MACHINE HEAD
THROUGH THE ASHES OF EMPIRES (CD)
2004 chez Roadrunner Records


01. Imperium
02. Bite The Bullet
03. Left Unfinished
04. Elegy
05. In The Presence Of My Enemies
06. Days Turn Blue To Gray
07. Vim
08. Seasons Wither
09. All Falls Down
10. Wipe The Tears
11. Descend The Shades Of Night


supercheche : 20/20
Après 2 très bons albums en début de parcours, définissant l’ouverture d’un nouveau style jamais reproduit et adoré par de nombreux puristes du Thrash, suivi de 2 albums très mal reçu par son ancien public mais accordant plus de facilité d’accès à la toutes les classes de public métal bien que conservant certaines ressources inventées par MH, nos amis d’Oakland décide de concilier tout ce petit monde en sortant un combiné, une fusion. Oserai-je dire parfaite ? J’ose…
Suite à un départ fulgurant en 1994 avec Burn my Eyes, MH s’impose auprès des critiques du monde entier comme un inventeur d’un nouveau style, le New Wave Of American Thrash Metal. Ovationné et connu de tous les amateurs de Métal et Rock de l’époque, les MH font vibrer les harmoniques et enchainent les roulements de toms sur les scènes du monde. Ils décident de relancer la bête en 1997 avec The More Things Change…, toujours dans le même esprit mais avec un nouveau batteur : Dave McClain remplace alors Chris Kontos. Probablement attiré par le côté business de leur succès, les MH s’investissent alors dans 2 albums très critiqués et rabaissés car ayant troqués leur puissance et profondeur pour l’accessibilité à un public plus large. Peut-être ont-ils eu conscience de leur erreur, car en cette année 2004, après le remplacement de Ahrue Luster par Phil Demmel (guitare lead), MH retourne le paysage du Métal avec un pur monstre du Thrash, conciliant puissance, férocité, sensation, engagement, musicalité, paroles hurlantes d’un appel à la révolution. En parlant de révolution, voilà la leur : Through The Ashes Of Empires.

Mélodie profonde et rage contenue, les premières notes sensibles d’Imperium mettent en suspens la monumentale claque que l’on va se prendre lorsque les guitares saturées enverront la patate. Ca y-est. Et là ca fait mal. On retrouve dans les premières minutes de quoi agenouiller de nombreux auditeurs. Tout ce que MH fait de meilleur y-est : voix gueulée et chantée toujours mélodieuse, riffs guitares/basse sur-appuyés à la simple ou double croche, harmoniques des mancheux cinglantes et vibrantes, double pédale puissante et profonde.
2ème force de MH : toute cette énergie, pouvant être qualifiée à juste titre de « force de frappe » cache nombre de subtilités qui laisseront songeurs les musiciens de tout style. Les jonglages groovys de Mr.McClain alternant l’usage méthodique des toms dans les rythmes et l’usage mélodieux des cymbales est à l’affiche. Les effets vocaux sont multiples : doublages, harmonies, réverbes, et même (tout à fait sublime) la superposition de voix criées et chantées.
Après la première et violente claque d’Imperium, Bite The Bullet enchaîne sans laisser retomber la tension. On retrouve cette importance du découpage rythmique où le basse-batterie se retrouve doublé par les guitares ultra-précises. Toujours dans la même veine, Left Unfinished confirme la maîtrise des harmoniques et les rythmiques rappellent celles qui ont fait le bonheur de Burn my Eyes. Avec un refrain mélodique mais sans être pompeux pour le moindre du monde, la dépendance au son MH commence à faire son effet…
Très grosse claque avec la mélodie au découpage rythmique tordu de Days Turn Blue to Gray. On tape encore brutalement du pied sur la rythmique principale sur-entrainante. C’est avec un pont maîtrisé reprenant le thème principal à la guitare accompagné d’une voix tout simplement incroyable que la pression monte, les émotions se succédant dans une surenchère de rage.
Venu Descent The Shades Of Night, il ne vous reste plus qu’à fermer les yeux et ressentir. Magnifique et puissante, tout le talent mélodique est ressenti dans ce calme qui la caractérise. On appréciera le solo qui viendra relever encore plus haut le niveau de sensation. En effet MH se permet sur cet album quelque solos flamboyants venant endurcir le rendu final avec brio.

Au cœur d’un conflit entre les vieux de la vieille de Burn my Eyes et les nouveaux auditeurs victimes du « Métal Business » (et oui, bien que discret il existe) de la même manière qu’on est victime d’un blockbuster américain, MH concilie tout le monde en pondant un opus accessible tout en conservant ce qui à fait la rage de leur début, associé à un gros son et à des musiciens de talents. Agissant en véritable usine à riff, tous plus titanesques les uns que les autres, MH renouvelle son style imposé des années auparavant tout en peaufinant sa brutalité comme sa musicalité au service de la plus puissante des écoutes : l’émotion.


Titanesque. Oui c’est ca le bon mot. Titanesque…



2008-10-26