Julien : 18/20 | Pour essayer de planter le décor de façon très matérialiste, il faut savoir que Led Zeppelin a vendu autant de son premier opus que Megadeth dans toute sa carrière. Il n’y a pas de secret, si la bande Page/Plant/ Bonham/Jones est devenu une légende de la musique ce n’est pas claquant des doigt c’est bel et bien en nous proposant un concept unique pour l’époque, le Hard rock. Même si le style s’affinera par la suite, les bases sont là et les influences de ce disque se ressentent encore 40 ans après. J’ai l’impression de parler d’un disque de l’âge de pierre mais (le remaster aidant il faut être honnête) ce disque n’a pas pris une ride et il en impose a n’importe quels groupes d’hier et d’aujourd’hui. Petit cours d’histoire de la musique.
Il faut donc se replonger dans les années 60 et reprendre l’histoire là ou elle a commencé au sein des Yardbirds. Ce groupe un peu l’Alcatrazz des années 60. En effet on y retrouvera derrière la six cordes Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, rien que ça. Courant 68, Page se retrouva tout seul à bord navire Yardbirds et devant achevé une série de concert il recruta une bande jeune loup : Robert Plant, John Bonham et John Paul Jones. Dans le coup n’aillant plus grand-chose a voire avec les Yarbirds d’antant un changement de nom s’imposa, Led Zeppelin est né.
L’envie de rentrer en studio démange et il ne faudra pas beaucoup de temps avant que Led Zeppelin premier du nom ne voit le jour. Avec cet album le groupe posa définitivement les bases de ce qui allait devenir le Hard Rock. En effet les évolutions techniques sont considérables se qui permet à Page de jouer fort, très fort. C’est le deal et pendant longtemps Led Zep a été le groupe qui jouait le plus fort. Du blues jouer avec un son agressif et une énergie débordante, voilà ce qu’est le vrai Hard Rock. Mais Page n’est pas le seul a en avoir sous la semelle. Car si sa guitare est omniprésente, c’est sa complémentarité avec la voix incomparable de Plant qui fera la différence. Aussi bien pour son coté maniéré que par ses cris limite orgasmiques, son chant restera a jamais gravé dans la mémoire collective. Mais au-delà de se duo il y a aussi un batteur de génie qui démontre une rare violence dans sa frappe. Sa frappe qui même si elle assommerait un bœuf, était rempli d’un groove et d’un feeling rarement égalé. Faire de l’extrême avec des plans bluesy il fallait oser et Led Zep l’a fait. Dernier larron de la bande, John Paul Jones est un modèle pour tous les bassistes. Son sens inégalable de la rythmique et sa vista dans ses parties lead sont tellement indescriptibles qui faut l’entendre pour le croire.
Ce disque est donc bel et bien un mythe et en plus il se veut aussi varier que possible. On y retrouve ainsi le magistral « Dazed And Confused » ou la puissance se mêle aisément avec le planant. Preuve si l’en ai que l’héritage des Yardbirds n’est pas mort, Page usant d’artifices expérimentaux comme l’archet. Imaginez vous en 69 avec un titre comme « Communication Breakdown », mais quelle claque. La puissance à l’état brut, le tout avec un touché phénoménal. Ce n’est pas pour autant que le groupe perd sa sensibilité et « Babe, I'm Gonna Leave You » est là pour nous le rappelé. Rempli d’émotion, ce titre au relent folk met parfaitement en avant toutes les sensations que peut faire passer Plant avec sa voix. Magnifique.
Plutôt que d’être une année érotique, 69 est la date de naissance d’un véritable mythe qui court depuis maintenant quatre décennies et qui ne finira jamais de nous surprendre de part sa modernité et sa perfection d’écriture. Led Zep est né et restera a jamais dans l’inconscient collectif comme le groupe qui révolutionnera le monde de la musique, rien que ça.
2008-03-19
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