FACE TO FACE
FACE TO FACE (CD)
1992 chez New Rose Records / Dixiefrog


1. Running from the Dealer
2. State of Shock
3. Devil's Road
4. Wanted
5. Dark Lady
6. People & Lands
7. Boogie Nation
8. Wasteland
9. Take me Away
10. Hey Babe
11. Face to Face
12. Call me
13. Missing you


dark_omens : 11/20
L’affiche sur le papier promettait d’être des plus alléchantes, et ce surtout au vu du casting de ce que, à l’époque, on nous décrivait comme le premier Super-groupe français. Un Super-groupe étant un groupe dont la plupart des musiciens ont déjà connus une certaine renommée. Imaginez plutôt pour les premiers rôles, Farid Medjane à la batterie et Frédéric Guillemet à la basse, deux ex-Trust dont la reformation passagère et la promesse d’un nouvel album s’éloigne de plus en plus laissant à "En attendant", dernier opus du groupe à Bernie, plus un goût de "En définitive", Fabien Gevraise à la guitare, un ex-Jinx dont le dernier fait d’arme est un EP sortis en 1988 répondant au titre de Rockin’ Band. Deux seconds rôles, illustres inconnus, en la personne de Rémy Laëron au chant et Gilles Villeroy aux claviers viennent compléter la distribution. Ce projet, initié en 1990, a dans l’idée de s’imposer dans la durée, et après une avant-première à l’hippodrome de Vincennes, au Monsters Of Rock avec, excusez du peu, Whitesnake, Aerosmith, Faith No More, Poison, Quireboys et The Front ; Face to Face s’éclipse afin de mettre en scène sa première œuvre. Il faudra attendre 1992 pour que cet album éponyme soit sous nos yeux.

Le scénario est assez simple, c’est un mélange de Heavy Rock aux accents US, aux influences Rock et dont l’acteur le plus éclatant à l’écran est le groove.

Au-delà de certaines scènes magnifiques, "State of Shock" crescendo Heavy/Groovy où la voix éraillé et solide de Rémy Laëron témoigne d’un ahurissant talent, montant en puissance au fur et à mesure que le morceau nous dévoile l’intensité du message délivré, "Dark Lady" ballade dégoulinante d’un feeling étonnant qui fait de cette chanson une vraie réussite, de quelques passage plutôt bon, sans être extraordinaire, "Boogie Nation" et son riff d’intro au cadrage southern, "Wanted" et "People and Land" ; l’ensemble reste assez disparate et surtout assez anecdotique. Pourtant les musiciens sont de talents et les idées sont là, mais les compositions, malgré des qualités indéniables, reste trop hétéroclite pour réellement mener l’intrigue vers des sommets. Le manque d’homogénéité de ce groupe et de cette première réalisation auront mis fin au suspense assez vite. De plus la production un peu bancale, où la batterie est mise très en retrait, avec une sonorité étrangement basse et lointaine, suffisent à faire comprendre pourquoi le public restera sourd aux quelques qualités de ce disque.

La seule véritable bonne surprise, révélation de cet album, c’est le talent incroyable de Rémy Laëron qui, a lui seule, arrive à rendre le suspense attrayant quelques infimes secondes. Son chant est prodigieusement inspiré et il est le seul qui mérite, sans aucun doute, d’être nominé comme meilleur espoir de sa catégorie. Il sait admirablement faire varier sa voix et l’adapter aux différents découpages des titres. Tantôt heavy où ces rugissements rugueux et aigus excellent, tantôt pleine d’émotions dans les passages intimistes où le feeling et le groove sont au comble de leur intensité, il n’est jamais pris à défaut, et chacune de ces interventions est juste et judicieuse.

Face to Face est donc un album qui souffre d’un manque de cohésion, où les morceaux fourmillent d’idées plutôt intéressantes à la base, mélangeant différentes influences musicales assez variés, mais qui, justement, finissent par accentuer encore un peu plus ce sentiments confus et déroutant qui nous étreint. Cette diversité, au demeurant attirante, est exploité de manière bien trop hasardeuse pour ne pas laisser perplexe. Perplexe et surtout totalement perdu.

2008-10-27