HATE ETERNAL
KING OF ALL KINGS (CD)
2002 chez Earache Records


1. Our Beckoning
2. King of All Kings
3. The Obscure Terror
4. Servants of the Gods
5. Beyond Redemption
6. Born by Fire
7. Chants in Declaration
8. Rising Legions of Black
9. In Spirit (the Power of Mana)
10. Powers that Be


Fabien : 18/20
Trois années après un Conquering the Throne plus que convaincant, ayant largement participé à la résurgence d'un death metal à la limite de l'agonie durant la seconde partie des années 90, Hate Eternal revient en 2002 avec son second album. Enregistré de main de maître par son leader Erik Rutan en personne, dans ses propres locaux Mana Studios, King of All Kings, au titre toujours aussi ambitieux, bénéficie non seulement d’un contrat en béton d’Earache Records, la maison mère de l'écurie Wicked World, mais aussi d’une terrible pochette d’Andreas Marshall, réputé pour ses illustrations d’Immolation ou Obituary.

Subissant le départ simultané de Doug Cerrito (Suffocation) et du batteur-missile Tim Yeung, Erik Rutan poursuit immuablement sa route avec son ami Jared Anderson, parvenant à rallier à ses côtés l’impitoyable Derek Roddy, batteur possédant une vitesse et une précision n’ayant rien à envier aux blasts métronomiques de son prédécesseur.

Si King of All Kings ne débute pas sur sa meilleure facette, à l’image de son titre éponyme saisissant sans être transcendant, l’album trouve en revanche sa pleine puissance dès l’imparable The Obscure Terror, d’une force et d’une brutalité sombre sans commune mesure. Libéré de l’influence de Doug Cerrito (Suffocation), qui lui avait toutefois beaucoup apporté, Erik Rutan maîtrise désormais parfaitement son brutal death, assénant des riffs & des soli d’une rage et d’une incision meurtrières, mais aussi d'une précision désarmante malgré l’ultra brutalité du style. Majoritairement dominé par les blasts et le double pédalage incessants et dévastateurs de l’impitoyable Derek Roddy, l'album contient parallèlement de nombreux breaks déboulonnants, d'une lourdeur imparable, non sans rappeler les ambiances massives & délicieuses de l'incontournable Gateways to Annihilation de Morbid Angel, sur lequel Rutan avait participé deux années auparavant.

Hate Eternal enchaîne ainsi les cultes Servants of the Gods, Born by Fire ou Chants in Declaration dans un tourbillon d’énergie pure, portant le death metal dans des contrées d’une force et d'une intensité rarement atteintes, trouvant son apogée sur l’invincible titre final Power that Be, d’un équilibre et d’une technique renversantes.

Au côté du pharaonique In the Darkened Shrines de son homonyme Nile, sorti en cette même année 2002, Hate Eternal signe ainsi un King of All Kings dépassant son excellent prédécesseur, installant définitivement la bande d’Erik Rutan parmi les locomotives du brutal death à l'échelle internationale. La puissance sans limite de l’album confirme en effet le nouveau visage arboré par la scène death metal depuis ce changement de millénaire, plus brutale, technique, rapide et intense que jamais. Incontournable !

Fabien.

2008-11-24