AYREON
01011001 (CD)
2008 chez SPV / InsideOut Music


DISC 1

1. Age of Shadows 10.48
2. Comatose 4.27
3. Liquid Eternity 8.10
4. Connect the Dots 4.13
5. Beneath the Waves 8.27
6. Newborn Race 7.50
7. Ride the Comet 3.29
8. Web of Lies 2.50

DISC 2

1. The Fifth Extinction 10.29
2. Waking Dreams 6.32
3. The Truth is in Here 5.12
4. Unnatural Selection 7.16
5. River of Time 4.25
6. E=MC2 5.50
7. The Sixth Extinction 12.19

DVD - LIMITED BOX EDITION

. Behind the Scenes (Making-of 01011001)
. Beneath the Waves - CGI Movie
. Guide Demos (featuring Arjen on vocals)
. Recording Drums (Ed Warby's Session)
. Bloopers

Bonustracks (Japanese Release)
. 2 Arjen Guide Vocal (plus one exclusive, unavailable anywhere)

Total playing time 102.59


Defnael : 19/20
Les chroniques de cet album majeur sont légion sur internet. Je vais donc essayer d'être le plus explicite possible et de synthétiser les informations que j'ai pu glâner ça et là sur le sujet.

Pour ceux qui ne connaissent pas Ayreon, il est utile de préciser que ce groupe n'en est pas un. En effet, le créateur de ce concept est Arjen Lucassen qui propose régulièrement des opéras rock composés chez lui et dont il joue la plupart des parties. Ensuite, il réuni autour de lui la crème des musiciens et chanteurs pour les faire enregistrer dans son studio personnel et il enfante des albums pour l'instant toujours réussi.

Dans 01011001 nous retrouvons pléthore de musiciens (cités plus bas) qu'Arjen Lucassen utilise à merveille et parfois à contre-emploi. Le grand créateur sait doser les efforts de ses sujets et certains passages sont carrément jouissifs. Enfin, signalons qu'Arjen se sort doucement de graves problèmes de santé et a réalisé cet album en a peine un an. Si on n'approuve pas le résultat on est tout de même obligé de saluer le travail de titan que cet opus a dû demander.

Depuis ma découverte d'Ayreon je vais de surprise en surprise. Je passe rapidement sur "Into the Electric Castle" qui est un disque incontournable pour tout amateur de rock progressif, tout comme "The Dream Sequencer" d'ailleurs et j'en arrive à "The Human Equation", l'album précédent, qui m'avait fait une forte impression. Mais le thème de cet opéra rock ne me touchait pas énormément.

Pour 01011001 c'est une toute autre histoire. Pour résumer le synopsis :

- Une race d'extraterrestre (les Forevers), esclaves de leur technologie, décident de retrouver leurs sentiments perdus en étudiant la race humaine.

Aujourd'hui, beaucoup de gens se posent des questions sur nos origines et on voit certaines thèses révisionnistes sur l'évolution de notre espèce ou des théories assez barrées circuler sur internet. Arjen a su utiliser ces informations pour créer une histoire de science-fiction qui réuni presque tout les anciens disques d'Ayreon. On retrouve en effet des situations, des personnages, les Forevers dans les autres opus du "groupe".

Pour finir avec l'introduction, dans cet univers très riche, il faut savoir que chaque chanteur joue en général un rôle défini dans les scénarios imaginés par Lucassen. Chacun intervient donc à plusieurs reprises durant les albums et ici, ils sont séparés en 2 catégories : Les Humains et les extraterrestres (Forever). On imagine donc assez facilement le casse tête que l'enregistrement à dû être. Réunir tout ces intervenants en même temps est évidement quasiment impossible. Chacun leur tour, ils ont donc défilé chez Arjen pour enregistrer leurs parties respectives. La batterie est au final le seul instrument qui fut enregistré à l'extérieur du studio personnel de Lucassen. Tout ça pour en venir au son incroyable de cet album. Non content d'être un musicien talentueux, un compositeur inspiré (il est à l'origine de plusieurs autres projets dont Stream Of Passion ou Star One), un arrangeur ingénieux, Arjen est un producteur remarquable.

