Fabien : 16/20 | Lâché par son label CFMT en plein milieu de l’enregistrement de son album Embrace the Death en 1990, Asphyx rentre bredouille dans ses quartiers, en emportant avec lui la cassette des pistes non mixées. Sans se décourager, Bob Bagchus & Eric Daniels poursuivent l’aventure, mais perdent en revanche leur chanteur bassiste Theo Loomans, jetant l’éponge peu après les sessions de leur album tombé aux oubliettes.
La séparation avec leur growler coïncide heureusement avec le départ de Martin Van Drunen au sein de Pestilence, groupe s’étant hissé parmi les leaders du deathmetal européen suite à la parution de son album culte Consuming Impulse en 1989. Asphyx récupère ainsi un atout imparable dans son line up, depuis le charisme et le chant unique du nouveau frontman, jusqu’à la forte notoriété de son ancienne formation.
Parallèlement à sa participation au split-album In The Eyes of Death (1991) de Century Media, aux côtés d’Unleashed, Grave, Tiamat et Loudblast, le trio décroche un contrat flambant neuf avec le même label, mené par Robert Kampf (Despair). Asphyx rejoint ainsi Harry Wijering aux Harrow Studio, qui deviendra dès cet instant le lieu de prédilection du groupe, pour la majorité de ses enregistrements futurs. Baptisé The Rack, et bénéficiant d’une illustration du jeune Axel Hermann (Morgoth, Demolition Hammer), le premier album enfin finalisé d’Asphyx sort en ce printemps 1991.
Débutant par une intro aux claviers fixant déjà une atmosphère sombre, The Rack enchaine sur le morceau Vermin aux rythmes rapides et au riffing très incisif. Le deathmetal d'Asphyx devient alors plus pesant au fil de son avancée, alternant brillamment parties rageuses et passages doom prenants, depuis l’excellent Evocation aux rythmes de Bob Bagchus écrasants, en passant par le dyptique Ode to A Nameless Grave / Pages in Blood d’une intensité incroyable (notamment lors des soli lancinants d’Eric Daniels), jusqu’au titre éponyme final sombre et particulièrement poignant.
The Rack tire également sa force dans le guttural à la fois profond et arraché de Martin Van Drunen, qui transcende littéralement les compositions de la paire Daniels / Bagchus, mais aussi dans la production d’Harry Wijering, qui parvient à capter l’essence même du groupe et à lui restituer un son de guitare unique et si tranchant. Les nombreux titres déjà présents sur Embrace the Death (cinq titres au total, majoritairement rebaptisés) gagnent ainsi conidérablement en épaisseur, sans perdre une once de leur côté sombre.
Nouvel album déterminant au sein de la scène death néerlandaise, The Rack permet ainsi au trio hollandais de confirmer son statut dans l’underground deathmetal, et de lancer définitivement son label sur orbite. Son côté doom et ses ambiances sombres, s'ajoutant à un son de guitare si incisif & si particulier, et au charisme incroyable de Martin Van Drunen, confèrent à Asphyx une très forte identité.
Fabien. 2007-03-26
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