Eternalis : 18/20 | Unique groupe d’origine portugaise à stature internationale, Moonspell semble vivre une seconde jeunesse depuis la sortie de l’acclamé « Memorial » qui avait rendu les lettres de noblesse à un combo quelque peu retombé dans l’oubli à la sortie de « The Antidote ».
Suite au réenregistrement de ces premiers titres l’an passé, le quatuor de Lisbonne revient en force grâce à un « Night Eternal » qui frappe là où on ne l’attend pas forcement ; dans la mélancolie et la beauté.
Beaucoup plus sombre et gothique que son prédécesseur, ce nouvel opus est un véritable bain de jouvence pour la bande à Fernando Ribeiro, qui obtient de plus le meilleur son qu’il est jamais eu. La production de Tue Madsen est simplement hallucinante de puissance, de clarté et de lourdeur.
La preuve en est sur le fantastique titre d’ouverture de sept minutes, At tragic heights débutant sur une intro menaçante et très cinématographique, lors de laquelle le groupe déclame un passage du livre des révélations (de nombreux extraits de la Bible seront utilisés tout au long de l’album). Puis arrive les guitares, et le chant exceptionnel de Fernando, tout en noirceur et en rage. Le second morceau, le titre éponyme, se révèle la chanson la plus brutale de l’album et évoque immanquablement, l’album précédent de par cette énergie ténébreuse et ses solos très heavy (le passage au tapping faisant immédiatement pensé à du Maiden de la grande époque).
Mais l’atmosphère change véritablement à partir de Shadow sun pour prendre une teinte plus mélancolique. Le chant se fait plus ambiant, susurré à notre oreille et d’une grande tristesse, jusqu’à l’explosion furieuse du refrain (quel chanteur, proprement exceptionnel – et le rendu en live est identique).
L’album gardera par la suite cette direction, à l’instar du sublime Dreamless (Lucifer and Lilith). Les mélodies sont vraiment très soignés et l’on sent que beaucoup de soin a été apporté à ces éléments revenus au premier plan de la musique des portugais. Le reste est à l’image de ces morceaux ; sombre, inspiré, beau et invitatoire à la rêverie désenchantée.
Un grand disque, par un grand groupe. Que demander de plus ?
2008-11-06
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