Bon, on pourrait disserter pendant des pages sur le pourquoi du comment, sur le choix de tel chanteur plutôt que tel autre ou sur les sons de synthés très industriels. Mais au final ça risquerait de rebuter le néophyte à qui s'adresse en priorité cette chronique. Le but premier étant de ne pas passer bêtement à côté d'un chef-d'oeuvre ou du moins, d'un disque de grande classe, un disque de première catégorie, un disque exceptionnel.

Venons-en au fait ! 3 solutions s'offre à toi petit scarabée : Une version normal, une édition limitée et une édition spéciale avec un DVD en bonus. Personnellement j'ai opté pour la troisième solution. Le DVD contient certains titres joués par Arjen Lucassen seul, un clip de Beneath The Wave en image de synthèse mais surtout une sorte de making of de 3/4 d'heure très intéressant. On y retrouve Arjen présentant chaque intervenant puis on voit des scènes d'enregistrement, de déconnade, d'accueil à l'aéroport pour terminer sur les musiciens et chanteurs eux-même qui commentent leur expérience sur ce projet. S'ajoute à ça un petit film de 15 minutes sur le travail de Ed Warby (Batteur) que l'on suit en studio. Passionnant également. Sa directive principale étant de jouer entre John Bonham (Led Zeppelin) et Neil Peart (Rush)... Bon courage à lui.

Dernières petites précisions : Le code 01011001 (le titre de l'album) veut dire : Y. Le premier disque de cet opéra rock s'intitule Y (le nom de la planète des extraterrestres (les Forever)) et le deuxième Earth (la terre).

Une fois que tu as fait ton choix, tu rentres chez toi et tu te prépare à prendre une grosse claque dans ta face mais tu ne le sais pas encore (sauf si tu as lu ma chronique avant... Ce qui laisse entendre que tu es particulièrement malin). Enfin tu insères le CD dans ton lecteur et tu pars pour un grand voyage.

L'album s'ouvre sur "Age Of Shadows" (première claque en perspective). On entend des bruits de machines qui se mettent en marche et un gros riff de guitare vient appuyer le rythme sur une batterie carrée. La puissance se déchaîne sur une suite de breaks avant que les chanteurs n'interviennent. Les extraterrestres racontent qu'ils ont perdu leurs racines, qu'ils ne ressentent plus d'émotions, qu'ils n'ont plus d'espoir. Des choeurs genre opéra s'envolent pour le premier passage du disque époustouflant. Arrive alors Jonas P. Renkse, royal, qui nous entraîne dans une lente mélopée gothique magnifique. Je ne citerais pas tout les noms des intervenants. Pour cela, reportez-vous soit au feuillet du CD soit à ma traduction en français que vous pouvez télécharger en bas de page. Le point d'orgue à mon avis se situe quand les voix s'entremêlent sur le texte yes no yes no no / 0 1 0 11 0 / off on off on on... Une super idée pour faire référence au numérique et aux codes binaires.

"Comatose" ou Jorn Lande est utilisé à contre-emploi (puisqu'il a une partie très douce) et fait des merveilles. Ce titre très calme accompagné juste par du synthétiseur minimaliste est sublime. C'est une sorte d'ode à la somnolence. La mélodie envoûtante trotte en tête pendant plusieurs jours. Il est très courageux de la part d'Arjen, de mettre en deuxième position un titre si décalé alors qu'on l'attend dans un univers plus metal. Ca surprend et c'est ce qu'on attend d'un grand disque.

