GAMMA RAY
LAND OF THE FREE II (CD)
2007 chez Metal-Is Records


1. Into the Storm 3:47
2. From The Ashes 5:26
3. Rising Again 0:27
4. To Mother Earth 5:11
5. Rain 5:16
6. Leaving Hell 4:20
7. Empress 6:22
8. When The World 5:44
9. Opportunity 7:14
10. Real World 5:42
11. Hear Me Calling 4:14
12. Insurrection 11:33


Eternalis : 13/20
J’avais été agréablement surpris à la sortie de "Majestic" en 2005, trouvant que Gamma Ray réussissait enfin à sortir un peu de son carcan habituel et proposer de nouvelles directions (plus de claviers) tout en gardant une ligne de conduite résolument speed et furieuse. Je vous laisse donc imaginer la joie qui s’est emparée de moi lorsque j’ai appris la création de la suite du tant apprécié "Land of the Free" qui, même s’il n’est pas mon album préféré, contient son lot de perles et représente également le premier album du combo avec Kai de retour au chant. Un choix symbolique donc, et pourtant…

"Land of the Free pt II" s’apparente à un deus ex machina littéraire, dévoilant un groupe ne sachant plus comment faire évoluer sa musique, ne connaissant pas la finalité de son œuvre et partant un peu dans tous les sens sans réellement convaincre, et sur de nombreux points. A commencer par la production ; je voudrais bien rencontrer Tommy Newton pour étriper ce gars là !
Un son sclérosé, clinique et si clean qu’il occulte la puissance brute de décoffrage des morceaux. Le son de batterie, par exemple, est très décevant comparé aux albums précédents, poli au maximum, même les guitares semblent être muselées, comme si elles ne devaient pas mordre. Tout ceci est flagrant dès "Into the Storm", mélange convenu entre "Heaven Can Wait" et "Land of the Free" et téléguidé pour un auditeur ne ressentant pas le moindre frisson car déjà entendu tant de fois. L’album sera à l’image de son ouverture, très bien interprété mais d’un conformisme confondant et désarmant.

Pour un "Rain" énorme et très puissant, au riff central tabassant (d’ailleurs, le son parait bien meilleur sur ce titre !) comme il faut au refrain de tueur, combien de "Leaving Hell" ou "Hear Me Calling" parfaitement dans le rang ? L’inspiration ne semble pas du tout au rendez-vous, frisant parfois le plagiat gratuit et facile d’Iron Maiden.
Le, pourtant splendide, "From The Ashes", en fait les frais. S’il reste néanmoins un de mes morceaux préférés de l’opus, il faut tout de même avouer le solo clairement pompé sur "The Clairvoyant" de la vierge de fer. Et que dire d’"Opportunity" ? Si ce n’est qu’il s’agit d’un des plus grand foutage de gueule de Kai Hansen, Henjo et consorts. Je veux bien qu’ils aient des influences (quoique ce sont tout de même des précurseurs, ça devrait être eux les plagié et non l’inverse !) mais de là à proposer la réplique exacte (quasiment à la note de basse près, mais accordée quelques ton plus bas) de "Rime Of The Ancient Mariner" sur le break (comme quoi, ce sacré "Powerslave" tient bon la barre !), il n’y a qu’un pas pour être réellement en colère. Le morceau commençait pourtant bien, avec un refrain plus lent et aérien (l’ombre de "No World Order" plane !) mais dès le break, on se croirait sur le bateau hanté pendant les quinze minutes du titre de Maiden.
Je ne parlerais même pas de "When The World", copie conforme de "Flash Of The Blade" ("Powerslave toujours!). Et oui, une intro si reconnaissable ne peut pas passer inaperçu, surtout lorsque l'on y change absolument rien.

"To Mother Earth", d’une vitesse affolante, regorge de cette agressivité dont le groupe maitrise si bien tout en composant des parties plus calmes et narratives afin de laisser se reposer, un excellent titre.
Quand à "Insurrection", dont l’intro sonne une nouvelle fois étrangement similaire à "Out Of The Shadows" de Maiden (le titre étant très récent, je pourrais être plus indulgent !), autant au niveau de la mélodie de guitare que la ligne vocale (quoiqu’il y a des limites !!).
Mais dès le vrai commencement de cette longue fresque épique de onze minutes, lorsqu’il décolle niveau vitesse, nous retrouvons l’espace de quelques instants le Gamma Ray que l’on aime, le Gamma Ray inspiré avec un Kai sortant des hurlements suraigus jouissifs et des chœurs grandioses et menaçants. Un très bon titre donc, si l’on fait abstraction de certains détails.

Des détails bien trop nombreux pour me laisser de marbre face au déchainements d’éloges que récolte ce disque, largement en dessous de ce qu’on pouvait attendre non seulement de Gamma Ray mais également d’un album portant le nom de "Land of the Free". Des éloges selon moi non méritées. Un avis comme un autres diront certain !

2009-01-27