Fabien : 16/20 | Après le mini LP Resurrection Absurd, représentant les débuts du deathmetal germanique, aux côtés d'Atrocity et de Protector, le jeune label Century Media commercialise en mai 1990 le second 5 titres de Morgoth, couplant au passage les deux mini LP sous la forme d’un CD unique. Fort d’un logo plus travaillé et d’une illustration d’Axel Hermann remarquable, The Eternal Fall attire rapidement l’attention des jeunes deathsters, cherchant une musique toujours plus forte.
A l’image de la pochette et des tee-shirts d’Autopsy, Master & Bolt Thrower affichés par les membres au dos du LP, Morgoth joue un deathmetal lourd, brutal et morbide, croisement entre Leprosy, Slowly We Rot et Consuming Impulse. Si les deux premiers titres sont tapageurs, sans être blastés, avec leurs roulements de double grosse caisse typiques, la musique prend ensuite une tournure plus sombre avec les accords disharmoniques de White Gallery, ou encore avec les fines nappes de claviers sur le break de l’excellent Pits of Utumno, apportant à la fois un maximum de lourdeur, et ce climat très sombre.
L’ambiance restituée est au final très proche de Resurrection Absurd, les deux Mini LP se mariant alors à merveille, constituant un CD en tout point redoutable, même si presque 20 ans plus tard, l'opus reste loin de la technique et de la puissance de feu de nombres de formations actuelles.
Sorti pile au bon moment, à l’image d’un Slowly We Rot, le deathmetal gore d’Eternal Fall colle parfaitement à son époque, hissant du coup Morgoth au rang des fers de lance du deathmetal européen du début des nineties, parmi les groupes les plus respectés. Aujourd’hui encore, véritable témoignage d’un style désormais baptisé death old school, l’infernal dyptique Resurrection Absurd / The Eternal Fall s’insère obligatoirement dans toutes les collections death qui se respectent.
Fabien. 2007-07-08
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