"Liquid Eternity" est un de mes titres préférés (tout en sachant que pour moi, il n'y a pas vraiment de faiblesse sur cet album), gros riff, mélodie superbe et chanteurs à couper le souffle (spécialement Magalie Luyten qui illumine l'album de sa voix incroyable et Tom Englund qui torpille le refrain de son puissant organe). Mais lorsqu'on croit avoir tout entendu la tension retombe et un thème mélancolique repris au violon soutenu par un son d'orgue (style Hammond) commence une lente monté progressive splendide. Je préfère ne pas tout dévoiler et me taire sur la fin. Les extraterrestres racontent ici leur désespoir.

"Connect the Dot." se passe sur terre. On verra ainsi durant l'album que l'on voyage d'une planète à l'autre suivant le morceau. Ici Ty Tabor nous raconte son quotidien d'accroc à internet dans une chanson simple au refrain accrocheur. Ce récit terre à terre, annonce "Beneath The Waves", la claque suivante. Nous retournons sur Y (la planète des E.T. pour ceux qui ne suivent pas) ou nous avons droit à une description de l'environnement aquatique des Forevers. Un texte limpide et contemplatif qui traite de la mémoire et des souvenirs des extraterrestres, quand leur planète était agréable et belle. La musique est planante, aérienne... Un monté progressive nous entraîne vers une prise de conscience des E.T. qui décident d'agir pour survivre.

"Newborn Race" un titre très folk, inspiré sans doute par Led Zeppelin nous explique comment les Forever choisissent de partir explorer l'espace en quête d'une solution à leurs problèmes. Ils imaginent envoyer leur ADN sur une comète puis la détourner de sa trajectoire pour qu'elle s'écrase sur terre et donne naissance à une nouvelle espèce (nous, les humains !).

C'est sur "Ride The Comete" que les extraterrestres mettent leur projet à exécution. Enorme titre ou Magalie Luyten déchire tout. Le refrain est simplement divin. Les choeurs insidieux et spatiaux donnent vie aux extrémophiles dont on parle dans la chanson. Un titre court mais ultra efficace et bien rock'n roll (même metal).

"Web Of Lies", l'intermède acoustique à consonance irlandaise (avec flûte et violon s'il vous plaît), est un duo amoureux sur internet (donc à nouveau sur terre), entre Simone Simons et Phideaux Xavier. Très joli (le titre pas Phideaux Xavier... Je lui préfère nettement Simone Simons... Mais bon, passons...).

"The Fifth Extinction" décris l'arrivée de la comète sur terre est la disparition des dinosaures, vue par les Forevers qui retrouve enfin un espoir. Titre très représentatif d'Ayreon, de l'excellent Metal Progressif, à la fois puissant, mélodieux et aérien. Le thème folk/metal/irlandais est particulièrement bien trouvé. Dans le même esprit que "Loser" sur "The Human Equation" mais en beaucoup plus court. On retiendra surtout le travail incroyable sur les voix qui s'entrecroisent durant une bonne partie du morceau.

"Walking Dream" semble tout droit sorti d'un disque d'Alan Parson Project. Très calme, on retrouve pourtant rapidement la touche d'Arjen quand Anneke van Giersbergen intervient. L'ADN se propage et la conscience humaine s'éveille peu à peu. Cette chanson a quelquechose de magique. Le solo de clavier de Thomas Bodin est superbe. Et on enchaîne rapidement avec "The Truth Is In Here" ou Arjen est interné dans un hopital psychiatrique et délire, alors que Liselotte Hegt, son infirmière, le pousse a prendre ses médicaments. Il faut signaler que ce titre est particulièrement drôle quand on sait qu'Arjen sort d'une dépression. Cette pratique d'auto-dérision apporte encore une touche de second degrés vraiment géniale. Surtout que la musique est un peu joyeuse, folk et le texte est carrément barré.

"Unnatural Selection" est peut-être le maillon faible de l'album. Pourtant le texte est primordial. En effet, les Forevers se rendent compte que les humains prennent la même direction évolutive qu'eux. Il comprennent que leur création est inutile, que nous ne sommes efficace que dans la guerre, la pollution et la destruction. La musique est très théâtrale et heureusement qu'il y a un gros riff salvateur qui vient un peu rythmer le tout.

