Julien : 18/20 | Avant de commencer, on ne peut que se réjouir de voir les frangins Amott de nouveau réunis sous la bannière Arch Enemy. Christopher est heureux et plus cultivé, mais surtout n’a rien perdu de sa dextérité et compte bien nous faire oublier l’interlude Fredrik Åkesson (même si finalement ce dernier n’était présent que sur la tournée précédente). Rayon nouveauté, pas grand-chose, juste des nouveaux riffs qui cognent, qui cognent, qui cognent et qui cognent. C’est déjà bien, non ?
Autant j’avais eu du mal à capter l’ambiance de l’opus précédent, autant là, l’immersion est immédiate. J’aurais envie de balancer sans réfléchir que « Rise Of The Tirant » est un Doomsday sans défauts. Pourquoi sans défauts, c’est simple : plus d’effets tordus sur le chant d’Angela qui a même plutôt bien évolué. Son chant se retrouve parfois a l’orée de la mouvance métalcore tout en gardant sa signature typique. De plus, la section rythmique très grasse dépote sévère ! Au final, le rendu est d’une puissance folle. Car si il y a bien une chose que l’on sait faire chez les Amott’s brothers, c’est créer des riffs surpuissants et accrocheurs. Cet album ne me fera pas mentir et je dois reconnaître que la musique du groupe reste identifiable tout en se permettant quelques évolutions discrètes.
Cette réalisation se veut encore plus sombre, nous sommes plongés dans un monde apocalyptique ou l’obscurité écrase toute trace de gaieté. Tel un survival horror, nous avançons dans ce disque sans savoir ce qui nous attend et l’instant où l’on va se faire happer par les ténèbres est imprévisible. Je dois reconnaître que « The Last Enemy », avec ses breaks aussi noirs que du pétrole, m’a autant fasciné qu’il m’a fait headbanguer. Des génies les frères Amott, je vous le dis. Si le chant d’Angela a évolué, ce n’est que pour mieux coller a l’ambiance générale du disque. Les voix samplées, les passages si calmes et mélancoliques, tout est orienté dans une même et seule direction, l’effroi...
Non seulement cet album est peut-être le plus sombre des albums du groupe, mais les titres y sont aussi très heavy avec des breaks mélodiques typiques. Des titres comme «Ravenous» sont régulièrement cités, mais Rise Of The tirant ne dépareille pas et possède des morceaux du même calibre. Des titres où nous pouvons hurler à la mort avec la belle allemande sur des refrains endiablés…
Autant l’instrumental de l’opus précédent était axé « guitar hero », autant celui de Rise Of The Titant est orienté abiotique. Hypnotisant, c’est le mot pour décrire «Intermezzo Liberté». Le géni des musiciens tant de fois salué ici est alors à son apogée. Mais les nombreux solis présents dans ce disque sont tout aussi géniaux, il me tarde de voir le groupe en live pour en prendre plein les oreilles et plein les yeux. Ajoutons tout de même un petit mot sur le bon Daniel Erlandsson qui envoie le gras derrière ses fûts avec un groove et une vista impressionnante !
La prod’ est bien entendu monstrueuse et sonne typique Arch Enemy. Pas d’arnaque en vue, nous savons où notre argent est passé… Le groupe parvient à conserver son identité sonore tout en augmentant sa puissance de feu à chaque nouvel album, impressionnant !
Encore un grosse tuerie à mettre a l’actif des suédois. Il ne reste plus qu’à les attendre de pied ferme en première partie de Machine Head, en espérant tout de même les revoir rapidement en tête d’affiche, car ils le méritent largement. En tout cas je reste fan de ce groupe qui sait à chaque fois repousser ses limites. Un grand merci a Christopher pour son retour, et à bientôt sur la route !
2007-08-20
|
|