ArchEvil : 14/20 | Voilà bien un album à polémiques. Sepultura a-t-il prit des risques en sortant ce Roots? Peut être. Ce probablement dû au fait que Max y atténue son Thrash Metal cru aux influences à la Slayer proéminentes, au profit d'un power metal dégageant cette forte odeur du Korn de 1994 ( je parle bien sûr de leur album éponyme ). Et bien oui, alors on aime pas forcément. La hargne de Arise et l'authenticité de Chaos A.D sont inévitablement mises en retrait, au profit d'une construction de riffs plus coulante, mêlée aux arrangements tribaux devenus marque de fabrique aux brésiliens depuis Chaos A.D. Fini le pur thrash, fini la prouesse et la hargne, fini la rage et la volonté...
Mais peut on réellement reprocher à cet album un manque de fureur quelconque? Peut on lui reprocher son accessibilité plus abordable en comparaison aux précédents?
D'une part, je pense que oui, d'une autre, cet album est pourtant une réussite. La voie prise par les musiciens peut être troublante, mais ne justifie pas encore l'opinion douteuse que beaucoup lui prêtent.
Roots démarre fort. Roots Bloody Roots, précédé d'une courte intro aux sons d'une jungle nocturne, démarre sur les chapeaux de roues, vindicatif à souhait, direct et rentre dedans, tout comme les vocaux de Max qui eux n'ont rien perdu de leur puissance. Les deux morceaux suivants, dans la même lignée que le premier, sont d'un power metal lourd et criard, riffs peu originaux mais toujours sympathiques et adaptés au reste sans débordement.
Igor Cavalera, batteur confirmé, se marie parfaitement avec les percussions tribales, des exemples tels que Ratamahatta, Breed Apart sont jouissifs, le percussionniste Carlinhos Brown participe amplement au concept général d'une justesse et efficacité impressionnante.
Straighthate préserve l'album d'une linéarité ennuyeuse en y imposant un relief entraînant, histoire de préparer l'auditeur à encaisser la furie de Dusted ou Born Stubborn.
Mais je pense que cette suite dévastatrice perdrait beaucoup de sa puissance sans le monstrueux Lookaway, avec justement cette intrusion, peu avouable pour certains, de J.Davis, le chanteur de Korn. Mais il ne s'agit pas d'un morceau sensé ramener la lumière en cette jungle périlleuse, il s'agit de cinq minutes de véritable obscurité, pouvant laisser l'auditeur non averti déboussolé par le chaos intérieur que ce morceau à l'apparence fort calme dégage.
Au centre de la galette, deux intrusions acoustiques y posent leur grain de sel, si Jasco se laisse écouter en douceur, Itsari se verrait facilement zapper à la troisième écoute intégrale, néanmoins, on reconnaîtra positivement la présence de celui-ci, situé comme une bouche d'aération au disque qui ne pourra que reprendre de plus belle avec Ambush et Endangered Species, tous deux structurés de manière originale, mot qu'il est pourtant dur d'attribuer à Roots, pour qui on ne reprochera même pas les parties acoustiques en plein milieu de ces deux pistes, peut être troublantes pour certains.
L'album termine sur Dictatorshit, une pièce pûrement Thrash, histoire d'achever l'auditeur suivie du long "instrumental" de fin ( Little Wood-Music ), constitué de l'ambiance de la minuscule intro du premier morceau, accompagnée par différentes montées de percussions étranges, morceau présent uniquement pour marquer la fin, je fus peut être un des seuls à y prêter une oreille jusqu'au bout à plusieurs reprises.
Voilà ce que Roots a à nous proposer. Il représente pour certains le début de la fin. Même si je dois avouer le peu d'intérêt que Nation et Roorback ont suscité chez moi, ce " début de décadence du groupe " comme certains aiment dire fut la naissance d'un grand album, ayant sa place au podium du nouveau metal et qui inspirera plus d'un groupe à la recherche d'une musique directe et lourde tout en ayant sa subtilité et son empreinte à elle.
Roots est une très belle galette, et tout en étant peu novatrice dans son schéma, évite les structures trop classiques. Il est compréhensible que sa sortie en rebuta plus d'un ; ayant découvert le groupe avec Arise, l'effet fut déroutant. Pourtant, à condition d'accepter l'évolution, il garde sa part d'intérêt et s'écoute facilement. Nous sommes à des années lumières du chef d'oeuvre Beneath the Remains mais tout aussi loin des produits douteux que le groupe chiera dès le départ de Maxounet. Allez, restons positifs...
2007-09-04
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