"River Of Time" est une bonne occasion pour reprendre une petite claque. Un petit morceau prog. rock super bien foutu, avec une mélodie sympa, un thème irlandais entraînant et 2 chorus (violon et flûte) incisifs. On ne s'ennuie pas une seconde (qui a dit qu'il s'ennuyait à l'écoute de se disque ?). Les Forevers décident d'intervenir sur notre évolution.

"E=MC2" Les E.T. nous envoient des images par télépathie... On comprend pourquoi Arjen avait l'impression d'être surveillé et de voir des choses dans "The Truth Is In Here". J'adore particulièrement le passage chanté par Marjan Welman qui donne une certaine respiration dans ce titre morceau tragique. Le chorus de Michael Romeo est superbe !

Pour ne rien vous cacher, la dernière claque est magistrale. "The Sixth Extinction" qui clôt l'album est peut-être le meilleur de cet opéra rock. Les Forevers décident de nous sauver de notre malheur, de notre propre auto-destruction en nous supprimant. Rien à dire de plus sauf que la fin est sublime. Un des meilleurs titres de Metal progressif que je connaisse.

Pour conclure je dirais que 01011001 d'Ayreon mérite une place dans toutes les discothèques d'amateur de Rock Progressif et de Metal. Ce sera sans doute mon coup de coeur de l'année car je ne vois pas quel disque pourrait venir le détrôner. Mais si c'est le cas tant mieux, j'adore prendre des bonne claques comme ça. Allez, je vous laisse vous ruer sur les derniers exemplaires avant que cet album devienne culte. A 41 ans j'ai écouté pas mal de disques et très peu m'ont fait un tel effet. Quand on entend ça on est content de vivre ! Merci Arjen.


TRADUCTION DES TEXTES :

J'ai réalisé une traduction intégrale en .pdf de l'album en français téléchargeable à cette adresse :
http://www.lafrenchradio.com/Ayreon-01011001-French.pdf


LES FOREVER :
• Hansi Kürsch (Blind Guardian, Demons & Wizards) (Celtic cross)
• Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation)
• Tom S. Englund (Evergrey) (Lightning bolt)
• Jonas Renkse (Katatonia) (Pentacle)
• Jørn Lande (ex-Masterplan, ARK) (Crow)
• Anneke van Giersbergen (Agua de Annique, ex-The Gathering)
• Steve Lee (Gotthard)
Bob Catley (Magnum) (Pinwheel)
• Floor Jansen (After Forever, Star One)
• Magali Luyten (Beautiful Sin, Virus IV) (Crescent)


LES HUMAINS :
• Simone Simons (Epica)
• Phideaux Xavier
• Wudstik.
• Marjan Welman (Elister)
• Arjen Anthony Lucassen
• Liselotte Hegt (Dial)
• Ty Tabor (King's X)

LES MUSICIENS :
• Arjen Anthony Lucassen - Guitare, Claviers, Synthétiseurs, Basse, Programmation
• Ed Warby (Gorefest) - Batterie et Percussions
• Lori Linstruth (ex-Stream of Passion) - Guitare solo sur "Newborn Race"
Michael Romeo (Symphony X) - Guitare solo sur "E=MC²"
Derek Sherinian (Planet X, Yngwie Malmsteen, ex-Dream Theater) - Solo de Clavier sur "The Fifth Extinction"
• Tomas Bodin (The Flower Kings) - Solo de Clavier sur "Waking Dreams"
• Joost van den Broek (After Forever) - Piano et solo de Clavier sur "The Sixth Extinction"
• Jeroen Goossens (Flairck) - Flutes
• Ben Mathot (Dis) - Violons
• David Faber - Violoncelle

2008-02-21