LaBalafre : 20/20 | Hammerheart : Cœur de marteau, Âme du Marteau de Thor, dieu aux fracassants roulements de tonnerre.
Et pourtant, ô Bathory, ce n’est pas tant sous les traits de Thor que sous ceux d’Odin que se découvre ce chant scaldique. Comme le mythe créateur est supérieur à la légende qui s’y insère.
Sinon comment, ô Bathory, décrire la verdeur, la fraîcheur, la sincérité de ces notes râpeuses, semblables au son du bois des drakkars naissants, raboté par leurs charpentiers ? Sinon, comment exprimer cette tendre et fraternelle rugosité du chant, d’un chant si faux, si peu professionnel, et si pénétrant, si artistique ?
Dans notre époque si médiocre, si mesquine, si efféminée, si couche moyenne, avec ses bergeries artificielles, dites écologiques, tu as su, ô Bathory, ressusciter dans toute sa vérité guerrière l’éternel syncrétisme de l’Homme et de la Nature. Qui a su comme toi restaurer l’homme dans cet orgueil simple, cette fierté naïve de la Force ?
C’est à une danse virile que tu nous invites, ô Bathory, par tes chants d’une liberté qui se sait appartenir à un Ordre, et qui se révèle d’autant plus libertaire qu’elle se déploie non en largeur et à l’horizontale, mais en hauteur et en profondeur. Que ce soit dans la rude splendeur aqueuse de la guerre (Shores in Flames), dans la prière aux dieux (Valhalla, Song to Hall Up High), dans l’amour de la patrie (Home of once Brave), dans l’amour de la race qui fut (Baptised in Fire and Ice) ou qui sera (Father to Son), enfin dans la mort et la mémoire solitaires (One Rode to Asa Bay).
Car c’est à une danse racée que tu nous convies, ô Bathory, mais entendons-nous sur ce mot : tu ne l’emploie jamais au sens étroit, provincial, hitlérien, mais au sens cornélien, impérial. La race est l’héritage spirituel et charnel de nos pères ; non un refus du mélange. La race accueille les braves de tous mondes lointains explorés, et désire former par union avec eux un peuple unique. Mais elle méprise la faiblesse, et ne se mélange pas mais pille les peuples, les races qui la prônent.
Car, ô Bathory, je devine les arcanes de ton Art : tu es fils de la Mémoire. C’est notre race, et la conscience que nous en avons, qui nous donne une âme. Mais elle nécessite de se lier à la chair. Ta santé a permis cette chaste union. Tu es bien le Scalde d’Odin, dieu de la Sagesse, de la Divination et des Arts. Dieu solaire aussi, mais du Soleil brumeux de tes contrées septentrionales.
Je te salue une dernière fois, ô Bathory, majestueux Scalde norrois, mythique et odinique.
20/20 (probablement le seul que j’accorderai jamais)
2007-03-10
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