SYBREED
ANTARES (CD)
2007 chez Listenable Records


1. Emma 0
2. Ego Bypass Generator
3. Revive My Wounds
4. Isolate
5. Dynamic
6. Neurodrive
7. Ex-Inferis
8. Permafrost
9. Orbital
10. Twelve Megatons Gravity
11. Ethernity



Eternalis : 16/20
Souvenez-vous !
2005 : un album unique ayant inévitablement souffert d’un manque de promotion de la part de son label de l’époque. « Slave Design », du jeune groupe suisse Sybreed, explosait les limites préconçus afin de s’affranchir d’une musique unique et hypnotique, les magazines furent en émoi face à un tel chef d’œuvre. Deux morceaux résumant parfaitement le potentiel du quatuor : Bioactive et ReEvolution. Deux titres incroyables de puissance, où les rythmiques syncopées se mêlaient à des vocaux intenses, le tout entouré d’une magnifique couche électronique conférant une froideur et une originalité sans pareille au style pratiqué par le combo. Mais de quel style justement ?
L’on parle de Meshuggah, de Soilwork ou encore de Strapping Young Lad mais la musique offre bien plus qu’un simple ersatz d’un autre groupe (bien que j’admets que la patte Devin Townsend soit identifiable). Une seule question brûlait nos lèvres, comment réaliser un second album après un tel exploit initial. La réponse se nomme « Antares ».
Malheureusement moins intense et jouissif que son prédécesseur, le nouveau né n’en est pour le moins pas inintéressant, loin de là.

S’ouvrant sur deux morceaux étrangement similaire (Emma-0, Ego bypass generator), le groupe dévoile une facette que l’on avait sans doute pas imaginé à l’écoute de leur premier disque : l’influence de la new wave sur leur musique. En effet, ces deux morceaux contiennent des refrains immédiatement mémorisables et entêtant à la Depeche mode, tout en égrenant ses vocaux extrêmes uniques sur les couplets et cet enrobage électronique qui semble tout de même moins présent ici.
Mais outre la surprise de ces morceaux (pour le moins excellents), c’est au niveau du son que l’étonnement est moins bon. Non pas que la production ne soit pas la hauteur, au contraire, elle se révèle puissante et précise, mais dieu qu’elle est propre et lisse, affadissant l’impact qu’un son plus rude nous aurait collé en pleine figure. C’est, je pense, le principal défaut handicapant, ce nouveau disque fourmillant autrement d’idées.

Le rageur Revive my wounds et ces vocaux ahurissants, le très « dimmu borgien » Dynamic sur l’intro ou encore les glacials Neurodrive (quel morceau !) et Permafrost, où l’électronique se fait plus présente et utilisée avec mæstria. Ce second opus se terminera en beauté sur le très mélancolique Ethernity qui, du haut de ses neuf minutes, prouve que le groupe n’a pas besoin d’être forcément violent pour toucher l’auditeur.

Benoît, le vocaliste, est à fleur de peau tout au long de cet album et l’on ne peut que constater ses progrès de son côté, modulant sa voix avec une aisance peu commune et réalisant des envolées lyriques de toute beauté. La batterie, assurée par Dirk Verbeuren, est d’une technicité affolante et prouve, si ce n’était pas déjà fait, que nous disposons en nos terres d’un batteur vraiment exceptionnel.
Le constat final sera donc positif, même si l’on peut regretter la perte de cette rage qui caractérisait le premier album, au profit d’un son handicapant plus le groupe que le servant à mon sens. Mais force est de constater que du côté de la composition pure, le travail est colossal et que Sybreed demeure une des révélations de ces dernières années en incorporant de l’électronique dans un genre saturé de productions identiques.
L’avenir nous réserve, espérons-le, sans doute le meilleur !



2008-11-07