MACHINE HEAD
BURN MY EYES (CD)
1994 chez Roadrunner Records


1. Davidian 04:55
2. Old 04:06
3. A Thousand Lies 06:14
4. None But My Own 06:14
5. The Rage To Overcome 04:47
6. Death Church 06:33
7. A Nation On Fire 05:33
8. Blood For Blood 03:40
9. I'm Your God Now 05:51
10. Real Eyes, Realize, Real Lies 02:45
11. Block 05:00

Total playing time 55:38


BEERGRINDER : 18/20
En cette année 1994, le Thrash Metal n’est pas au sommet de sa forme. L’avènement du Death Metal quelques années auparavant lui a porté un coup sévère et ce style a été ringardisé par Morbid Angel, Pestilence et consorts. Mais le Death Metal aussi subit en cette période le retour de balancier de son succès et la profusion de groupes dont certains de qualité moyenne commencent à lasser l’auditeur.

C’est alors que débarque Machine Head et son Burn my Eyes qui scotcha beaucoup de monde au mur cette année là (comme dirait Claude François). Attention, ne cherchait pas ici de similitudes avec Slayer et Dark Angel il n’y en a quasiment pas.
En effet Burn my Eyes lorgne d’avantage vers ce que l’ont pourrait appeler du Power Thrash. Le leader du quintette Rob Flynn a pourtant évolué dans des groupes plus « Old-school » comme Forbidden et Vio-lence mais il a justement quitté ce dernier pour pouvoir (dixit lui-même) jouer des riffs qui ne convenaient pas à Vio-lence.

Dans tous les cas il s’est entouré de musiciens chevronnés pour cette aventure : Adam Bunce à la basse, Logan Mader à la guitare et le puissant Chris Kontos à la batterie. On rajoute Colin Richardson à la production et on obtient une bombe.
En effet le son est gigantesque et dépasse tout ce qui avait été fait en la matière jusqu’ici, dans la veine d’un Far Beyond Driven de Pantera (pas que pour le son d’ailleurs) surboosté.


Côté musique Davidian frappe très fort d’entrée et l’efficacité des riffs couplé aux parties vocales surpuissantes de Rob Flynn sont un régale.
Sur plusieurs titres les guitaristes usent et abusent des sonars (159 rien que sur l’intro de The Rage To Overcome, je m’été amusé à les compter à l’époque) et des effets dissonants et samples (Real Eyes Realize Real Lies) qui font ressortir le côté original et moderne du groupe.

Cependant puissance est bien le maître mot ici, les riffs sont d’une lourdeur sans précédent (Davidian) et Chris Kontos sait jouer à merveille de sa double pédale il n’y a qu’à écouter les parties finales de None But My Own et surtout a Nation of Fire pour s’en rendre compte.

Comme souvent sur les albums qui ont marqué leur temps, l’intensité ne faiblie pas et les morceaux sont suffisamment variés pour ne pas ennuyer son monde : on passe de la brutalité pure de Blood on Blood à des choses plus posées où l’ami Rob pose un peu de chant clair (I’m Your God Now) jusqu’à finir par le onzième et dernier titre : Block, qui porte plutôt bien son nom et termine l’album comme il avait commencé avec un pavé en pleine figure.

Avec Burn my Eyes Machine Head a fait exploser à la face du monde son Thrash « new-school » et les hits que sont Davidian, Old ou The Rage to Overcome ont montré la voix à une flopée de groupes qui ont suivi leur voie : Skinlab, Pissing Razors,…etc.
Par contre je ne vais pas rentrer une fois de plus dans la polémique : « est-ce bien du thrash où pas ? » je vais juste prendre plaisir à réécouter le varié et puissant A Nation on Fire, l’entraînant The Rage To Overcome, le dévastateur Blood for Blood ou le hit absolu Davidian sans me poser de question et savourer. J’encourage tout le monde à en faire autant d’ailleurs.

BG

2008-04-10