profondeurs de la mer et qui ne connaîtront jamais le calme de la tombe.

"Rum, beer, quests, and mead
These are things that a pirate needs
Raise the flag, and let's set sail
Under the sign of the storm of ale"
Alestorm - Alestorm

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Goneo - 21 Août 2018:

Super chronique ! Alestorm voilà un groupe qui fait débats. personnellement jaime beaucoup, je trouve qu'avec Powerwolf , ils ont réussi à redonner un souffle au monde du heavy/Power metal. Vous pouvez regarder parmis les gros fest, ce genre est très peu représenté (de ces derniéres années, bien sur il y a quelques exeptions). Je trouve que Alestorm n'a cessé de monter en puissance jusqu'a Sunset of a golden age (je trouve que c'est leur meilleur album, le plus équilibré et interressant). J'éspéré un peu de nouveauté pour ce nouvelle opus (afin d'éviter les semi déceptions des albums de Powerwolf pour le côté répétitif). Et un peu de nouveauté il y a , "Mexico " véritable tube comme l'est "Drink" sur le précédent, une compo rafraichissante, légére, et festive qui donne le sourire. Le morceau "Alestorm" ma bien plus aussi, comme si Alestorm ce metté au metalcore. D'autre sont très bons comme tu le souligne. J'éspére qu"ils n'ésiterons pas a prendre des risques (modérement bien sur) pour la suite car ce groupe en est largement capable. Ils ont une plumes quil leur permet de mélanger les ambiances et adapté des styles à leur convenance, et ils savent faire des compos aussi accocheuses et  fédératrices que belles et épique.

AlonewithL - 24 Août 2018:

à 17/20....."pas le meilleur album". Et on est sur du Alestorm en plus Hahaha!

Groaw - 25 Août 2018:

J'aurais plutôt dit "A 17/20, avec des défauts, pas le meilleur album et répétitif".

Je ne dirais rien de plus ^^

Etterna - 31 Août 2018:

C'est vrai, selon tes dires, il n'y a que deux chansons sur l'album qui valent vraiment le détour, et pourtant tu lui colles tout de même 17/20. Il faudrait être plus cohérent dans tes notations d'albums. Sinon, ta chronique est très bien écrite, bravo!

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