Krokodebil : 20/20 | Il y a 40 ans jour pour jour, le 12 janvier 1969, une page du Rock se tournait.
Le premier album éponyme de Led Zeppelin sortait en Angleterre.
Une pochette sobre, en Noir et Blanc saturé, reprenant la photo du crash du Hinderburg, le ton était donné.
1er morceau, Good Times, Bad Times, une guitare aguicheuse et agressive, une batterie au métronome fantastique. Un rock énergique et candide, avec toute la verve d'un chanteur pourtant si jeune, et un solo fulgurant, électrique au possible.
S'ensuit le terrible Babe, I'm Gonna Leave You, plus de 6 minutes d'un folk acide et dépressif au possible, reprise d'un grand classique du folk traditionnel, popularisé par Joan Baez dans les années 60. Un chef d'oeuvre d'émotion pure et de violence déchaînée après des instants de retenue.
Puis viens le terrible blues de Dixon, You Shook Me, là encore plus de 6 minutes de bonheur. Un morceau effarant de démesure, 3 solis, d'abord un solo de clavier suraîgu et démentiel, puis ce frénétique solo d'harmonica, laissant place aux foudres du génie des studios anglais, le tout s'achevant dans un concert du hurlements suraigus de jouissance à peine déguisée.
Et là, c'est le drame. Dazed and Confused s'entame, sur un riff de basse à tuer n'importe qui. Une douceur inquiétante monte, s'élève. Stridences de guitare. Hurlement du chanteur qui entame ses stances démesurées et grandiloquentes. Puis vient ce break, ce terrible break aux frontière du psychédélisme et du rock progressif. Mais quel est ce genre ? Le Blues ? Le Rock ? Non, c'est du Progressive Blues, du Hard Rock, du Heavy Metal même ! Et voilà que Jimmy sort l'archet, un son transcendant, extra-terrestre qui violente les oreilles et malmène les crins ... Il repose l'archet et part dans une folie furieuse de virtuosité guitaristique, et entame ainsi un des plus grands soli de guitare de tous les temps, sur quoi le riff pachydermique reprend le pas, sur le râle apesanti du Robert Plant, qui achève le morceau dans un ronflement de guitare mêlé de murmures étouffés et orgasmiques, un tonnerre d'outrance et de tumulte sulfureux.
La suite se calme, une intro d'orgue éblouissante presque cathédrale prend le pas, avant de nous envoyer le son d'un morceau pop au texte vindicatif sur une femme amorale dirons nous. L'embrouillamini de la fin s'enchaîne en fondu sur une piste instrumentale orientalisante, sur fond de percussions indiennes. Puis arrive le soufre, la frénésie à nouveau, et le riff endiablé de Communication Breakdown, son solo, son chanteur hurlant, sa fulgurance.
Et là, quoi ? Encore une reprise de Dixon ?
Hé Bah ouais, c'est Led Zep et ils vous font la nique, le blues, ils se le rapproprient, et font de ce morceau une légende du blues mineur, avec un solo des plus incomparable de virtuosité. L'album s'achève ensuite sur un brin de démesure, 8 minutes de folie pure teintée de Jazz et de Swing, How Many More Times, les femmes,les hommes, le sexe, la drogue, la drague... La vie quoi ! Stridences oniriques, de la voix ou des instruments, texte tonitruant au possible, provocateur et irrévérencieux, un morceau plein d'excès, à l'image de ses créateurs.
Une légende. 2009-01-16
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