ELEVENTH PLAGUE
ELEVENTH PLAGUE (CD)
2007 chez Auto-Production


1. Dunes Of Despair
2. Pharaoh
3. King Of A Day
4. Killer Garden Dwarves
5. Steel United
6. Dying Tomorrow


Eternalis : 14/20
Le heavy metal est sans doute le genre ayant le plus et, paradoxalement, le moins évolué en presque trois décennies. Il y a ceux qui tirent le meilleur de ce genre pour élaborer une musique neuve et originale, souvent beaucoup plus extrême. Et il y ceux qui rendent un véritable hommage à leurs glorieux ainés, sans qui le metal ne serait probablement pas ce que nous connaissons aujourd’hui. Eleventh Plague fait indiscutablement partie de cette seconde mouvance.

S’articulant autour de cinq individualités bercées par les précurseurs du genre (Iron maiden, Megadeth, Helloween, Judas Priest), le combo parisien propose une première démo efficace et carrée, à défaut d’être encore totalement mature (au niveau du son surtout).

Débutant sur une intro mystérieuse et réussie, le quintet explose sur leur titre phare « Pharaoh » systématiquement joué en concert. Le chant de Jérémie Plu est impressionnant lorsqu’il monte dans les aiguës et fait immanquablement penser au Michael Kiske des débuts (quel refrain que nous pond le groupe !). Quand aux instrumentistes, ils sont précis et sobres, sans abuser d’une technique qu’ils semblent tout de même maîtriser avec maestria comme le démontre les nombreux soli parfaitement interprétés par Igor Belavic. Le morceau est finalement très fouillé, avec de nombreuses cassures rythmiques et des breaks originaux (celui après le solo !), malheureusement non mis en valeur par une production encore un peu « crade » et manquant inévitablement de puissance. À l’écoute de ce premier titre, il est certain que le groupe aurait une ampleur largement supérieure avec un son allemand par exemple (qui soulignerait les accélérations et la double pédale !).

Suivant cette introduction, très heavy, suit un « King of a Day » plus hard rock, possédant un refrain simple mais s’enfonçant facilement dans le crâne après quelques écoutes. Ce dernier est d’ailleurs relativement virulent envers les artistes préfabriqués, adeptes de télé-réalité et autres merdes du genre. Calé en superposition de la double pédale, il perd en puissance à cause de ce son mais se trouve être taillé pour le live afin d’« headbanger » comme un malade.

Globalement, le produit proposé est de bonne qualité et ouvre un hypothétique futur radieux, finalisant sur une signature sur un label. À l’écoute du génial « Dying Tomorrow » terminant le disque, on se dit que de réelles choses sont possibles avec ce groupe, notamment sur le superbe break amenant sur un tapping, certes déjà entendu, mais magistralement joué.
Le parallèle avec Helloween ou Edguy est encore plus flagrant lorsque l’on se penche sur les textes : les parisiens possèdent un sens de l’humour bien affuté ! Car ils ne sont pas nombreux à avoir pour sujet la revanche des nains de jardin lorsque la nuit tombe sur les affreux humains ! Le groupe pousse même le vice jusqu’à en amener sur scène afin de faire des sacrifices (?), en les décapitant à la baguette de batterie : hilarant et prouvant un second degré de moins en moins présent dans le métal.

Au final, c’est un bon premier essai, avec ses fautes (le son) et ses qualités (la composition) et vous conviendrez que la production est de toute façon le problème récurrent des premiers enregistrements lorsque l’on n’a pas les moyens de signer chez Sony à vingt ans (je ne vise personne… hey Bullet !).
Le quintet est régulièrement sur les planches (première partie de Gwar ou Sabaton par exemple), donc n’hésitez pas à allez les soutenir, ils le méritent ! On attend la suite avec impatience. La balle est dans leur camp !

2008-11-09