SPAWN OF POSSESSION
CABINET (CD)
2003 chez Unique Leader Records


1. Intro / Lamashtu
2. Swarm of the Formless
3. Hidden in Flesh
4. A Presence Inexplicable
5. Dirty Priest
6. Spawn of Possession
7. Inner Conflict
8. Cabinet
9. The Forbidden
10. Church of Deviance
11. Uncle Damfee


Fabien : 14/20
S’illustrant depuis plusieurs années avec son death mélodique made in Göteborg, particulièrement aseptisé, la Suède compte pourtant plusieurs formations directement influencées par le deathmetal nord américain, à l’instar d’Anata, Aeon, Visceral Bleeding ou Spawn Of Possession. Fondé en 1997 autour de Bryssling, Karlsson & Röndum, ce dernier délivre un death brutal et très technique, dans la veine de Necrophagist ou Psycroptic. Grâce à sa maîtrise imparable, le groupe attire très vite l’attention du spécialiste Unique Leader, débouchant sur l’enregistrement de son premier album aux Pama Studios en été 2002, et sur sa commercialisation en début d’année suivante.

Bien que la violence de ses rythmiques et la brutalité des vocaux de Röndum évoquent indéniablement le death brutal new yorkais ou californien, Spawn Of Possession distille en revanche des riffs très inhabituels dans le style, loin des lignes caractéristiques et étouffantes d'un Disgorge (US), mais au contraire parfaitement aérés. La seule écoute des brillants Swarm Of The Formless ou Hidden In Flesh impressionnent en effet le deathster, bouche bée devant la vitesse d’exécution, l'avalanche de notes, et la formidable dextérité des interprètes.

En outre, Cabinet bénéficie d’un enregistrement clair et d’un mixage équilibré, permettant la distinction des riffs enchevêtrés du tandem Bryssling / Karlsson, soutenus par les lignes de basse fouillées de Dewerud. Mais, bien que chaque titre soit individuellement un modèle de technique, et reste un délice pour l’auditeur averti, l’album manque toutefois de relief dans son ensemble, en l’absence des fines touches acoustiques ou des écarts jazzy judicieusement développés sur son successeur, permettant de casser la monotonie engendrée par la brutalité du style.

Alors que sa pochette et son concept stéréotypés sous entendent un death maigre et sans personnalité, Cabinet cache à l'inverse un death technique et particulièrement inventif. Spawn Of Possession possède effectivement une identité bien définie et un potentiel considérable, lui permettant de sortir d'entrée un disque de qualité, laissant dès lors présager l’excellence de son second album, l'incroyable Noctambulant.

Fabien.

2008-03-10