BULLET FOR MY VALENTINE
SCREAM AIM FIRE (CD)
2008 chez Sony BMG Music Entertainment


DISC

1. Scream Aim Fire
2. Eye of the Storm
3. Hearts Burst Into Fire
4. Waking the Demon
5. Disappear
6. Deliver Us From Evil
7. Take it out on Me
8. Say Goodnight
9. End of Days
10. Last to Know
11. Forever and Always

Bonustrack (Japanese Release)
12. No Easy Way Out

Bonustrack (Limited Edition)
12. Ashes Of The Innocent

Bonustracks (Deluxe Edition)
12. Road to Nowhere
13. Watching Us Die Tonight
14. One Godd Reason Why
15. Ashes of the Innocent

DVD - LIMITED EDITION

1. Scream Aim Fire (Music Video)
2. The making of Scream Aim Fire
3. Bullet TV
4. Photo Gallery


Eternalis : 12/20
Commençons par nous faire des amis tout de suite : je ne suis pas fan de Bullet For My Valentine, loin de là. Disons, pour être poli, que les groupes opportunistes de metalcore « jeuns’ » ne me conviennent pas du tout et le tapage médiatique non plus (Sony ne savait même pas faire un collector digne de ce nom !). Mais je dois néanmoins admettre en toute honnêteté (il en faut dans ce difficile rôle qu’est la chronique) que les musiciens du groupe sont impressionnants techniquement, vis-à-vis de leur très jeune âge.
Venons-en à ce nouvel album. Un million d’albums et un DVD plus tard sort « Scream Aim Fire » qui devrait ravir tout les fans du groupe à n’en pas douter, mais le plus grand pari du combo serait, je pense, d’arriver cette fois-ci à véritablement accrocher le « vrai » public métal, afin de ne pas vivre uniquement sur une jeune base de fan pas forcement sécurisante sur le long terme. Le pari est-il remporté ? Pas totalement mais il gagne de sérieux points !

Débutant en trombe sur le titre éponyme, BFMV frappe là où on l’attend : des vocaux agressifs puis mélodiques sur le refrain, des guitares incisives et technique et un basse batterie en béton armé pour faire instantanément « headbanger » la tête de l’auditeur.
Suivant ce parfait introducteur fortement inspiré par Metallica (comme beaucoup de groupes de cette mouvance) arrive la première grosse faute de goût (qui se permet d’être le single de l’album en plus), j’ai bien sur nommé le titre que l’on entend sur tout les samplers actuels : « Eye of the storm ». Un chant assez exécrable (cette horrible voix claire sans émotion et si stéréotypée !) et des riffs d’une évidence qui font deviner tout ce qui va se passer avant même d’entendre le morceau. C’est sans doute pour cela qu’il s’agit du single mais je dois admettre que c’est très loin d’être le morceau le plus flatteur de l’album. Mais dans un même temps, c’est peut-être le seul véritable dérapage avec « Deliver us from evil » où le groupe auto-plagie sans complexe le « Tears don’t fall » de l’album précédent.
Mis à part cela, le reste se trouve être carré et puissant et surtout beaucoup moins orienté « radio edit », conférant une vraie cohésion aux titres, dont le génial « Waking the Demon » où le chant hardcore domine sur le reste et impose une agressivité peu commune au combo mais bienvenue ainsi que sur le terrassant « Take it out on me » qui dispose sans doute du meilleur refrain de l’album, hargneux à souhait mais qui possède paradoxalement ces immondes voix claires sur les couplets où le chanteur donne plus l’impression de pleurer (que c’est niais, seigneur !) que de vraiment chanter.

Car le principal défaut serait sans doute ce manque de folie, cette envie de rester un peu trop dans les normes afin de ne pas décevoir un public peut-être trop frileux à l’expérimentation. Un morceau comme Hearts burts into fire en est la preuve parfaite avec cette intro à la guitare acoustique pour laisser place à un riff vraiment très calibré et propre (sonnant très américain de plus). Mais je pense que l’on peut réellement mettre ceci sur le compte de la jeunesse et même de la peur d’un échec commercial, ce qui peut à la fois se comprendre mais être également décevant. On peut également noter un manque évident d’émotion mais le style ne s’y prête pas forcement (et le public non plus) mais il est vrai que cela manque pour un métalleux de mon espèce.
Il sera donc sans aucun doute intéressant de voir comment évoluera le groupe avec le temps tout en espérant qu’il partira voler de ses propres ailes sans l’aide de cette major qui ne peut indiscutablement que les handicaper car les limiter créativement parlant.

Mais en remettant les choses à leurs places, BFMV (qui ne sort tout de même que son second opus) s’en tire avec les honneurs et ouvre les portes vers un hypothétique avenir moins conformiste et à même de surprendre tous ceux qui, comme moi, ne voit pas forcement la relève dans cette masse de groupe presque tous similaire.
Bullet… sera indiscutablement le survivant dans ce genre passionnant qu’est le métal.


2008-11-08