MEGADETH
PEACE SELLS... BUT WHO'S BUYING ? (CD)
1986 chez Capitol Records


Re-Issue in 2004 by Capitol Records with 4 bonustracks.

1. Wake Up Dead
2. The Conjuring
3. Peace Sells
4. Devils Island
5. Good Mourning / Black Friday
6. Bad Omen
7. I Ain't Superstitious (Willie Dixon Cover)
8. My Last Words

Bonustracks (2004 Re-Issue)
9. Wake Up Dead (Randy Burns Mix)
10. The Conjuring (Randy Burns Mix)
11. Peace Sells (Randy Burns Mix)
12. Good Mourning / Black Friday (Randy Burns Mix)


Eternalis : 19/20
Dire que Megadeth est un précurseur est un doux euphémisme. Peace sells… but who’s buying ? fait partie de ces albums ayant tout déclenché.
Replongeons nous en 1986 ; le death n’existe pas encore, le doom en est à ses premiers balbutiements tandis que le black metal n’a toujours pas de couverture médiatique, malgré les premiers essais de Venom et Hellhammer. Imaginer l’impact d’un tel opus dans un monde encore dominé par Iron maiden, AC-DC et Motley Crue et vous comprendrez pourquoi il fait aujourd’hui figure d’album culte.

Tout juste viré de Metallica pour Kirk Hammet, Dave Mustaine délivre avec ce second opus un de ses plus grands chefs d’œuvre, et personnellement mon préféré, de sa féconde discographie. Beaucoup parlent de Rust in Peace qui est certes génial mais qui manque justement de cette expérimentation dont bénéficie Peace sells… En effet, en plus d’être un des opus les plus courts du groupe (36 petites minutes), il est également le plus malsain, cela venant particulièrement du chant absolument unique de Diamond Dave. Le niveau technique est juste extraordinaire pour l’époque et pose les bases d’un métal résolument plus extrême et dérangeant que celui pratiqué par les « four horsemens » ; j’irai même jusqu’à dire que le métal extrême ne serait sans doute pas ce qu’il est sans ce maître album.

Alors que les autres misaient sur la rapidité, Megadeth était déjà à contre-courant et propose avec cet album autant de baffes en pleine gueule que de morceaux. Le légendaire « Wake Up Dead », ouvrant l’album, résume magnifiquement bien le style : des guitares tranchantes et techniques, des solos dans tous les sens, un chant qui n’est pas dominant (un fait rare pour l’époque où de nombreux groupes basaient leurs morceaux autour de la voix !) et des cassures rythmiques inattendus (ce break jouissif en plein milieu).
Personne ne pourra avouer ne pas avoir secoué la tête sur le mythique « titre-track », avec son intro à la base et son refrain vicieux, rentrant directement dans une case mémoire de votre cerveau. Le splendide « Devils island », et son intro au tapping, fait également partie des incontournables, au même titre que les « Holy wars… » ou autres « Symphony Of Destruction ».

Strictement rien n’est à jeter sur cette légende du speed trash, et même si Marty Friedman ne faisait pas encore partie du groupe (sans doute le soliste le plus génial avec lequel est jamais collaboré Mustaine), Chris Poland s’en sort avec les honneurs et suit admirablement bien son leader dans les partie les plus impressionnantes (il apparaîtra également sur le récent et excellent The System Has Failed).

Alors oui, Mustaine n’est pas connu pour être la personne la plus souple qu’il soit mais personne ne pourra lui enlever le fait qu’il soit un véritable surdoué de la guitare et de la composition (car lui propose encore de bons albums en 2008 au moins). Le reste n’a finalement que bien peu d’importance pour les modestes auditeurs que nous sommes.

2008-11-11