BEERGRINDER : 13/20 | Episode XVII : Une ambition intacte.
Tout comme Georges Lucas j’ai décidé de ne pas faire les choses dans l’ordre, cet épisode XXVII sort donc avant l’épisode XXII (question de budget et d’effets spéciaux trop importants vous connaissez le refrain) avec le secret espoir de détrôner Titanic, avouez que Céline Dion versus Rob Halford ça a de la gueule non ? Allez, n’oubliez pas vos pop-corn, pensez au 7up et installez vous le film va commencer.
L’album précédent marquait le retour du chanteur Robert Halford dans le groupe, réunissant de nouveau le terrible line-up de l’album Painkiller : Travis / Downing / Tipton / Hill / Halford. D’ailleurs les chansons de Angel of Retribution représentaient un patchwork des différentes époques musicales de Judas Priest.
Après un album qui avait surtout pour objectifs (largement réussis) de remettre Rob Halford au centre des préoccupations et montrer que les anglais avaient encore en eux la flamme du Heavy Metal, Glen Tipton et ses amis se sont attaqués à un travail beaucoup plus ambitieux avec Nostradamus (2008), ce double album comme son nom l’indique, est un concept sur la vie du célèbre français Michel de Nostredame (avant qu’il ne fasse latiniser son nom).
La pochette très soignée et étrange, tranche avec l’ange destructeur présent sur l’avant dernier opus, elle représente à merveille tout l’aspect mystique voire cosmique du personnage et de ses prévisions. Une chose me chiffonne pourtant, et ce avant même d’écouter ce nouvel opus tant attendu : le traditionnel logo de Judas Priest avec le fameux metallian a disparu. Par le passé cela a signifié pour certains groupes le désir de s’éloigner de leur musique d’origine, ce serait quand même le comble que le Priest s’éloigne d’un style qu’il a contribué à créer…
Voyons ensemble vers quelles contrées les Metal Gods ont ils décidé de cheminer sur cette nouvelle galette.
Après une intro d’album triste, Prophecy nous balance un riff carré et couillu soutenu par le chant caractéristique d’Halford et quelques claviers (omniprésents tout au long du disque) accompagnent les instruments traditionnels ;
Le Priest nous emmène tout doucement vers leur nouveau style et sur Revelations le synthé se fait plus symphonique malgré une plage libre permettant aux guitares de se lâcher dans des soli majestueux de la paire Tipton / Downing, cette fois l’album est bien lancé. Retraçant les étapes de la vie de Nostradamus, un titre épique et travaillé comme War ferait presque penser à du Therion, même si un peu lassant à cause de son rythme identique du début jusqu’à la fin. Après un nouvel interlude triste (Sands Of time) sur lequel Halford transmet toute l’émotion de sa voix, Pestilence & Plague est l’une des meilleures pièces de l’album alliant l’énergie des guitares, la percussion de la basse et le talent du célèbre chanteur, aussi à l’aise dans les refrains en italien : un titre proche de One Shot At Glory dans sa structure.
On sent un travail de composition et d’arrangement assez considérable mais tout ça manque tout de même de rythme : Death balance le premier véritable riff Heavy au bout de 6 minutes. La plupart des titres sont des demi-balades dont certaines réussies (Conquest) mais d’autres sonnant niaises, c’est un peu le cas sur la triste et ennuyeuse Lost Love, narrant la perte pour le personnage clef de sa femme et ses enfants. Persecution malgré un son de synthé moyen, clôt tout de même le premier disque sur une note plus énergique où l’on entend enfin les guitares à leur juste niveau, le minimum syndical pour la paire Tipton / Downing, l’une des meilleures du Heavy Metal.
Le deuxième disque débute sous les mêmes hospices avec un interlude précédent le morceau Exiled. Le tempo lent commence sérieusement à lasser, on aurait aimer que la vie de Nostradamus soit parsemée de sprints ou de courses de chars car cela aurait accéléré un peu l’histoire (peut-être un concept sur Alain Prost pour le prochain opus). Même combat sur Alone qui est en plus exagérément longue (8:00) malgré un passage en guitare acoustique bien foutu et une fin plus intense, sur Shadows In The Flames on frôle même le U2… Comme le premier, le disque II reste désespérément bloqué sur des tempos lents, ainsi Visions et New Beginnings n’apportent pas grand chose de plus au schmilblick avec leurs intros soporifiques.
Enfin sur la chanson titre Nostradamus le vrai Judas Priest refait surface et Scott Travis, qui avait du s’endormir, accélère le mouvement avec un peu de double grosse caisse sur ce qui sera sans aucun doute l’un des singles de l’album. Future Of Mankind est l’un des rares à contenir quelques riffs crus à la Screaming for Vengeance qu’aucun clavier ne vient perturber, voilà une fin d’album judicieuse avec une note plus rentre-dedans, même si là encore 8 minutes et des brouettes n’étaient pas nécessaires.
Vous allez me dire alors, pourquoi mettre 14 / 20 s’il n’aime pas cet album ? Non je ne le déteste pas mais je dois préciser deux choses : la première c’est qu’à mon sens il s’adresse davantage aux fans de Metal progressif voire de Rock progressif qu’aux inconditionnels de Heavy Metal, cet opus n’est donc pas mauvais, mais en partie inadapté aux fans de vieux Heavy des familles dont je suis. La seconde chose est que Nostradamus est intéressant mais Judas Priest aurait pu élaguer un peu et sortir un album plus court à la place de ce double à la flopée d’interludes à l’intérêt discutable et des titres redondants et parfois trop longs.
On notera qu’au niveau packaging 3 versions différentes sont disponibles : le double CD tout simple (ce fut suffisant pour votre serviteur), le double Digibook vraiment soigné, et la version coffret 3 vinyles + 2 CD absolument luxueuse (il en va de même pour son prix).
Maintenant que vous êtes avertis comme diraient Laspalès et Chevalier : « C’est vous qui voyez ! ».
To Be Continued…(enfin j’espères)
BG
2008-06-18
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